Bayern-Real: Les Madrilènes flippent-ils vraiment de l'arbitrage en demi-finale de Ligue des champions?

FOOTBALL Ce n’est pas la première fois que le Real est accusé de bénéficier de « largesses » de l’arbitrage…

Antoine Huot de Saint Albin
Bjorn Kuipers, un ami qui vous veut du bien
Bjorn Kuipers, un ami qui vous veut du bien — Paulo Duarte/AP/SIPA
  • Le Bayern affronte le Real, en demi-finale de Ligue des champions, ce mercredi.
  • L'arbitrage avait été au centre des débats lors du tour précédent entre la Juventus et les Madrilènes.
  • La Maison blanche a souvent été avantagée en C1.

« Madrid est préoccupé que les accusations de vol contre la Juve lui portent préjudice face au Bayern. » C’est l’alerte générale au Real Madrid, en tout cas selon le quotidien Marca, avant la demi-finale aller de la Ligue des champions face aux Allemands ce mercredi (20h45). En cause donc, le fameux penalty sifflé en toute fin de match contre les Italiens, qui a permis aux Merengue de se qualifier.

La une de Marca
La une de Marca - Capture écran Marca

Petite piqûre de rappel pour ceux qui ont vécu en autarcie pendant quelques jours. Balayée par le Real en Italie (0-3), la Juventus sort le partidazo qu’on n’attendait pas au Bernabeu et colle trois pions à une Maison blanche proche de l’effondrement. On se dirigeait tout doucement vers une prolongation quand l’arbitre anglais Michael Oliver a sifflé une faute de Mehdi Benatia sur Lucas Vazquez. La suite ? Penalty, but de Ronaldo, qualif du Real Madrid, emballez c’est pesé.


Les jours suivant le match, le Real est accusé, une nouvelle fois, d’avoir « volé » le match. Tout le monde en profite pour ressortir les matchs de phase finale de Ligue des champions où le Real aurait été avantagé par les hommes en noir. On n’est pas remonté dans la nuit des temps pour faire une petite liste :

  • 1998 : but hors-jeu de Predrag Mijatovic en finale face à la Juventus
  • 2014 : faute de Gareth Bale sur Juanfran, empêché de sauter, qui permet à Sergio Ramos d’égaliser dans les arrêts de jeu face à l’Atlético, en finale
  • 2016 : but hors-jeu de Sergio Ramos en finale face à l’Atlético
  • 2017 : deux buts hors-jeu en prolongation et une expulsion sévère d’Arturo Vidal contre le Bayern en quart de finale
  • 2018 : deux penaltys litigieux accordés (face au PSG en 8e et, donc, face à la Juve en quart)

N’en jetez plus, la coupe aux grandes oreilles est pleine. Pour protester contre ce CV qui déborde, certains supporters (souvent barcelonais) y vont même de leur petite initiative. Ainsi, il y a un an, plus de 11.500 personnes ont signé une pétition sur Internet pour que le Real soit destitué, à cause d’erreurs arbitrales, de neuf de ses sacres en C1. Toujours plus. En Espagne, des chants (« Así, así, así gana el Madrid ! ») descendent des tribunes à la moindre décision discutable en faveur du Real.

Zizou défend l’institution Real

Alors, là, avant la demi-finale, le Real aurait peur du retour de bâton. Et, que ça soit du côté du club ou de la presse pro-madrilène, on tente de désamorcer la bombe. « Quand les gens parlent de vol, je suis indigné. Je suis très remonté sur ce qui se dit. Quand on dit qu’on peut nous donner la Ligue des champions dès septembre, c’est pas normal. Nous, on est en train de bosser. Ce que nous sommes en train de faire, dérange beaucoup de monde », s’est exclamé Zinédine Zidane en conférence de presse. Oui, même le grand Zizou est sorti de son habituelle réserve pour défendre l’institution. L’ancien joueur bordelais répondait à Johan Micoud qui accusait le Real de toujours bénéficier d’aides arbitrales. « Au sein du Real, je suis sûr que personne ne pense que l’arbitre peut leur porter préjudice. Chaque match est différent, les arbitres ne vont pas penser à ce qu’il s’est passé lors des tours précédents », assure l’ancien arbitre espagnol Eduardo Iturralde, contacté par 20 Minutes.

Chez les joueurs, on essaye aussi de désamorcer la bombe. Pour mieux se venger sur les médias, bien évidemment. « Moi aussi, je perçois de l’antimadridisme dans la presse, assure Lucas Vazquez. On parle plus du penalty en Espagne qu’en Italie [Bon, ce n’est pas totalement vrai, mais passons] Ça ne plaît pas de voir qu’on est arrivé huit fois d’affilée en demi-finale de Ligue des champions. Il y a beaucoup de gens qui se réjouissent de nos maux. » Isco, de son côté, s’est même permis de critiquer directement les journalistes sur son compte Twitter : « Un métier, deux façons de juger. Honteux. »


Face au Bayern, à l’Allianz Arena, tous les yeux seront donc braqués sur le Néerlandais Björn Kuipers, l’arbitre du match. Ce même Kuipers qui officiait lors de la finale de 2014. Vous voyez déjà le scénario en cas d’erreur. Pour Iturralde, qui a arbitré 291 matchs de Liga, « cela ne va rien changer pour Kuipers, il est au-dessus de ces débats qui sont faits par la presse sensationnaliste. L’arbitre ne va pas lire les journaux espagnols ou allemands avant un match. A ce niveau, l’arbitre sait vivre avec l’erreur. S’il se trompe, ça ne sera pas grave. Dans le monde du football, l’arbitre est le seul qui ne doit pas se tromper. Les joueurs, les coachs ont le droit, mais l’arbitre non, on ne lui pardonne rien. »

Revanche ratée pour Vidal

Du côté du Bayern, on n’a pas voulu trop polémiquer. « Je ne m’intéresse pas à l’arbitre. Dans toute ma carrière comme entraîneur, je me suis toujours bien comporté avec les arbitres, a assuré le sage Jupp Heynckes mardi. J’ai toujours été très objectif et en demi-finale, nous avons les meilleurs arbitres, j’ai toute confiance, je suis très tranquille. » Circulez y a rien à voir. Officiellement en tout cas.

Car certains joueurs bavarois ont encore en travers de la gorge l’élimination la saison passée. Arturo Vidal, au moment où il a su qu’il allait affronter le Real a sorti : « La vengeance est un plat qui se mange froid. » Le Chilien avait été le plus véhément après l’élimination au Bernabeu. « C’est très fort de se faire voler un match comme ça. On tenait le match, ils avaient peur et l’arbitre a commencé son show. C’est très moche. L’arbitre nous a mis dehors. Quand ils te souillent comme ça, c’est très fort. » Dommage pour le spectacle, Vidal, blessé, ne sera pas de la partie.