Athlétisme: La salle géante de Miramas sera-t-elle déserte six mois par an? «Notre planning est plein», assure le maire

INVESTISSEMENT Le Stadium de Miramas risque-t-il d’être sous utilisé ? Le maire de la commune assure au contraire que les réservations sont nombreuses. Cet équipement est en tout cas très apprécié par les athlètes

Jean Saint-Marc

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Le Stadium de Miramas est une des plus grandes salles d'athlé d'Europe.
Le Stadium de Miramas est une des plus grandes salles d'athlé d'Europe. — Marion Bouillet / Ville de Miramas
  • « Nous n’avons pas besoin d’un retour sur investissement », déclare Frédéric Vigouroux, maire de Miramas, qui vient d’inaugurer une salle d’athlétisme XXL.
  • Cet équipement, surtout utile l’hiver, doit trouver ses fonctions en période estivale. Un directeur ou une directrice doit être recruté. Mais il se fait attendre…

C’est un géant blanc, aux entrailles bleues. Un géant qui sera bouillant, ce week-end : les 350 meilleurs athlètes français se disputeront, à Miramas, les titres de champion de France indoor. Vous le découvrez peut-être : non, les coureurs, sauteurs et lanceurs ne sont pas en vacances l’hiver.

Mais ces dernières années, dans le grand Sud-Est, ils étaient un peu au chômage technique : « Nos 50.000 licenciés en PACA et en Occitanie étaient privés d’athlé six mois par an, ou forcés de s’entraîner en plein air, dans le froid », lance André Giraud, président de la Fédération française d’athlétisme. Les salles les plus proches étaient à Lyon ou à Clermont-Ferrand… Et il n’y avait pas une seule infrastructure entre Gênes et Barcelone.

Toujours pas de directeur

Le Stadium de Miramas, inauguré en octobre 2018, a coûté 22,8 millions d’euros : la métropole (49 %) le département (34 %), la région (9 %) et le Fonds national de développement du sport (8 %) ont participé, selon un bilan de Marsactu. « Tout le monde s’y est mis pour que l’équipement soit public. Pu-blic ! Donc nous n’avons pas besoin d’un retour sur investissement », martèle le maire PS de Miramas, Frédéric Vigouroux, légèrement agacé quand on lui demande si ce stadium ne risque pas de devenir une cathédrale vide – une infrastructure sportive coûteuse, mais sous-utilisée.

4.500 billets ont été vendus pour les championnats de France Elite, ce week-end.
4.500 billets ont été vendus pour les championnats de France Elite, ce week-end. - Marion Bouillet / Mairie de Miramas

« Entre les scolaires, les clubs du coin – qui ne payent rien – les stages et les compétitions en tout genre, notre planning est plein à ras bord », reprend Frédéric Vigouroux, qui préside la régie publique qui gère cet équipement. La structure devra être à l’équilibre en fin d’année, mais son modèle économique n’est pas encore net. Selon nos informations, la structure n’a toujours pas trouvé sa directrice ou son directeur, quatre mois après l’inauguration de la salle.

« Du 110 mètres haie en salle ? Ça n’existait pas ! »

Sur le plan technique, le stadium fait l’unanimité chez les sportifs. Ses 17 mètres de hauteur sous plafond en font une des plus grandes salles d’Europe. Elle peut accueillir 5.500 spectateurs en version athlétisme. Ils peuvent assister, grâce à des baies vitrées, à l’échauffement des coureurs. « La zone d’échauffement, c’est une installation exceptionnelle, que l’on ne trouve nulle part ailleurs, s’emballe André Giraud. Elle comporte une ligne droite de 120 mètres. » Habituellement, en salle, les sprinteurs ne courent que sur 60 mètres. Le hurdler Pascal Martinot-Lagarde, champion d’Europe en 2018, s’enflammait, lors de l’inauguration : « Faire du 110 mètres haie en salle, c’est impensable, ça n’existe pas. Enfin… Ça n’existait pas ! »

Mais l’été, les sprinteurs sortent des salles. Le Stadium de Miramas ne fonctionnera-t-il que six mois par an ? « Je viens de recevoir une demande pour une compétition de badminton, assure Frédéric Vigouroux. J’ai même une demande du centre de gestion pour y passer des examens. Et encore une fois… Le but n’est pas de faire rentrer du cash ! »