Nantes: Pourquoi le stade de la Beaujoire sera démoli

URBANISME L'enceinte, construite en 1984, va disparaître à partir de l'été 2022...

Frédéric Brenon

— 

Le stade de la Beaujoire à Nantes.
Le stade de la Beaujoire à Nantes. — JS Evrard/AFP

L’annonce officielle, ce mardi midi, de la construction d’un nouveau stade de football à Nantes en a entraîné une autre : le stade de la Beaujoire sera démoli.

L’enceinte de 35.000 places, construite en 1984, sera attaquée par les pelleteuses une fois le nouveau stade achevé, c’est-à-dire à partir de l’été 2022. L’équipement, propriété de Nantes métropole, sera remplacé par un vaste projet immobilier incluant des logements, des bureaux, une maison de retraite et peut-être des activités para-médicales et un groupe scolaire.

Pas de dépense d’argent public

Pourquoi ce choix radical ? « Les conditions de sécurité et les normes UEFA ne permettent plus aujourd’hui d’accueillir des grandes compétitions au stade de la Beaujoire, justifie Johanna Rolland. Il fallait prendre une décision dans les 5 à 10 ans. Ce n’est pas un hasard si Bordeaux, Lyon, Lille et Nice se sont récemment dotés d’un nouveau stade. »

L’hypothèse de la rénovation de la Beaujoire s’est heurtée au coût estimé d’une telle opération (supérieure à 100 millions d’euros) et à la volonté de Nantes métropole de ne pas investir d’argent public. « Ma position est claire. En 2017, je considère que ce n’est plus à l’argent public de financer un projet de stade. Le modèle économique du football a changé », insiste Johanna Rolland, qui explique en même temps vouloir « contribuer à la réussite du FC Nantes ».

«Retaper le stade actuel obligerait à détruire tribune par tribune. Ça poserait un problème de fonctionnement et puis économiquement ce serait très compliqué», estime Waldemar Kita, président du FC Nantes.

Rester au quartier de la Beaujoire 

Le maintien du stade de la Beaujoire n’était également plus possible dès lors que le groupe Réalités et le président du FC Nantes, porteurs du projet de nouvelle enceinte, souhaitaient absolument bâtir sur le quartier de la Beaujoire, un site « facile d’accès et bien desservi par les transports en commun ». La volonté d’ériger un complexe immobilier à côté du nouveau stade oblige aussi à libérer de l’espace au sol.

La démolition de la Beaujoire sera financée à 100 % par Yello Park, la nouvelle société créée pour porter le projet de nouveau stade.

Une histoire déjà glorieuse

Face à ces enjeux, l’attachement sentimental des supporters à leur stade n’a pas fait le poids. De nombreux fans expriment d'ailleurs leur déception sur les réseaux sociaux depuis ce midi. Pas sûr non plus que l'architecte du stade, Berdje Agopyan, soit ravi, lui qui estimait dans nos colonnes que l'enceinte n'était «pas vétuste».

Le stade de la Beaujoire aura connu au moins deux titres de champion de France de football (1995 et 2001), une demi-finale de Ligue des Champions (1996), mais aussi l'accueil de la Coupe du monde de football 1998, l’Euro 1984 de football, ou la Coupe du monde de rugby 2007. Il a aussi accueilli plusieurs concerts prestigieux, comme U2, Pink Floyd ou Johnny Hallyday.