Appel de détresse: «Arrêtez le massacre du sport français!», le DTN handball interpelle Emmanuel Macron
GOUVERNANCE•Le DTN handabll se préoccupe de l'avenir du sport français...A.L.G.
Comme un air de pompier pyromane. Après avoir annoncé la suppression de 1.600 postes de fonctionnaires, les CTS (conseillers techniques sportifs) au ministère des Sports d’ici 2022, la nouvelle ministre des sports, Roxana Maracineanu, et le Premier ministre Edouard Philippe, ont tenté d'éteindre l'incendie en précisant qu’il ne s’agirait pas de suppressions pures et dures mais plutôt d’un changement de statut.
Cela revient tout de même à dire que l’Etat compte bien se désengager financièrement en laissant à la charge des fédérations et des collectivités territoriales le soin de rémunérer ces 1.600 CTS. Dès, lors il ne fallait pas s’attendre à ce que le mouvement sportif français accepte d’avaler la pilule sans tousser.
Dans une tribune à l’attention d’Emmanuel Macron, le Directeur technique national du handball, Philippe Bana a poussé un coup de gueule et tiré la sonnette d’alarme, demandant en introduction « Qui veut tuer le sport français et ses cadres techniques ? ». « Je m’interroge sur le projet de 'vente à la découpe' de cet outil essentiel qu’est le sport, écrit-il. Nos champions, notre jeunesse, sont-ils si peu importants pour vouloir à ce point les extraire d’un système public ? »
« Arrêtez le massacre du sport français ! »
« Depuis le milieu du XXe siècle, le sport est considéré comme fondamental pour l’éducation, le lien social, la santé, la performance (…) Mais le sport fait office de parent pauvre depuis trente ans. Il ne pèse aujourd’hui que 0,13 % du budget de l’Etat qui se désengage en proposant de privatiser une partie de son encadrement. »
« Ces annonces stupéfient les responsables du sport, athlètes, entraîneurs, présidents de fédération (…), explique Philippe Bana. Aujourd’hui, nous devrions vivre un formidable élan vers une France sportive. Avec l’attribution des Jeux 2024 à Paris, le président rêve de 3 millions de licenciés en plus et un doublement des médailles en 2024 est réclamé. Et c’est le moment où l’on annonce le démembrement du sport ! Au-delà du fait que ces pseudo-décideurs ne connaissent même pas les règles de droit de la fonction publique, quel signal veut-on donner aux sportifs, aux cadres, aux entraîneurs à vingt-et-un mois des Jeux de Tokyo ? Les clubs ont déjà subi la perte des contrats aidés. Un pas de plus et certaines fédérations pourraient tomber dans le vide. »
« Monsieur le président, arrêtez le massacre du sport français ! », supplie le DTN handball dans un dernier cri du cœur sincère. Le message est passé. Il y a malheureusement peu de chance pour qu’il soit entendu…


















