PSG : «Sensationnel», «11/10», «top joueur»... Contre Belgrade, Neymar est entré en mode machine de guerre

FOOTBALL La star du PSG donne l'impression de vouloir se dépasser pour son nouveau coach...

Aymeric Le Gall

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Deux hommes et un ballon.
Deux hommes et un ballon. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
  • Auteur d'un triplé contre Belgrade, Neymar a marché sur l'eau tout le long du match.
  • Après six mois très compliqués, le Brésilien revient peu à peu au top de sa forme. 
  • Son entente avec Thomas Tuchel n'est certainement pas tout à fait étrangère à ce retour au sommet.  

De notre envoyé spécial au Parc des Princes,

« Ah ben justement, le voilà ! » Alors que Presnel Kimpembe était tranquillement en train de nous parler du match incroyable de Neymar contre l’Etoile Rouge de Belgrade, le Brésilien a déboulé en zone mixte avec le sourire jusqu’aux oreilles, en faisant rebondir bruyamment le ballon devant lui à la manière d’un basketteur. Ce triplé, il en était fier et ça s’est vu. Même s’il a préféré la jouer collectif en rappelant que ce match, le meilleur du PSG cette saison à ses yeux, était l’œuvre « de toute l’équipe ». C’est une réalité, il n’y a pas eu que Neymar mercredi soir, mais tout de même.

Auteur d’un triplé dont deux coups francs splendides (grosse préférence pour le second, frappé de plus loin et expédié en lunette), le Brésilien a ébloui le Parc des Princes de bout en bout de son match. Ovationné à sa sortie, le numéro 10 a reçu une vraie belle accolade de la part de Thomas Tuchel, qui a été bluffé par son joueur : « Neymar a été sensationnel. » Rien de moins.

Et niveau louanges, ça a fusé côté PSG. Pour Thomas Meunier, « Neymar a été parfait. On connaît ses qualités, des doublés ou des triplés il en a déjà mis et il en mettra encore. Si ça vaut 10/10 ? Ça dépend si c’est le Parisien ou L’Equipe qui note ! Moi je lui mettrais même 11/10. » On n’ira peut-être pas jusque-là, mais c’est vrai que mercredi soir  Neymar était proche de la perfection. Alors que son équipe ronronnait depuis le début de la rencontre, l’ancien Barcelonais a pris les clés du camion et, en deux minutes (20e et 22e), l’affaire était réglée. La suite du match n’a fait que confirmer que le joueur est peu à peu en train de revenir à un niveau indécent, à la limite de la légalité.

Six mois à oublier

Il faut dire que jusque-là, le Brésilien n’avait pas connu une année 2018 des plus sexy. Une blessure contre l’OM en février qui sonna la fin de sa saison parisienne, une Coupe du monde ratée avec la Seleção et, histoire de compléter ce tableau bien pourri, pas mal de moqueries sur son côté chouineur-diva-actor studio. Et comme mine de rien le temps passe et qu’il a déjà 25 ans, Neymar doit certainement se dire qu’il n’est plus question de traîner. En conférence de presse avant Belgrade, son « je ne pouvais pas continuer à pleurnicher toute la vie » en disait long sur son nouvel état d’esprit.

On sent chez lui aujourd’hui comme un air de revanche personnelle. Le genre de déclic mental qui fait de lui un joueur qui a envie de tout bouffer sur le terrain. « On a pu sentir qu’il avait l’envie de faire un top match, d’être décisif, de récupérer les ballons, d’être dans le cœur du jeu, a noté Tuchel après la rencontre. C’est très important pour nous, d’avoir le meilleur joueur en Europe, c’est extraordinaire. » Et hop, une petite caresse au passage, ça ne mange pas de pain.

Tuchel-Neymar, naissance d’une bromance

La (bonne) relation entre les deux hommes n’est certainement pas pour rien dans le très bon début de saison du Ney. A peine avait-il pris son poste en tant qu’entraîneur du PSG que Thomas Tuchel réservait son premier tête à tête à sa star brésilienne pour lui expliquer qu’il comptait faire de lui son joueur clé et bâtir l’équipe autour de lui. Désormais, ce ne sont plus que de simples mots mais une réalité. Placé en vrai numéro 10 par Tuchel, Neymar semble s’éclater au cœur du jeu parisien et, chose à laquelle on doutait il y a peu de temps encore, il semble décidé à placer son immense talent au service du collectif.

Les mots qu’il a eus à l’égard de son coach face aux journalistes avant la rencontre ne trompent pas : « C’est vrai que Tuchel a apporté quelque chose de nouveau au PSG. Depuis notre première conversation l’année dernière, je me suis rendu compte de sa soif de victoire. Il veut s’améliorer de plus en plus, montrer son meilleur visage. Je me retrouve en lui car c’est un coach jeune qui sait où aller. J’espère qu’il peut nous mener loin en Ligue des champions, là où on veut vaincre. On veut aller vers le succès et je veux lui montrer de quoi je suis capable. » Le festival contre Belgrade n’était sûrement qu’un petit aperçu.