JO 2018: Le point peau de l'ours... Après Vaultier, trois raisons de croire au triplé Français en snowboard féminin

JEUX OLYMPIQUES La peau de l'ours, le chasseur, tout ça tout ça...

Jean Saint-Marc
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Mes chers parents je vole...
Mes chers parents je vole... — SIPA
  • Les Françaises sont favorites en snowboard cross (finale à 4h55).
  • Pierre Vaultier a montré la voie, ce jeudi, avec une victoire historique. 

De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Les Anglais parlent de «jinx », les Français de « chat noir ». Et comme Pierre Vaultier est bilingue (pas nous), il évite soigneusement les deux. « Best of luck », lance-t-il quand un confrère lui demande « un petit mot pour les filles », après son exceptionnelle victoire​. Avant de traduire : « Je suis persuadé qu’il y aura une médaille, pratiquement persuadé qu’il y en aura deux… Et il y a une probabilité pour qu’il y en ait trois ! Mais je m’arrête là. »

Nous, au contraire, on n’a peur de rien. On va donc tranquillement porter la poisse aux Bleues avec un papier démontrant par A + B que les filles du snowboard cross vont faire le triplé ce vendredi. Et on va en profiter pour faire un point jargon, tant qu’à faire.

>> Parce qu’il n’y a pas besoin de starter fort et parce qu’il y a de grosses tables dans le boarder (= le parcours est taillé pour elles)

Des creux de trois mètres, des sauts à six mètres de haut. Et grosso modo 1 minute 30 de descente, quasiment deux fois plus que les dernières épreuves de Coupe de monde. Le parcours de Pyeongchang est adapté aux qualités des Françaises, qui « font des podiums quand c’est dur et engagé », dixit Chloé Trespeuch. En gros, elles aiment quand c’est difficile et technique. « Ce parcours fait mal aux jambes », se réjouit avec appétit Nelly Moenne-Loccoz, qui a toutefois eu besoin de quelques entraînements pour retrouver ses marques :

« J’étais venue pour l’épreuve préolympique, il y a deux ans. Mais j’avais pris un pét' à la tête une semaine avant. Je pensais me rappeler du parcours : en fait, pas du tout, ce n’était pas du tout ce dont je me souvenais ! »

Pierre Vaultier a pu lui filer ses fiches après sa victoire haut la main en finale.

>> Parce que les « gonzesses en face » sont pas au mieux (= la concurrence est dans le rétro)

« Les autres reviennent bien », « on est une dizaine à jouer le podium », « c’est les Jeux, tout peut arriver. » Bla, bla, bla.  Evidemment, depuis le début de la quinzaine olympique, on a entendu tout ça à longueur d’interview, et pas seulement avec les filles du snowboard cross, d’ailleurs. Evidemment, aussi, que l’Italienne Michela Moioli est numéro 1 mondiale, que la Tchèque Eva Samkova avait écrasé la course à Sotchi et que l’Américaine Lindsey Jacobellis est une légende de son sport. «Six ou sept gonzesses peuvent gagner», assure Nelly Moenne-Loccoz. Mais on notera que :

  • Eva Samkova était porte-drapeau de la République Tchèque. Ce n’est pas la peine d’en dire plus : la malédiction, la pression, il n'y a pas que chez les Français… Next.
  • Michela Moioli sera forcément traumatisée par sa chute à Sotchi : elle avait 18 ans, elle a laissé un genou et perdu 8 kilos dans l’affaire. Et son compagnon Omar Visintin, un des favoris chez les hommes, s’est lui aussi vautré ce jeudi.
  • A propos de chute : obligé de parler de Jacobellis à Turin. En tête sur les dernières bosses, elle avait voulu flamber en attrapant sa planche (un « method grab »). Vous voyez la suite, évidemment : badadoum et seulement la médaille d’argent. « Les médias peuvent-ils arrêter de me prendre la tête avec un truc vieux de douze ans ? », s’est-elle énervée auprès de nos confrères américains. Petit mental.

>> Parce que les Françaises ont préparé leurs runs ensemble et qu’elles sont prêtes à coller un exter’ (= parce que leur stratégie est au petits oignons)

Quatre Françaises dans le Top 7, trois dans le Top 4. On peut trouver pas mal de formules dans ce goût là, pour vous dire que les Françaises squattent le haut de tableau en Coupe du monde, sauf la première place. Une équipe « très dense », comme on dit. Tout bénéf' pour les entraînements : « On ne garde rien pour nous, on se débriefe les unes les autres, on travaille nos trajectoires ensembles », assure Charlotte Bankes.

Nous, le débriefing, on l’a fait avec Chloé Trespeuch, la leader de l’équipe, médaillée de bronze à Sotchi :

  • Nelly Moenne-Loccoz, « la plus réfléchie et la plus talentueuse »
  • Charlotte Bankes, « très bonne en carving » (pour couper ses virages, grosso modo) et qui « sait se donner quand elle est en finale ! »
  • Julia Pereira, « la petite nouvelle », « moins dans la réflexion », « elle fonce, elle fonce, elle fonce, et c’est bien aussi ! »

Attention, tout de même : on en connaît un qui a un peu trop foncé, ce jeudi, à Pyeongchang…

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