JO 2018: Peur sur la ville... Une sale épidémie de gastro fait trembler Pyeongchang

SANTE En trois jours, 128 personnes sont tombées malades, et l'épidémie gagne du terrain sur de nouveaux sites. Bonne ambiance...

Jean Saint-Marc

— 

Le service Paint de 20 Minutes a envoyé ses membres les plus hypocondriaques à Pyeongchang.
Le service Paint de 20 Minutes a envoyé ses membres les plus hypocondriaques à Pyeongchang. — 20 Minutes
  • Une épidémie de gastro-entérite a été détectée sur les sites olympiques. 
  • Les organisateurs et les athlètes prennent les choses très au sérieux. 

De l’un de nos envoyés spéciaux à Pyeongchang,

Et dire qu’on n’a même pas négocié de prime de risque… En même temps, on s’attendait à tout, sauf à ça. L’apocalypse nucléaire, OK. Mourir de froid dans la zone mixte du biathlon par -27 degrés, OK. Mais une épidémie géante de gastro-entérite… Non, on n’était pas prêt. Les journalistes qui débarquent à Pyeongchang découvrent un peu partout des affiches légèrement anxiogènes. En gros, « attention, un norovirus rode. » Plutôt fort, d’ailleurs : ce jeudi, le comité organisateur comptait déjà 128 personnes malades, un chiffre en constante augmentation ces trois derniers jours.

>> A lire aussi : JO 2018: 1.200 agents de sécurité contraints de se retirer des Jeux

Les symptômes ? Maux de tête, d’estomac et diarrhée. Une bonne gastro, quoi… Petite spécificité, toutefois, des norovirus : ils sont en général hautement contagieux, particulièrement dans des lieux clos ou des milieux très fermés. Un village olympique, par exemple…

« Suffit de pas grand-chose »

« Ça inquiète surtout nos médecins » : le bosseur Benjamin Cavet est à peu près détendu au moment d’évoquer le sujet. Plus que son coéquipier Anthony Benna, en tout cas :

Il suffit de pas grand-chose pour tomber malade : toucher une poignée de porte et manger aussitôt… C’est sûr qu’il faut faire attention. On nous a répété de bien se laver les mains, de pas utiliser les affaires d’un autre athlète, et de surtout ne jamais boire dans une bouteille ouverte…

« Il faut faire très attention mais on a l’habitude ! » Le fondeur Maurice Manificat a plus peur du froid que de la gastro, qui peut tout de même pourrir une quinzaine, surtout dans les sports d’endurance. « J’ai déjà chopé la grippe sur une compétition, l’enfer », raconte Baptiste Gros, qui sourit des nombreuses mesures de prévention prises par les organisateurs.

Le nombre de personnes malades a triplé en deux jours.
Le nombre de personnes malades a triplé en deux jours. - D. Gannon / AFP

Un exemple parmi mille : dans certains restaurants, des bénévoles balancent d’office une goutte de gel hydroalcoolique dans les mains des athlètes qui s’apprêtent à déjeuner. Les organisateurs, qui se sont très formellement « excusés » pour cet épisode ont en effet vu les choses en grand :

  • Les 1.200 agents de sécurité possiblement contaminés ont été placés en quarantaine, et remplacés sur les sites par des militaires.
  • L'endroit d'où est parti l'épidémie a été intégralement désinfecté.
  • Une enquête sur « l’eau du robinet, le staff des cuisines et les denrées alimentaires » a été lancée.

Par contre, on s’est renseigné : les petits rouleaux de papier toilette que l’on trouve dans les bus n’ont rien à voir avec l’épidémie. « C’est souvent comme ça dans les cars en Corée, c’est pour se moucher », nous a expliqué un bénévole. Vous pouvez remercier le service investigation de 20 Minutes Sport, sur le pont même au fin fond de la Corée du Sud.