Nîmes-Montpellier: «C’est la double peine» pour les supporters «dégoûtés» du MHSC privés de derby

FOOTBALL Les supporters du MHSC, interdits de stade et soutenus par le club, ne comprennent pas la décision de la préfecture de Nîmes d’interdire tout déplacement pour le derby à Nîmes

Jérôme Diesnis

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A l'aller, à la Mosson, le match avait été longuement interrompu lors du derby remporté par Montpellier contre Nîmes (3-0).
A l'aller, à la Mosson, le match avait été longuement interrompu lors du derby remporté par Montpellier contre Nîmes (3-0). — Jérôme Diesnis / Agence Maxele Presse
  • Les supporters du MHSC sont privés du déplacement aux Costières ce dimanche pour le derby à Nîmes.
  • A l’aller, le match avait été arrêté de longues minutes alors que les Ultras de Montpellier avaient décidé d’aller récupérer un morceau de bâche volé dans leur local et exhibé par ceux de Nîmes.
  • Le club s’était mobilisé pour obtenir la venue des supporters, en les encadrant avec son propre service de sécurité. La préfecture du Gard a balayé la requête de Laurent Nicollin.
  • Après avoir menacé de braver l’interdit, les Ultras du MHSC ont finalement renoncé au plus court déplacement de l’année et demandent aux supporters de faire de même devant les menaces de sanction.

Laurent Nicollin a pourtant tout tenté. Après la victoire contre Caen, le président avait pris la parole pour exprimer « son incompréhension » devant la décision du préfet du Gard d’interdire la présence de supporters montpelliérains aux Costières, dimanche. Cette prise de position, qui n’aurait pas déplu à son père Loulou, pas davantage que le projet clé en main proposé par le club, n’ont pas été entendus.

Le MHSC « voulait mettre le paquet pour encadrer 200 ou 300 supporters avec des bus, des forces de police, des points précis de stop », explique Laurent Nicollin. Les propositions ont été balayées. Et devant la volonté exprimée par les Ultras de braver l’arrêté préfectoral, l’interdiction a même été durcie dans la semaine. Le ministère de l’Intérieur a pris la main et a compliqué un peu plus l’accès au stade nîmois. « Le ministre a décidé de suivre ma demande, car le match est classé au niveau 3 sur une échelle de 3, c’est-à-dire au plus haut niveau de risque qu’on peut imaginer », évoque le préfet du Gard Didier Lauga.

Une multitude de contrôles

Des contrôles seront effectués dans les gares, les trains, aux péages d’autoroute et aux abords du stade. Pour ceux qui seront arrêtés, les sanctions encourues seront sévères : jusqu’à six mois de prison, 30 000 € d’amende et un an d’interdiction de stade.

Après avoir menacé de venir malgré tout, les Ultras ont finalement choisi la voie de la sagesse, exprimée dans un communiqué. « Dans un devoir de responsabilité, nous, Ultras Montpelliérains, demandons à l’ensemble des Supporters Pailladins de ne pas se rendre dans le Gard, le dispositif et les sanctions étant démesurées ».

Arrêt du match à l’aller

L’antagonisme entre les deux clubs, la présence des différents groupes ultras et les incidents du match aller ont pesé lourd. A la Mosson, Les Nîmois avaient exhibé en plein match le bout de bâche volé quelques semaines plus tôt dans le local de la Butte Paillade 91 (BP91). Cela avait provoqué l’arrêt du match et l’intervention des forces de l’ordre, pour faire remonter en tribune les supporters pailladins, bien décidés à aller récupérer ce qui leur appartenait. « C’est la double peine. La bâche à l’aller et la sanction d’interdiction de déplacement au retour, peste Bouba, l’un des historiques de la BP91. Je suis dégoûté pour les plus jeunes qui se défoncent toute l’année à suivre l’équipe et ne pourront pas connaître les sensations d’un derby à l’extérieur. »

Mercredi, les supporters du MHSC ont choisi de ne pas se rendre au centre de formation de Nîmes, où jouaient les U19 des deux clubs en Gambardella. « C’était une façon de rendre la confiance de Laurent [Nicollin] et d’appuyer sa demande, explique Bouba. Ça n’a servi à rien. Nous n’avons pas un Jean-Jacques Bourdin [président d’honneur du Nîmes Olympique] pour faire le forcing en coulisses. Ce que veulent les autorités, ce sont des stades sans ambiance où les gens vont comme au cinéma, au théâtre. »

Le MHSC a la main

Mercredi, les jeunes héraultais ont gagné la bataille aux tirs au but (3-3, 4-2, t.a.b.). Comme leurs aînés l’avaient fait à l’aller (3-0).