Ligue 2: «Si l'acquisition du club se fait, je serai le nouveau président de Valenciennes», confirme Eric Besson

INFO «20 MINUTES» L’ancien ministre de Nicolas Sarkozy, qui a quitté la vie politique nationale, est sur le point de prendre la tête du club nordiste…

Francois Launay

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Eric Besson devrait devenir le président du club de Valenciennes
Eric Besson devrait devenir le président du club de Valenciennes — LIONEL BONAVENTURE / AFP
  • Membre du groupe de cinq investisseurs prêts à racheter Valenciennes, Eric Besson s’apprête à devenir le nouveau président du club nordiste (16e de Ligue 2).
  • Une nouvelle casquette pour l’ancien ministre qui est un grand passionné de foot.
  • Dans un entretien accordé à 20 Minutes, il nous explique ce qui l’a poussé à accepter ce rôle même si rien n’est encore officiel.

Ce n’est pas encore fait mais l’hypothèse prend de plus en plus d’épaisseur. Alors que le club de Valenciennes (16e de Ligue 2)pourrait être vendu dans les prochains jours à la société suisse III Sport Invest, Eric Besson devrait devenir le nouvel homme fort du club nordiste.

Passionné de foot depuis son enfance passée au Maroc, l’ancien ministre de l’Immigration puis de l’Industrie du gouvernement Fillon (2007-2012) fait partie du groupe d’investisseurs sur le point de racheter VA. Il a accepté de répondre à 20 Minutes sur les raisons qui l’ont poussé à accepter la présidence du club du Hainaut. Même si rien n’est encore officiel

Où en est le processus de rachat du club de Valenciennes ?

Nous sommes en négociation avancée avec le VAFC pour une acquisition. Les choses se déroulent bien, le document de cession du club a été signé. Et la proposition d’acquisition est soumise actuellement par Eddy Zdziech (le président actuel) à ses actionnaires (6,2 millions d'euros auraient été proposés pour racheter les parts). Les choses paraissent bien se présenter. Il reste encore des étapes à réussir. L’une d’entre elles est le passage devant la DNCG. Je ne sais pas dans quel délai ça se fera mais on peut imaginer ça avant les fêtes de Noël.

Serez-vous le prochain président du club ?

Effectivement, si l’acquisition se fait, le groupe d’investisseurs m’a proposé de devenir président. Ce que j’ai accepté.

Quelle est la nature de votre projet de rachat ?

Il est tout simple. Il y a quatre à six clubs de Ligue 2 qui sont historiquement conçus et structurés pour la Ligue 1 par leur histoire, leur stade ou encore leur centre de formation. Valenciennes fait partie de ces clubs au même titre que Metz, Lorient ou encore Nancy Pour Valenciennes, l’objectif sera pour cette année de remonter le plus haut possible au classement. Et dès la saison prochaine, on visera la Ligue 1.

Cela veut dire que des renforts vont arriver dès cet hiver à Valenciennes ?

C’est l’hypothèse sur laquelle on travaille. On veut avoir de nouveaux joueurs mais aussi tirer parti des joueurs actuels car Valenciennes a des talents. On l’a vu lors du derby contre Lens (4-2) que j’ai regardé à la télé. On voit bien que quand le stade bouge bien, quand les joueurs sont déterminés dans un système de jeu cohérent, il y a un vrai potentiel dans cette équipe.

Cela fait longtemps que vous vous intéressez à Valenciennes ?

Pour être honnête, certains de ceux qui vont être actionnaires s’y intéressent depuis plus longtemps que moi. J’ai été contacté dans la dernière ligne droite. Je connaissais Valenciennes, je connaissais le stade et j’avais toujours dit que ça me paraissait faire partie des clubs qui avaient un joli potentiel en Ligue 2. Je l’avais déjà signalé il y a quelques mois à des investisseurs étrangers avec lesquels j’étais en contact.

Je leur avais dit que s’ils voulaient des gros clubs de Ligue 1, il y avait Bordeaux et Saint-Etienne. S’ils voulaient plus bas en L1, j’avais cité d’autres noms. Et s’ils voulaient des clubs de Ligue 2, je donnais toujours quatre ou cinq noms dont Valenciennes. Mais ça ne fait que quelques jours que je suis impliqué personnellement sur le dossier de rachat du club. Celui qui m’a convaincu est Paulo Tavares, la personne qui a été mandatée par l’équipe d’actionnaires pour mener la négociation.

Combien y’a-t-il d’investisseurs dans ce projet de rachat ?

Nous sommes cinq. Il y a des Français et des Suisses. Les noms seront rendus publics quand le rachat sera effectif.

Serez-vous un président à plein temps ?

On en reparlera en temps voulu. Mais si ça se fait, je serais un président très impliqué.

Vous avez été ministre aux côtés de Jean-Louis Borloo, ex-maire et président de Valenciennes. Lui avez-vous demandé des renseignements ?

Non, en tout cas pas ces derniers jours. Mais on a souvent parlé de Valenciennes ensemble au gouvernement puis après. J’en ai aussi parlé depuis plusieurs mois et plusieurs années avec Laurent Degallaix (maire de la ville), Francis Decourrière (ex-président du club), Valérie Létard (sénatrice UDI du Nord), Xavier Bertrand (président de la région Hauts-de-France). Dans le panorama local, j’ai pas mal d’amis ou d’ex-collègues. Et j’ai beaucoup entendu parler de ce club.

Votre nom a souvent été évoqué dans plusieurs dossiers de reprises de club. Pourquoi est-ce très sérieux cette fois-ci ?

Mon nom a souvent été cité dans d’autres dossiers mais pas par moi. Il m’est même arrivé plusieurs fois de devoir démentir alors que je n’avais rien dit. Pour l’instant, j’étais souvent du côté des acquisitions du club. Mon nom a beaucoup été cité lors de la reprise de Bordeaux même si mon rôle a été très modeste. J’ai fait un panorama du foot français à ces investisseurs. Mais je savais que la question de la présidence ne se poserait ni pour eux ni pour moi. Là, on est sur un autre registre avec une présidence opérationnelle qui est envisagée.

Comment voyez-vous votre rôle de président si la vente va au bout ?

L’une des choses qui est le moins citée dans ma vie politique mais dont je suis le plus fier, c’est ma contribution au débat sur le foot français. Il y a neuf ans, j’avais fait un rapport sur la compétitivité du football français. Vous pouvez le retrouver sur le site du gouvernement. Si je peux mettre en application à Valenciennes les idées prônées dans ce rapport, j’en serais ravi.

J’y parle des rapports avec les supporters, de la façon dont on peut accroître la partie recettes, sponsoring, jours de match. Tout ce qui crée une dynamique positive dans un club de foot et qui le rend compétitif. J’avais analysé tout ça en sillonnant dans pas mal de clubs de Ligue 1 et Ligue 2.

Si j’ai dit oui à Valenciennes, c’est aussi parce que je suis convaincu qu’il faut aller là où il y a un vecteur de supporters. C’est le cas à VA. Ce n’est pas de la démagogie car ce n’est pas vrai partout en France. Il n’y a pas tant de clubs que ça où il y a une vraie ossature de supporters. Il y a le potentiel pour le développer avec en plus un beau stade moderne. On ne peut pas faire du foot moderne dans des infrastructures vieillottes et sans supporters. Il y a aussi à Valenciennes un potentiel économique et une belle position géographique. Tout ça  fait pas mal d’ingrédients pour un club. Les bases sont solides.