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Elimination des Bleus: un accident industriel?
EURO2008•La fédé de foot est de plus en plus dépendante des sponsors...Matthieu Goar
Finance-t-on une équipe qui perd? Selon le journal L’Equipe de ce jeudi, la Fédération française de football a engrangé 29 millions grâce à ses sponsors sur la période 2006-2008. L’élimination de la bande à Raymond va-t-elle les effrayer? «Pour le moment, cette élimination ne vas pas les faire fuir. Les contrats sont négociés sur plusieurs années et il n’est pas très bon pour l’image des partenaires de quitter le navire à la moindre difficulté», analyse Arnaud Butticaz, rédacteur en chef de sportstratégies.com. «Par contre il ne faudrait pas que la France rate sa qualification à la Coupe du monde 2010. Là, ça commencerait à grincer des dents car les entreprises construisent leur partenariat sur les grand événements.» Une opinion finalement pas si éloignée de celle de Raymond Domenech qui ne cesse de répéter depuis mardi que le réel objectif a toujours été 2010.
Le produit France
Pour la tranquillité des nuits des comptables de la FFF, 2008 ne doit rester qu’un accident. Car les comptes florissants de la Fédération française de football (8 millions d'euros de bénéfices à la fin de l'année) sont de plus en plus dépendants des sponsors. En 2005, pour remettre les comptes à flot après la gestion catastrophique de Simonet, le nouveau président Escalettes a décidé de vendre le siège de la fédé mais surtout de s’appuyer sur des grands partenaires en faisant de l’équipe de France la vitrine de la fédération française de football. En 2006, le Crédit Agricole est devenu un des parrains officiels des Bleus. Comme 4 ou 5 autres partenaires (Suez, Toyota, etc…), la banque s’est alors engagé à débourser entre 2 et 3 millions d’euros jusqu’en 2010. A la même époque, TF1 a négocié un contrat de plus de 40 millions d’euros par an avec la fédération. «Si les résultats venaient à disparaître, le produit équipe de France baisserait et les partenaires seraient plus rétifs à investir autant. Ca serait le résultat normal d’une négociation commerciale», explique Arnaud Butticaz.
Nike doit être content…
Après l’élimination de mardi soir, c’est silence total du côté des sponsors. Suez, RTL, Carrefour contactés nous ont tous opposé une fin de non-recevoir. Les résultats de l’équipe de France doivent pourtant être sérieusement disséqués dans les bureaux des services marketing. Avant l’Euro, la FFF avait décroché le pactole en quittant Adidas pour Nike: la marque à la virgule s'est engagée à débourser 45 millions d'euros par an de 2011 à 2018 pour s'assurer un partenariat avec la France qui devenait alors l’équipe la plus chère du monde. Les comptables de la Fédé doivent être contents d’avoir négocié ce jackpot avant France-Italie… Ceux de Nike un peu moins.


















