VIDEO. Les Herbiers se sont réveillés, se sont pincés et ont réalisé que, non, ce n'était pas un rêve
REPORTAGE•Au lendemain de la qualification pour la finale de la Coupe de France, « 20 Minutes » a rejoint la ville vendéenne des Herbiers aux aurores et a sillonné les rues toute la matinée…David Phelippeau
L'essentiel
- Les Herbiers (National) se sont qualifiés, mardi soir, à la Beaujoire, pour la finale de la Coupe de France en battant Chambly (2-0).
- Mercredi matin, les habitants de la ville vendéenne n’en revenaient toujours pas et confiaient leur fierté.
Il est 6h20 ce mercredi. Une belle journée de printemps s’annonce, le petit vent rappelle néanmoins que l’hiver n’est pas un si loin souvenir. Les Herbiers se réveillent doucement. Le tohu-bohu de klaxons de la veille pour fêter bruyamment l’incroyable qualification des Vendéens pour la finale de la Coupe de France semble encore résonner pour certains.
Jean-Michel, boulanger levé dès potron-minet, fait partie de ceux-là. Il a un souvenir intact « du bruit des klaxons, des cris, des chants ». Il s’y prépare : « Les clients vont nous parler de ce match toute la journée… » Mais comment pourrait-il en être autrement ? Avec cet exploit majuscule, « les gens connaissaient le Puy du Fou, mais pas les Herbiers, là, maintenant, ils vont savoir mettre notre ville sur une carte ! »
Tiens, ça tombe bien, Véronique Besse, la maire MPF des Herbiers, baguette à la main, se promène dans les rues de la ville. Un direct télé l’attend, mais elle s’arrête quand même poliment quelques minutes pour confier que la qualif' donne « un sacré coup de projecteur » sur sa ville. « Allez, Véronique, on est en finale ! », éructe un automobiliste au loin. Un autre, quelques instants plus tard, hurle « Allez les Herbiers ». Véronique Besse sourit. Il y a de quoi.
Sa ville de 16.000 âmes n’a jamais autant attiré les regards. L’épopée des footballeurs des Herbiers a mis en lumière un autre atout du territoire vendéen : le taux de chômage le plus faible en France ! « Parlez en bien de nous ! », ose pourtant, tout sourire, une femme pressée.
« C’est de la bonne fatigue, c’est tellement magnifique »
Quelques mètres plus loin, Hugues, écharpe des Herbiers autour du cou, fait le pied de grue devant la maison de la presse. 7 h 20 à notre montre. « Je me suis couché à 3 h 30, mais je suis là car je veux être sûr d’avoir tous les journaux, se justifie-t-il. Pour le quart de finale contre Lens, je m’étais pointé en fin de matinée et il ne restait plus rien. » Dix minutes plus tard, la maison de la presse ouvre ses portes. Le début d’un ballet incessant. « Les gens prennent ce que j’appelle la panoplie, c’est-à-dire Ouest-France et L’Equipe », explique la patronne Francine, qui d’ordinaire n’en a cure du foot mais qui mardi soir était au bar des Arcades comme aimantée par la télévision.
Quelques minutes plus tard, devant la pharmacie, une discussion improbable s’amorce entre deux dames coquettes à la retraite. « Vous avez vu Aline, notre équipe de foot des Herbiers ? ! », lance Francine (une autre, pas celle de la maison de la presse). Aline disserte aussi sec sur autre chose que le ballon rond…
Direction le marché ensuite. Dominique a eu le droit à une seule petite heure dans les bras de Morphée. Le boucher était à la Beaujoire, « s’est couché à 2 h 30 et a commencé ses préparations à 3 h 30 ». « C’est de la bonne fatigue, c’est tellement magnifique », lance-t-il.
Repos forcé dans l’entreprise du président du club des supporters
Tony, boulanger, n’a pas pu monter à Nantes. « Je suis seul, je ne peux pas me le permettre. Je rêve d’aller à la finale, mais il faudrait que je ferme le magasin. » Tony n’exclut pas cette possibilité. Quand il aime, il ne compte pas. Tout l’inverse de Fabrice, croisé au hasard d’une rue du centre. « Les Herbiers, y en a marre ! » Rabat-joie. Le seul esprit chagrin rencontré au final.
« Il fait beau, c’est magnifique, je suis rincé, j’ai peu dormi, mais la vie est belle », confesse de son côté Franck, président du club des supporters du VHF, l’écharpe du club autour du cou et les cheveux encore à moitié teints en rouge. Patron d’une entreprise de métallurgie, Franck a mis ses salariés au repos forcé ce mercredi matin. Et mardi, la boîte a stoppé de tourner à 13 heures L’événement en valait la peine. Le patron ne regrette rien, les salariés (a priori) non plus. Quelques instants plus tard, un véhicule de La Poste klaxonne et agite un drapeau rouge et noir. En même temps, Lilian, un dirigeant du VHF passe en direct sur BFM TV. Les Herbiers finissent tranquillement d’ouvrir les yeux, le rêve est bien devenu réalité.


















