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Avant le derby Strasbourg-Metz, pourquoi tant de haine entre supporters?

Strasbourg-Metz: Mais pourquoi tant de haine entre supporters?

FOOTBALLPour la première confrontation depuis dix ans au stade de la Meinau entre les rivaux Strasbourg et Metz, des supporters ont des propos de propos en plus virulents. Dimanche (17h), ce derby promet...
Alexia Ighirri et Bruno Poussard

Alexia Ighirri et Bruno Poussard

L'essentiel

  • La dernière fois que le Racing club de Strasbourg a reçu le FC Metz en Ligue 1 au stade de la Meinau, c'était pour une vilaine défaite (2-3), en mars 2008.
  • Une décennie plus tard, à l'aube d'un nouveau derby de l'Est ce dimanche (17h), la rivalité entre les supporters semble de plus en plus vive.

Dix ans déjà. La dernière fois que le Racing club de Strasbourg a reçu le FC Metz en Ligue 1 au stade de la Meinau, les Grenats l'ont emporté 3 à 2 au terme d’un match un peu dingue. Depuis ce 8 mars 2008, quatre matchs de Ligue 2 et deux amicaux seulement ont permis aux deux rivaux de se retrouver avant le début de cette saison.

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Entre Strasbourg et Metz, il y a 130 kilomètres. Entre les clubs de foot des chefs-lieux des anciennes régions lorraine et alsacienne, il y a surtout un vieil antagonisme que l’on sent de plus en plus virulent ces derniers temps. Après la victoire messine à l'aller (3-0) et avant le retour, dimanche (17h), 20 Minutes a cherché à comprendre pourquoi.

Pour la suprématie du Grand Est. Sur Twitter, @N_um_A, supporter affiché du Racing, a lancé le décompte il y a plus d’une dizaine de jours, avec un hashtag au langage un brin grossier. Mais pourquoi une telle animosité ? « C’est une question de suprématie régionale, tente-t-il d’expliquer. Le Grand Est est bleu et blanc, tout simplement. Pour moi, c’est plus géographique. L’Alsacien aime aussi chambrer le Lorrain qui tente de lui rendre… »

Depuis l’avènement du Grand Est, les vannes entre les habitants des deux ex-régions n’ont pas pris fin, au contraire. Comme la rivalité entre Strasbourg et Metz. Alsacien désormais dans le Sud, l’attaquant David Ledy, au Racing de 2006 à 2014, le justifie surtout par « une question de proximité ». En 2017-2018, le RCSA et le FC Metz sont les deux seuls clubs de l’Est en Ligue 1. Et n’ont pas d’autre rival plus près.

Une rivalité toujours plus exacerbée. Toujours sur Twitter, le fan mosellan @DeBommeler, moins virulent, n’est pas moins impatient avant ce derby. Âgé d’une quarantaine d’années, il analyse l’évolution du derby : « Avec l’explosion des moyens de communication, les réseaux sociaux, les rivalités entre fans de foot ont gagné en intensité. » Amené à passer trois ans à Strasbourg, ce Lorrain n’a jamais hésité à porter son écharpe du FC Metz les jours de froid.

« Je ne pense pas que ce serait aussi simple aujourd’hui, embraye-t-il. Malheureusement. Je ne dis pas qu’il se passerait forcément quelque chose si je le faisais une fois, mais je ne pourrais pas le faire trois ans durant sans avoir des ennuis. » Comme ce Messin le remarque, le parcours du Racing depuis le dépôt de bilan a également forgé une nouvelle génération de fans et « un supporterisme fervent et massif » en Alsace.

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Pour la revanche des supporters strasbourgeois. Si David Ledy l’avait prévu, il ne pourra finalement pas faire le déplacement en Alsace ce dimanche. Mais il sait, en tribunes, « l’ambiance va être chaude ! » Selon l’ancien attaquant pas de doute, les supporters pèseront plus que jamais de tout leur poids : « Ce sont eux qui mettent le piquant dans ce derby. » D’autant que ce match sera vital pour Metz, décisif pour Strasbourg dans la lutte pour le maintien.

Depuis le sud-est de la France, où il s’est installé après son départ du Racing, David Ledy voit aussi le mercure monter sur le thermomètre des réseaux sociaux : « Les supporters strasbourgeois ont envie de voir Metz descendre, d’inverser la situation qu’on a connue ces dernières années ». Comme une sorte de revanche à prendre, en somme. D’autant plus après la déroute strasbourgeoise du match aller.

Pour remplacer les derbys alsacien et lorrain. Ce derby n’est pas vu de la même manière des deux côtés du massif des Vosges. « Avec beaucoup d’amis, nous attendons ce match depuis des années, illustre @N_um_A. Peut-être ce sentiment est-il exacerbé car nous sommes privés de derby en Alsace à un haut niveau. » Et le fan messin @DeBommeler de compléter : « Nous entretenons évidemment une rivalité avec Strasbourg mais elle est indéniablement différente. »

Le FC Metz a effectivement Nancy comme gros rival régional. Sauf qu’aujourd’hui, cette dernière formation est en galère un échelon en dessous, comme le Racing qui n’a plus affronté depuis un moment ses rivaux alsaciens, Mulhouse voire Colmar. En l’état actuel des choses, ce Strasbourg-Metz reste le gros match de la saison pour les deux formations même si seulement 600 fans messins ont le droit de se déplacer, encadrés.

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Pour poursuivre les duels des jeunes catégories. Responsable du centre de formation du Racing, François Keller connaît cette rivalité depuis des décennies. Chez les jeunes, il a l’habitude d’assister à des derbys toujours engagés contre le club mosellan, ce qui ne l’empêche pas d’apprécier ses homologues messins. Pour l’expliquer, le technicien met en avant les affrontements de style :

« Ils ont un jeu à l’anglaise, direct, avec des grands devant. C’est typique de Metz, ils sont performants avec, en s’appuyant sur le bon travail de leur académie au Sénégal. Mais comme nous avons de petits gabarits qui passent par le jeu, ce sont souvent de grosses oppositions. Pour nous, ce sont souvent des matchs formateurs, difficiles, même pour nos joueurs de 15 ou 17 ans qui sont souvent en déficit athlétique. » »

Si la rivalité semble encore plus vive à l’heure du derby de ce dimanche, François Keller y a enfin une autre justification qui vient justement de la concurrence inévitable entre les centres de formations : après le dépôt de bilan de Strasbourg, Metz en a profité pour attirer de jeunes joueurs d’Alsace et du Racing. « Ça a mis de l’huile sur le feu », conclut-il. Oui, ce derby promet.