Que retenir de l'Euro 2008?

EURO2008 Quel bel Euro!...

M.GO et R.S.

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L'Espagne, requinquée par Luis Aragones, a remporté l'Euro-2008, son deuxième titre international après 44 ans d'attente depuis l'Euro-1964, en surprenant l'Allemagne (1-0), favori avec sa 13e finale d'un grand tournoi à son actif (Mondial et Euro), dimanche à Vienne
L'Espagne, requinquée par Luis Aragones, a remporté l'Euro-2008, son deuxième titre international après 44 ans d'attente depuis l'Euro-1964, en surprenant l'Allemagne (1-0), favori avec sa 13e finale d'un grand tournoi à son actif (Mondial et Euro), dimanche à Vienne — Diego Tuson AFP

Des buts, un beau champion, des surprises et du beau jeu. A part la pluie et les Bleus, l’Euro fut un grand moment de football…

Un gagnant magnifique.
Meilleur attaque avec 12 buts, meilleur buteur avec Villa (4 buts), meilleur joueur du tournoi avec Xavi, le tout sans prendre un but lors des matchs à qualification directe et en pratiquant un jeu de passe à faire tourner la tête des défenses et des supporters, l’Espagne a tout d’un beau champion d’Europe. Un peu tout le contraire de la Grèce d’il y a quatre ans qui avait conquis le titre en s’appuyant sur un bloc-équipe très défensif. Symbolique d’un euro placé sous le signe de l’offensive, le champion en titre s’est fait sortir dès les matchs de poule. L’Espagne a, elle, déroulé jusqu’à la finale avant de battre l’Allemagne 1-0. Il y a quatre ans, la Grèce avait battu le Portugal sur le même score et tout le monde avait crié au hold-up. Cette année, l’Europe du foot a unanimement adoubé l’Espagne. Ciao la Grèce, bienvenue aux grands d’Espagne.

Deux révélations.
Elles n’ont pas su rééditer l’exploit grec de 2004, mais la Russie et la Turquie sont bien les deux bonnes surprises de cet Euro. Demi-finalistes de la compétition, les deux nations ont profité de leur fraîcheur physique et mentale pour surprendre des adversaires face auxquels ils ne partaient pas favoris. Leur succès repose également en grande partie sur le coaching de leurs sélectionneurs, Gus Hiddink et Fatih Terim ainsi que l’éclosion de certains talents individuels. Désormais, les noms d’Archavine, Pavlyutchenko, Sabri ou Semih n’ont pas fini d’affoler le marché des transferts.

Une équipe de France à reconstruire.
Des cadres usés qui terminent leur carrière sur la compétition de trop, des jeunes en manque d’expérience, un jeu peu inspiré, les Bleus ont collectivement sombré. Dans son hôtel bunkerisé, l’équipe de France avait juste voulu se faire discrète au début de la compétition. En 3 matchs catastrophes (un nul désespérant face à la Roumanie, une leçon par les Pays-Bas et un cauchemar face à l’Italie (0-2), les tricolores ont été balayés et aussi vite oubliés. Aujourd’hui est venu le temps de reconstruire une équipe. Début du chantier: le 3 juillet avec la décision du Conseil Fédéral de garder le staff actuel, de nommer un adjoint pour épauler Domenech ou de choisir un nouveau sélectionneur.

Une organisation sans tâche.
Malgré une météo pas vraiment facile commme le déluge qui s’est abattu sur Bâle lors de Suisse-Turquie et quelques heurts recensés en début de tournoi du côté de Klagenfurt, entre supporters allemands et polonais, l’Euro 2008 s’est déroulé dans un climat à la fois calme et festif. De Bâle à Vienne, les «fan zones» ont attiré des centaines de milliers de supporters et les tribunes des stades ont toujours été remplies. Enfin sur les terrains, l’arbitrage n’a pas été plus décrié qu’à l’accoutumée. Ce qui est déjà une victoire.