JO 2018: En patinage artistique, Papadakis et Cizeron sont tellement favoris qu'on flippe pour eux
JEUX OLYMPIQUES•La lose ou l'or pour les Français ?...J.S.-M. et W.P.
L'essentiel
- Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron vont-ils enfin répondre aux attentes?
- Ils entrent en piste ce lundi, dans la nuit, avec le programme court.
De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,
Chloé Trespeuch semble un peu paumée dans le très classieux hall du Phoenix Pyeongchang Hotel. On aurait aimé vous dire qu’elle est perdue dans ses pensées, dans sa déception, dans ses remords, après sa cinquième place en snowboard cross. En vérité, elle est sans doute, comme nous tous, en train d’hésiter sur comment faire pour rentrer dormir au plus vite. Plutôt le bus TA-07 pour aller au PVL ou le TM-24 (il passe par l’IBC) ? La correspondance est chiante, mais y en a plus souvent.
Ils se ramassent par pelletées entières, les favoris français qui, comme elles, repartiront de Corée après avoir déçu leurs supporters. Martin Fourcade sur le sprint et l’individuel, Tess Ledeux en slopestyle, Maurice Manificat sur le 15 km en ski de fond… A tel point qu'on s'inquiète beaucoup pour notre duo de patineurs Papadakis et Cizeron, favoris en danse sur glace, dont le programme court à lieu dans nuit de dimanche à lundi. D'ailleurs, la FFL se régale pendant ces JO. FFL, pour Fédération française de la lose, blague de pote, compte Twitter trollesque et boutique de tee-shirt (c’est disruptif).
« Les sports mineurs, c’est notre terrain de jeu ! Parce que comme personne ne connaît les sportifs, les journalistes montent le truc en épingle : "c’est le meilleur, il s’est préparé pendant quatre ans…" Ça rend la lose magnifique. D’ailleurs, c’est cruel, mais c’est pendant les JO de Vancouver qu’on a eu l’idée, avec notamment la chute de Marion Rolland. » - Antoine, un des fondateurs de la FFL. »
Avec Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron, on tient un grand chelem en la matière:
- La pression des médias : ils sont LES favoris ultimes (Ils sont juste les premiers danseurs sur glace de l’histoire à passer la barre des 200 points lors d’un concours).
- La pression fédérale : la France n’a plus gagné de médaille en patinage artistique depuis 2002, et c’est surtout pour des petites polémiques que l’on parle de la Fédération française des sports de glisse, en ce moment :
- La pression de la FRANCE ENTIERE : à mi-JO, on se demande si les Bleus sont pas loin de louper leurs Jeux et, en tout cas, ils n’atteindront pas l’objectif des vingt médailles.
« Et en plus, ils sont Clermontois, et on sait ce que ça donne dans les moments décisifs », reprend notre expert en loses honteuses. « Je ne suis pas superstitieux », nous assurait avant les Jeux Guillaume Cizeron. Officiellement, ça n’a pas changé : « On ne joue pas notre vie », répète-t-il après les premiers entraînements.
Un Nelson Monfort pas très rassurant
En bons favoris qui se respectent, les Français ont séché l’épreuve collective pour se concentrer sur leur petite personne. Facteur supplémentaire de lose, non ? Surtout dans une discipline extrêmement psychologique, où un mauvais geste d’une fraction de seconde peut gâcher une prestation techniquement impeccable (coucou Tess Ledeux).
Nelson Monfort nous rassure tout de même un peu : « On voit moins de chutes en danse sur glace que dans les disciplines plus techniques ! » Avant de confirmer notre sale intuition : « Mais je partage votre impression que les patineurs français semblent avoir du mal avec le jour J olympique. On a toujours l’impression que tout peut arriver, y compris le pire. »
Le pire : c’est le domaine du professeur Koné. « Protection contre les ennemis, exorcisme, désenvoûtement, mauvais sort » : autant de spécialités égrainées sur sa carte de visite. On l’appelle et on lui parle de nos danseurs. « Je fais aussi (sic) les malédictions, nous confirme-t-il. Mais il faut faire une consultation à 40 euros. » Et pour 40 euros, on exorcise cinquante ans de défaites en tout genre ? « Non, pour 40 euros, je te dis quel est le problème. Et ensuite, le prix dépend du nombre de jours de travail qu’il me faut ! » Vu l’ampleur du chantier… On a préféré abandonner les Français à leur sort.


















