JO 2018: Ledeux, Worley, Braisaz... On commencerait pas à s'inquiéter pour l'objectif des 22 médailles?

JEUX OLYMPIQUES Le compteur de l'équipe de France est resté bloqué à sept médailles samedi...

William Pereira

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Tess Ledeux
Tess Ledeux — CHRISTOPHE SIMON / AFP

De l'un de nos envoyés spéciaux, à Pyeongchang,

Avant les Jeux olympiques, la délégation française était un peu en mode « objectif Lune ». Tintin Fourcade et sa bande devaient décoller du Mont Olympe pour aller nous chercher 22 breloques (20 en ski, deux en sports de glace). Une grosse semaine plus tard, on a un peu du mal à croire à un « On a marché sur la Lune ». La fusée semblait avoir pris son envol avec Perrine Laffont puis le réveil de Martin Fourcade sur la poursuite, avant de perdre doucement mais sûrement du gaz. Les médailles se sont raréfiées de manière linéaire. Pierre Vaultier et Julia Pereira de Sousa ont brillamment sauvé l’honneur des jours précédents du haut de leur snowboard sans pouvoir faire autre chose que retarder l’échéance.

Samedi, ni Tessa Worley, ni Tess Ledeux, ni la clique du biathlon féminin n’ont réussi à décrocher une breloque sur les neiges de Pyeongchang. Résultat, la France est coincée à sept podiums sur ces JO, dont trois d’or, et une huitième place guère enthousiasmante au classement des nations. Faut-il donc s’inquiéter pour les objectifs de la délégation française en Corée du Sud ?

Environ douze médailles au pire

Commençons par le commencement. Que nous reste-t-il comme médailles à peu près sûres et ce, quelle qu’en soit la couleur ? Petite liste de courses

  • Martin Fourcade sur la mass-start
  • Un des relais de biathlon
  • Jean-Frédéric Chapuis sur le skicross
  • Papadakis et Cizeron en danse sur glace
  • Le team event en ski alpin

En gros, on s’arrêterait à douze. Non seulement c’est moins bien que les objectifs de base, mais c’est surtout plus faible qu’à Sotchi. Chez les pontes du CNOSF, on ne s’affole pas forcément. Voilà ce que nous répond le président Denis Masseglia quand on lui demande si l’objectif des 20 médailles va être revu à la baisse.

« Je pense qu’il faut voir les choses de manière plus sereine. On met pas des objectifs de médaille au hasard avec des chiffres au hasard. Ces derniers sont basés sur les résultats des années précédentes. De l’année précédente, en l’occurrence. On a une fourchette haute et une fourchette basse, nous on fait une moyenne et c’est de là que viennent nos ambitions. »

Autrement dit, on ne change pas de stratégie en cours de route. Ce n’est pas parce que les choses ne se passent pas comme prévu qu’il faut fuir ses responsabilités. A moins qu’il ne s’agisse là d’un léger excès d’optimisme, comme lorsqu’on évoque les médailles d’or – déjà trois contre quatre à Sotchi. « Des médailles d’or, on en a trois, c’est important pour le classement des nations, il y a des pays qui nous envient, j’en suis sûr. Et c’est important pour les athlètes. Les trois médaillés d’or français l’ont été avec la manière. Bon, pour ce qui est de la suite, Perrine et Pierre ne continuent pas sur ces Jeux, mais Martin sera toujours là, lui. C’est une chance pour nous. », rassure Masseglia. A condition qu’il cartonne comme prévu sur la mass-start et tire les relais vers le haut.

Les Français à venir auront encore plus de pression

Au-delà du bilan comptable, il faut aussi voir l’impact que peut avoir un enchaînement de mauvais résultats et les polémiques qu’il engendre sur l’état mental des athlètes amenés à courir dans les prochains jours. Surtout ceux comme Ophélie David (skicross), qui vont plonger dans le grand bain avec la pression des médailles de Sotchi et de celles loupées à Pyeongchang. La vétérane de l’équipe de France ne nie pas.

« Même si on essaye d’être hermétiques on est au courant de qui a réussi, qui a raté etc, et c’est vrai que c’est beaucoup plus tranquille quand les Jeux sont réussis, on arrive et quelque part tout le monde est content. Moi je trouve que pour l’instant c’est pas si mal. Peut-être que les ambitions étaient plus élevées à ce stade-là des jeux. Il ne faut pas oublier que c’est des hommes et des femmes derrière ces masques d’athlètes. Et que les statistiques elles sont basées que sur le mode athlète. »

Denis Masseglia, lui, ne veut pas mettre de pression à qui que ce soit. « Il n’y a pas d’inquiétude à avoir ni de pression supplémentaire pour les prochains athlètes français qui vont entrer en lice. Chacun doit se concentrer sur sa préparation, sur son destin. » Pour au bout, marcher sur la Lune, qui sait.

>> QUIZZ : Choisissez la meilleure excuse des Français aux JO. 

Voici notre excusomètre, inspiré par le «Saguezomètre» de SkiChrono (lui-même inspiré des objectifs chiffrés permanents de Fabien Saguez, le DTN.) Un quizz réalisé avec beaucoup de mauvaise foi de notre part - vous nous connaissez. La plupart des athlètes cités ne se sont pas vraiment cachés, après leurs contre-performances.