FC Nantes: «J’espère que la direction a confiance dans le coach», lance le capitaine Valentin Rongier

FOOTBALL A deux jours d'un déplacement déjà très important pour les Canaris à Strasbourg...

David Phelippeau

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Le milieu de terrain Valentin Rongier.
Le milieu de terrain Valentin Rongier. — James Boardman/TPI/REX/Shutterstock/SIPA
  • Le capitaine nantais Valentin Rongier dédramatise le début de saison des Canaris (1 point sur 9 possibles).
  • Et il demande de la patience vis-à-vis de l’équipe et de… son coach, Miguel Cardoso.

Le capitaine était appelé à la barre. Ce jeudi midi, Valentin Rongier s'est présenté en conférence de presse, avant le déplacement des Canaris à Strasbourg samedi (20 h). Le milieu de terrain s'est ingénié à dédramatiser la situation (1 point sur 9 possibles) et réclame de la patience vis-à-vis de sa formation... et de son coach ( Miguel Cardoso), qu'on dit sur la sellette. Entretien avec un capitaine totalement dans son rôle d'apaisement.

Quel est l’état d’esprit du groupe avec ce début de saison compliqué [1 point sur 9 possibles] ?

On garde la confiance malgré le faible nombre de points qu’on a pris depuis le début de la saison. On a un groupe de qualité, un très bon staff. Pour l’instant, les résultats ne sont pas positifs. On ne lâche rien, on est confiant pour la suite. On va essayer de le montrer dès ce week-end à Strasbourg [samedi]. Mais il n’y a pas lieu de paniquer pour l’instant car on sait qu’on peut faire de très belles choses avec cette équipe.

Le fait qu’il y ait beaucoup d’arrivées explique ce début compliqué ?

Il faut en tenir compte. Beaucoup de joueurs sont arrivés. Ce n’est pas évident de trouver les repères sur le terrain, ce n’est pas une excuse, mais il faut en tenir compte sur le début de saison mitigé qu’on réalise.

Il faut aussi vous adapter à une nouvelle philosophie de jeu ?

Oui aussi, mais on a eu toute la préparation pour s’y adapter. Maintenant, on sait comment jouer, ce que le coach attend de nous. Cela ne doit pas non plus être une excuse. C’est vrai qu’il y a beaucoup de changements en termes d’effectif et de projet de jeu. A nous de nous adapter le plus rapidement possible. Je pense qu’on a déjà compris toutes les bases et même un peu plus.

Chaque entraîneur a sa méthode. Est-ce que le mode de fonctionnement de Cardoso tranche avec tout ce que vous avez connu avant ?

C’est vrai que ce n’est pas le même style que ce que j’ai eu, même si c’est un petit peu similaire à Conceição. Des choses se ressemblent comme les entraînements tactiques et certains circuits de passe. Sinon, à part lui, Cardoso est différent de tous les entraîneurs que j’ai connus. Avec lui, ce n’est pas une semaine typique à la française. Il n’y a pas de jours où on coupe. Habituellement, avec les entraîneurs français, deux jours avant un match, on coupe avec tennis ballon ou footing. Lui, il organise ses semaines différemment. Il faut s’y adapter.

On vient d’apprendre le départ de Lucas Lima [au Zénit]. C’est une pièce importante du puzzle. Vous le regrettez ou vous estimez que cela fait partie des choses contre lesquelles on ne peut pas lutter ?

Je ne serais pas honnête si je disais que je ne regrettais pas son départ. C’est un ami, avec lequel j’ai toujours partagé des bons moments, qui s’est super bien intégré. Ça va au-delà du foot. Sur le terrain, je suis aussi très content pour lui car c’est un nouveau projet et il est ambitieux. C’est regrettable car c’était quelqu’un de très important dans l’équipe, mais je suis très content s’il s’épanouit là-bas. Ça fait partie du foot. Le club va aussi avoir une rentrée d’argent.

Ça ne vous inquiète pas ?

On a recruté Charles Traoré aujourd’hui [joueur de Troyes pour 500.000 euros]. On a Wesley Moustache [joueur du centre de formation]. Le club discute aussi pour faire venir un autre latéral [gauche]. Je ne pense pas qu’on va manquer de joueurs.

Vous avez été surpris de l’interview donnée par votre président dans L’Equipe la semaine dernière, qui appelait à revenir aux bases dans le jeu ?

Le président attend des résultats et attend des points rapidement pour ne pas qu’on soit sous pression. Il a dit qu’on jouait bien, mais qu’on ne prend pas beaucoup de points. Cela a été mal interprété par tout le monde. Il ne disait surtout pas d’arrêter de bien jouer. Samedi dernier, il est venu dans le vestiaire après le match de Caen [1-1] et il nous a dit que ce qu’on faisait était très bien et qu’on allait gagner des matches si on continuait comme ça. Après, c’est le boss du club. C’est son droit de dire ce qu’il veut à la place.

On ne sent quand même pas une totale confiance, sérénité autour du coach, au sein du club ?

Je ne pense pas que ce soit une question de confiance. Quand tu fais signer un entraîneur, tu es à 100 % avec lui et tu le soutiens. Maintenant, quand on prend un point en trois matches c’est insuffisant, mais ce n’est pas le coach, c’est nous. Ce n’est pas lui qui joue, il nous donne les clés pour qu’on réussisse et peut-être qu’on ne fait pas non plus tout ce qu’il faut sur le terrain, même si on se donne à fond. Pour moi, il faut continuer. On va gagner ces matches et j’espère dès ce week-end pour redresser la barre.

On ressent quand même de la défiance à son égard ?

C’est peut-être vous qui la ressentez, mais en tout cas dans le groupe, on est super sereins, on travaille bien. On ne sent pas que le coach est sous pression ou inquiet, ou alors il le cache bien. On continue de la même manière depuis la reprise.

La question est brutale, mais avez-vous le sentiment de jouer la tête de votre coach, samedi ?

Oui, c’est brutal ! Non. C’est beaucoup trop tôt. Ce serait une grosse bêtise de dire ça. On fait vraiment du bon boulot, il faut juste nous laisser un peu de temps, même si je sais que nous n’en avons pas. Les équipes prennent des points et on peut vite se mettre la fièvre. Il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Il y a eu trois matches, dont deux qu’on aurait dû gagner. Si on est à 4 points à la trêve, ce serait très bien, comme l’année dernière.

Quand vous expliquez qu’il y a une pression plus forte cette année alors que les étés 2016 et 2017 n’avaient pas non plus connu un démarrage exceptionnel ?

Je pense que les gens sont de plus en plus exigeants avec nous. Cela fait deux années que nous sommes dans le top 10 et ils veulent qu’on poursuive cette progression. On a moins de temps pour les convaincre. L’an passé, le début de saison n’était pas tonitruant non plus. Je me souviens qu’on parlait aussi, pas de crise, mais qu’on se demandait si ça allait fonctionner. Laissez-nous un peu de temps et tout le monde sera content.

C’est aussi le président qui est exigeant et s’impatiente ?

Avec M. Ranieri, qui avait un plus d’expérience, il était un peu plus prudent dans ses propos, mais je pense que la confiance est la même. J’espère que la direction a confiance en Cardoso.

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