VIDEO. Remaniement ministériel: Cinq choses à savoir sur la nouvelle ministre des Sports Roxana Maracineanu

REMANIEMENT Après la démission de Laura Flessel, l’ancienne nageuse Roxana Maracineanu a été nommée ministre des Sports ce mardi. « 20 Minutes » vous la présente en cinq points…

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

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L'ancienne nageuse Roxana Maracineanu sous les couleurs de l'équipe de France, son pays d'adoption. Illustration
L'ancienne nageuse Roxana Maracineanu sous les couleurs de l'équipe de France, son pays d'adoption. Illustration — AFP
  • Après la démission de l’ancienne escrimeuse Laura Flessel, l’ex-nageuse spécialiste du 200 mètres dos Roxana Maracineanu a été nommée ministre des Sports par Edouard Philippe ce mardi.
  • Première championne du monde française de natation, elle s’est devenue consultante avant ensuite d’entrer en politique avec le PS au début des années 2010.

Les blagues douteuses sur une ancienne nageuse au ministère des Sports pour éviter le naufrage du gouvernement ont déjà toutes été déclinées sur les réseaux sociaux, à l’annonce, ce midi, de la nomination de Roxana Maracineanu (43 ans). Elle prend la suite de l’escrimeuse  Laura Flessel après sa démission surprise. Voici ce qu’il faut savoir sur la nouvelle ministre des Sports.

La première championne du monde française de natation

Les passionnés de sport du siècle dernier n’ont pas oublié son incrédulité devant sa victoire aux mondiaux de Perth en 1998 sur 200 mètres dos, sa spécialité. Ni sa médaille d’argent aux Jeux de Sydney, en 2000. Ni ses quatre breloques européennes. Première championne du monde française de son sport, Roxana Maracineanu a marqué des générations de nageurs et de nageuses notamment Laure Manaudou. La dossiste du Mulhouse Olympic Natation (MON) a surfé sur la natation française une décennie durant, depuis son premier titre national en 1991. Son sport peut la remercier. Si son nom ne dit sûrement rien aux plus jeunes pratiquants, Roxana Maracineanu a participé à sortir la natation française de sa torpeur.

Ancien président du club haut-rhinois, Laurent Horter la connaît depuis plus de 30 ans. Au téléphone, il raconte à 20 Minutes son émotion et sa joie pour celle qu’il décrit d’abord comme une « combattante » : « Quand on est vice-championne olympique, championne du monde, championne d’Europe, on a un bilan sportif ! Tout le monde l’admire, dans tous les sports. Elle a beaucoup aidé la natation et le sport alsacien en général. »

Une experte à la voix reconnue en consultante

roxana maracineanu

Les plus petits connaissent en revanche probablement sa voix. Comme souvent avec les plus grands champions, Roxana Maracineanu s’est ensuite reconvertie, après sa retraite sportive en 2004, en consultante pour les médias. A l’antenne, son duo avec Alexandre Boyon a commenté en direct de grands moments pour la natation française sur France Télévisions.

Elle a également officié sur L’Equipe TV et Europe 1. Celle dont la famille vit toujours à Mulhouse (Haut-Rhin) est finalement restée consultante jusqu’en 2015, éclipsée alors de l’antenne par une certaine Laure Manaudou. La nageuse n’avait pas attendu pour rebondir. Son ancien entraîneur, Lionel Horter décrit : « Elle a toujours été quelqu’un qui a, dans son caractère, l’envie d’aller au bout des choses. »

Une implication à l’origine de plusieurs associations

Depuis près de dix ans, l’ancienne championne met aussi – bénévolement – ses connaissances des bassins au service des autres. Avec son association Educateam, où elle développe sa « propre pédagogie de l’eau, loin du haut niveau, en se basant sur son ressenti de nageuse mais aussi sur les réponses que m’adressent mes apprentis nageurs ».

Ainsi qu’avec J'peupa G piscine, association basée à Clamart (dans les Hauts-de-Seine, où elle vit) pour une méthode d’apprentissage adaptée aux femmes et aux familles. Plus tôt, elle a pris part à l’opération Bien mangé c’est bien jouer ! de la Fondation des sports, pour sensibiliser les jeunes à l’importance des bonnes habitudes alimentaires dans le cadre de la pratique sportive.

« C’est une forme d’aboutissement d’un parcours de sportive de haut niveau mais aussi de son engagement associatif », insiste Lionel Horter, heureux de sa nomination.

Un engagement politique dès 2010 avec le PS

« C’est une évidence : les enfants doivent apprendre à nager le plus tôt possible. » Autour des mêmes sujets, Roxana Maracineanu a eu l’occasion de répéter une de ses grandes convictions au Premier ministre. Face aux nombreuses noyades cet été, Edouard Philippe a justement demandé à l’ex-nageuse d’accompagner une mission gouvernementale visant à améliorer les résultats à la formation des enfants à la nage.

Mais elle s’est tournée vers la politique huit ans avant, déjà. Candidate PS aux régionales de 2010 en Ile-de-France, elle a été conseillère quatre ans durant, impliquée, notamment, dans la commission sport. En 2014, l’ex-dossiste a aussi figuré en 12e position sur la liste d’union de gauche pour les municipales à Clamart, sans réussite. Sans perdre de vue la natation, elle a également été candidate au poste de directeur technique natation de la fédération française en 2014. En vain.

Son rebond en politique n’a en tout cas pas surpris Laurent Horter, son ancien président à Mulhouse. « Rien ne m’étonne de la part de Roxana », sourit-il. « Elle n’a pas fait beaucoup de politique, mais c’est le reflet d’une compétence et d’une crédibilité qu’on lui accorde, défend à son tour son ex-coach Lionel Horter. Crédible, elle l’est. »

Des diplômes passés en parallèle de sa carrière

Née en 1975, Roxana Maracineanu a fui la Roumanie de Nicolae Ceausescu à 9 ans, avec ses parents, pour trouver en la France «un pays d'accueil». Après des étapes à Marseille, en Bretagne et dans le centre de la France, sa famille a posé ses valises en Alsace en 1988. Où elle a donc commencé la natation, adolescente, mais aussi obtenu ses premiers diplômes, un peu plus tard.

En parallèle de sa très grande réussite sportive, la nageuse a obtenu une maîtrise en langues étrangères appliquées à l’université de Haute-Alsace, avant d’entrer, sur concours, à l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP), deux ans après. Et la voilà désormais au plus haut poste de responsabilité pour le sport français. « Elle peut donner un nouvel élan au sport français, qui a besoin de se réveiller pour les JO 2024, conclut Laurent Horter. Les grandes compétitions, et son pays d’adoption mais qui est devenu son pays, elle a ça dans le sang. »