PSG-OM: «Ce n'est pas à nous de dire pardon», drôle d’ambiance au Parc après le fiasco mancunien

FOOTBALL Le CUP, principal groupe de supporters parisiens, a fait grève pendant quinze minutes et déployé des banderoles en direction des joueurs et des dirigeants

Au Parc des Princes, Nicolas Camus

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Le message du CUP lors de PSG-OM, et la réaction de Mbappé après son but.
Le message du CUP lors de PSG-OM, et la réaction de Mbappé après son but. — SIPA / AFP / Montage
  • Le PSG a battu l'OM, dimanche soir, en clôture de la 29e journée de Ligue 1.
  • Pour la première au Parc des Princes depuis l'élimination face à Manchester United en Ligue des champions, le principal groupe de supporters parisiens a exprimé sa colère. 
  • Il n'est entré dans le stade qu'au bout d'un quart de jeu, et a déployé de nombreuses banderoles à l'attention des dirigeants et des joueurs. 

Dans leur colère, les supporters du PSG ont su nous faire sourire. Parmi la ribambelle de messages déployés dans la tribune Auteuil lors du début du match face à l’OM, dimanche, le « Dijon 0-4 PSG, attention au match retour » était une manière bien sentie de se moquer de leurs joueurs. Le Collectif Ultras Paris (CUP), principal groupe de fans parisiens, a voulu exprimer son mécontentement pour le premier match au Parc depuis l’élimination face à Manchester United, il y a dix jours.

Absents des tribunes en début de rencontre, ils n’ont fait leur entrée qu’au quart d’heure de jeu, à la suite du but refusé de Di Maria. S’ils ont ensuite chanté et poussé derrière leur équipe - et allumé beaucoup de fumis -, ils « n’oublient pas » pour autant, comme ils l’ont inscrit sur une autre banderole, restée elle pendant toute la durée du match. Malgré la victoire (3-1), l’ambiance en fin de match a été assez froide. Le CUP a déserté juste avant le coup de sifflet final et les joueurs ont vite regagné les vestiaires.

« Je pense que le message est passé. On avait à cœur de montrer à tout le monde qu’on n’était pas content de l’attitude des joueurs », a expliqué après le match le leader du groupe, Romain Mabille, au Parisien. Et les joueurs, qu’en pensent-ils ? Après son  but, Kylian Mbappé, oubliant sa célébration habituelle, s'est posté devant la tribune, mains écartées, l'air de dire « du coup, on est content quand même ou pas ? ».

"Déso les gars" - FRANCK FIFE / AFP

Enfin, c'est comme ça qu'on l'a vu, nous. Au lieu d'interpréter, on aurait beaucoup aimé revenir là-dessus avec l'attaquant parisien. Avec lui et tous ses coéquipiers, en fait. Mais après ce gros match, la direction n’a envoyé que le jeune Colin Dagba en zone mixte pour parler aux journalistes.

Il faudra donc se contenter des mots du défenseur, qui disputait là le neuvième match de sa carrière en championnat. Et qui n’est pas passé loin de l’impair diplomatique. « C’est dommage quand ils ne nous soutiennent pas, a-t-il répondu, avant de se reprendre. Enfin, pas quand ils ne nous soutiennent pas, mais quand il n’y a pas d’encouragement. Mais après ils nous ont soutenu, avec beaucoup d’ambiance, et ça nous a fait du bien. Je pense que sur ce match ils ont été fiers de nous. »

Thomas Tuchel, lui, a eu un discours plus musclé. Comme à chaque fois qu’il s’est exprimé depuis le fiasco mancunien, le coach allemand a plaidé la thèse de l’accident et l’union sacrée pour repartir de l’avant. Quitte à forcer le trait.

Ce n'est pas à nous de dire pardon. Nous sommes les plus déçus de cette défaite. C'était un accident. Tout le monde peut ressentir que cette équipe a une unité, une chimie spéciale. Elle est toujours ensemble, elle donne tout. Ce n'est pas nécessaire de dire pardon. Mon équipe montre chaque jour qu'elle est compétitive, et sa faim de gagner à chaque match. On a encore mérité de gagner aujourd'hui, dans un match spécial. L'équipe a prouvé qu'elle peut répondre comme des champions. La mentalité est extraordinaire. Le staff, l'équipe, les supporters, nous sommes ensemble, dans la victoire et la défaite. »

Une autre banderole du CUP a été marquante, selon nous: celle qui disait « Moyens illimités, exigence low-cost ». Celle-là touche au fond du problème, à la difficile question du statut de grand club européen auquel aspire le PSG. Etre un top club doit se voir à tous les étages, dans la gestion quotidienne, à la manière d’aborder chaque match et encore davantage les plus importants. Romain Mabille dans Le Parisien, toujours : « On aimerait qu’il y ait plus d’envie, plus d’objectifs, qu’on essaie d’aller plus loin. On voudrait être plus sûr de nous, que le PSG ait la mentalité de tout arracher. Il y a une espèce de sentiment de peur qui se transmet. »

On n’apprendra rien aux dirigeants parisiens en disant que là se situe le principal chantier du club. Charge à eux de mettre en place les changements nécessaires pour arriver à leurs fins. « Nous sommes les plus déçus, mais en même temps, c'est l'occasion de montrer que nous pouvons répondre. C'est nécessaire dans le sport. Ce n'est jamais le moment de lâcher. Nous ne sommes pas comme ça », est persuadé Thomas Tuchel. La fin de saison, même si elle pourrait accoucher d’un doublé coupe-championnat, va être longuette en attendant de voir comment le PSG va rebondir la saison prochaine.