Stade Rennais: Un an et puis s’en va... Quel bilan pour Sabri Lamouchi?

FOOTBALL Après la déroute de dimanche face à Strasbourg, le coach a été mis à pied par le club breton...

Jérôme Gicquel

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Sabri Lamouchi, abattu dimanche, après la déroute de son équipe à domicile face à Strasbourg (1-4).
Sabri Lamouchi, abattu dimanche, après la déroute de son équipe à domicile face à Strasbourg (1-4). — JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP
  • Arrivé en novembre 2017 pour remplacer Christian Gourcuff, Sabri Lamouchi a été mis à pied ce lundi par la direction du Stade Rennais.
  • Il paie les mauvais résultats du club depuis le début de saison mais aussi des relations tendues avec le président Olivier Létang.
  • L’ancien international français avait tout de même réussi sa première saison en qualifiant le Stade Rennais pour la Ligue Europa.

Après Miguel Cardoso (Nantes), Leonardo Jardim (Monaco) et Antoine Kombouaré (Guingamp), la Ligue 1 a fait une nouvelle victime chez les entraîneurs. Après la déroute de son équipe à domicile dimanche face à Strasbourg (1-4), Sabri Lamouchi a été « mis à pied » ce lundi matin par la direction du Stade Rennais, à dix jours seulement d’une «finale» face à Astana en Ligue Europa. Il a été remplacé dans la foulée par Julien Stéphan, l’entraîneur de la réserve des Rouge et Noir, qui officiera dès mercredi à Lyon.

Treize mois après son arrivée sur le banc rennais pour sa première expérience en Ligue 1, Sabri Lamouchi quitte la Bretagne avec un bilan contrasté. Après avoir remis Rennes en Europe pour sa première saison, l’ancien international paie un début d’exercice raté.

Strasbourg comme première et dernière.

Sa nomination comme coach du Stade Rennais le 9 novembre 2017 avait été une surprise. L’ancien international français avait été choisi par la nouvelle équipe dirigeante pour remplacer Christian Gourcuff, débarqué la veille. Le choix était osé car Sabri Lamouchi n’avait alors aucune expérience sur un banc de Ligue 1.

Resté deux ans à la tête de la sélection ivoirienne entre 2012 et 2014, l’ancien joueur d’Auxerre et de Parme avait ensuite dirigé le club d’El Jaish FC au Qatar avant de rejoindre les Rouge et Noir. Ironie du sort, c’est contre Strasbourg, le club qui lui aura valu sa chute, que Sabri Lamouchi avait fait ses débuts sur le banc rennais, avec à la clé une défaite à La Meinau (2-1) le 18 novembre 2017.

Un an plus tard, l’entraîneur, sous contrat jusqu’en 2020 avec une option d’un an supplémentaire, quitte la Bretagne avec un bilan comptable qui reste globalement positif. Sur 50 matchs toutes compétitions confondues, le Rennes de Lamouchi en a remporté 19 (38 % de réussite) pour 13 nuls et 18 défaites, selon les données compilées par le site Rouge Mémoire. Son ratio buts marqués/buts encaissés est en revanche négatif puisque les Bretons ont inscrit sous ses ordres 69 buts et en ont encaissé 75.

L’entraîneur qui a remis Rennes en Europe.

Sabri Lamouchi n’a pas réussi pendant son bail à enrichir le palmarès du Stade Rennais, qui n’a pas bougé depuis fort longtemps. Mais au terme d’une fin de saison au suspense haletant, et après une victoire de prestige sur le terrain du PSG, il a tout de même réalisé l’exploit de qualifier le Stade Rennais pour la Ligue Europa. Une première depuis la saison 2011-2012.

« Il faut être honnête, quand je prends l’équipe le 9 novembre, je n’ai pas souvenir qu’une personne du football en interne ou extérieur parlait d’Europe pour le Stade Rennais », avait alors indiqué le coach, rappelant que les Bretons pointaient à la 10e position lors de sa prise de fonction. Sa première saison à Rennes a donc été une réussite mais la suite a été un peu plus compliquée.

Un début de saison pas à la hauteur des ambitions.

Qualifié pour la Ligue Europa, le Stade Rennais a démarré la saison avec un statut revu à la hausse. Pour assumer ses ambitions, le club a d’ailleurs sorti le chéquier cet été en recrutant pas moins de sept joueurs, parmi lesquels Hatem Ben Arfa, Clément Grenier ou M’Baye Niang. Mais les résultats n’ont pas suivi. Avec seulement 17 points au compteur, Rennes pointe ce lundi à une bien triste 14e place, le pire démarrage du club ces dix dernières années. « Pour le moment, on ne peut pas dire que les nouveaux sont meilleurs que ceux qui sont partis. Notamment Khazri, qui est un joueur très difficile à remplacer », souligne Rolland Courbis, ancien coach des Rouge et Noir.

Incapable de l’emporter à domicile depuis le 2 septembre, le Stade Rennais se montre particulièrement fébrile cette saison. Menant au score douze fois sur quinze, les Bretons l’ont emporté à quatre reprises, laissant filer 20 points. A l’image de la rencontre de dimanche face à Strasbourg, la solidité de sa défense inquiète également. Et devant, malgré les éclairs de génie d’Ismaïla Sarr, il manque toujours ce grand attaquant capable de faire basculer un match.

Pour Rolland Courbis, les matchs européens « pèsent aussi dans les pattes ». « Il y a une accumulation de fatigue avec des longs voyages en semaine qui se paient le week-end d’après. On l’a vu dimanche face à Strasbourg qui était reposé et qui n’est jamais simple à rencontrer ».

Des tensions avec le président.

Avec un mercato raté et un faible niveau de jeu, le bilan du Stade Rennais n’est pas très réjouissant au tiers de la saison. En coulisses, des tensions croissantes sont aussi apparues ces derniers temps entre Sabri Lamouchi et son président. Olivier Létang a souvent martelé vouloir « s’inscrire dans la durée » avec son entraîneur. Mais les départs successifs de Khazri, Gnagnon et Prcic, la colonne vertébrale de la saison dernière, ont laissé un goût amer au coach. La gestion du cas Ben Arfa, peu utilisé cette saison, aurait également été source de divergences entre les deux hommes.

Tout cela mis bout à bout aura définitivement scellé le sort de Sabri Lamouchi qui aura, selon Rolland Courbis, l’occasion de rebondir ailleurs. « C’est un garçon qui est reconnu partout comme quelqu’un de sérieux. Il a toutes les qualités et une belle marge de progression pour réussir une belle carrière ».