JO 2018: «Chanceux», Alexis Contin a bien réagi au nouveau Levothyrox... Jusqu'à aller chercher une médaille?

PATINAGE Le Français souffre de la maladie de Basedow…

J.S.-M.

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Alexis Contin est une vraie chance de médaille pour la France (et pour la Bretagne).
Alexis Contin est une vraie chance de médaille pour la France (et pour la Bretagne). — SIPA
  • Le patineur français n'a pas souffert des effets secondaires de la nouvelle formule du Levothyrox.
  • Il ambitionne de remporter une médaille olympique, ce samedi, sur la mass-start. 

De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Alexis Contin est « bien équilibré. » Ce qui n’a rien d’étonnant, pour un mec qui file à 50 km/h sur la glace. Sauf qu’on ne vous parle pas du tout de sa maîtrise de la vitesse… Mais de ses analyses thyroïdiennes. Le patineur Alexis Contin, aligné ce samedi midi sur la mass-start, souffre d’une maladie auto-immune. Et il a subi une ablation de la thyroïde.

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Alexis Contin prend donc chaque jour une dose de Levothyrox, médicament dont la nouvelle version a suscité une immense polémique, avec des effets secondaires en pagaille : fatigue, maux de tête, nausées, diarrhées, crampes, palpitations, vertiges, troubles de la vue… Certains patients vivent un cauchemar. Pas Alexis Contin. C’est ce que nous a expliqué Philippe Le Van, médecin coordinateur de la délégation française à Pyeongchang :

Il prend la nouvelle formule du Levothyrox, mais il n’a pas eu les effets secondaires décrits un peu partout. Il est suivi par une endocrinologue de l’INSEP, qui l’a très bien équilibré. Dans ces situations-là, on tâtonne avec les dosages. Car on a un taux d’hormones thyroïdiennes qui doivent rester dans une fourchette. Lui est parfaitement dans la fourchette. En cas de variation vers le bas, vous êtes fatigué, vous prenez du poids. Au contraire, un hyperthyroïdien est très énervé et perd de la masse musculaire. »

Particulièrement compliqué pour un sportif donc, d’autant plus que les « variations d’effort » peuvent encore plus perturber ces variables physiologiques. Alexis Contin a connu des moments difficiles : à Sotchi, où la maladie avait complètement gâché ses Jeux… Ou parfois à l’entraînement. « Quand on est fatigué, irritable, ce n’est pas top pour la performance », expliquait Alexis Contin en 2016 à L'Equipe.

« J’ai évidemment suivi ça »

Aujourd’hui, à Pyeongchang, Alexis Contin se dit « chanceux d’avoir réussi à surmonter cette grave maladie, à revenir et à gagner beaucoup de titres depuis mon diagnostic. » Six titres de champion du monde de roller et trois médailles aux championnats du monde sur la glace, tout de même.

Chanceux aussi d’avoir bien réagi au nouveau Levothyrox qui, à son tour, aurait pu gâcher ses Jeux-2018. « J’ai évidemment suivi ça… Moi, ça s’est bien passé. Mais si la thyroïde servait à rien, on n’en aurait pas ! » Au 30 novembre, 17.000 patients avaient signalé des effets indésirables, selon un rapport remis à l’Agence du médicament. Cela représente 0,75 % des patients traités avec ce médicament.