Stade Rennais-FC Nantes: Ils vivent à la frontière de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique, pour qui sont-ils?

FOOTBALL Qui c’est les meilleurs ? Les Rouges ou les Jaunes ? Réponse, samedi, après le derby Rennes-Nantes…

Jeremy Goujon et David Phelippeau

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Redon et Soulvache, deux villes situées sur la ligne frontalière entre l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique.
Redon et Soulvache, deux villes situées sur la ligne frontalière entre l'Ille-et-Vilaine et la Loire-Atlantique. — Map4news
  • Samedi à 17 heures, au Roazhon Park, le Stade Rennais accueille son meilleur ennemi régional : le FC Nantes.
  • 20 Minutes est allé à la rencontre des habitants des communes à la frontière de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique.

Ils sont un peu le cul entre deux chaises. En quelques minutes (secondes pour certains), ils passent d’un département à un autre. La commune de Soulvache et celle de Redon sont situées sur la ligne frontalière de l’Ille-et-Vilaine et de la Loire-Atlantique. La première appartient toutefois au 44, la seconde au 35. Mais, samedi, lors du derby Stade Rennais-FC Nantes, pour quel club va battre le cœur des deux communes ? Le SRFC ou le FCN ? Les Rouges ou les Jaunes ? 20 Minutes a mené son enquête.

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Au club de football de Soulvache, il y a seulement « deux ou trois » irréductibles fans rennais. « Mais sinon, la majorité est pour les Canaris ! », confie Bertrand Halleux, président du club et « supporter du FCN depuis tout petit »… qui travaille à Rennes. « Ça chambre beaucoup. Les Rennais, en ce moment, on leur dit qu’on les voit dans le rétro… » Allusion au classement de la Ligue 1 dans lequel le FCN devance le Stade Rennais de six places… « Il y a quelques années, on leur avait même donné un rétro en guise de cadeau de fin de saison. » Aurélien, joueur de Soulvache et abonné à la tribune Loire, sera au stade samedi. Il fera une exception. « Oui, car j’habite à dix minutes de l’Ille-et-Vilaine, mais je n’y mets jamais les pieds. » Question de principe… de supporter.

Rennes envieux du passé du FCN ?

Fabienne, habitante de Soulvache et propriétaire du bar-resto « Le relais du Semnon », se sent Nantaise. « On fait partie de la Loire-Atlantique quand même… », insiste-t-elle. De sa fenêtre, à l’horizon, elle aperçoit pourtant l’Ille-et-Vilaine. « À 200 mètres, pas plus ! » Mais hors de question d’avoir un mot gentil pour les Rouge et Noir.

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Catherine, propriétaire du bar « Cath' Café » à Teillay, dans le… 35 (à six bornes de Soulvache), n’a, quant à elle, pas peur d’afficher sa préférence. Un drapeau jaune et vert flotte dans le bar. « Je fais partie des exceptions de la commune, mais je l’assume. » Et la fan des Canaris de se lancer dans un « chambrage » sans limite : « Les Rennais ont tendance à nous dire qu’on se raccroche au passé, mais nous, on en a un ! » Un fan rennais soupire à côté d’elle. « Rennes a l’impression d’être quasiment champion de France quand il bat Nantes. C’est le bonheur de sa saison quand ça arrive. Alors, de temps en temps, Nantes fait du social et fait plaisir à Rennes en perdant… »

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« Avec Rennes-Nantes, ça va être animé. » Michel Dauguet se frotte déjà les mains. Patron du bar « Le Nantais », situé juste avant le pont qui sépare Redon de la Loire-Atlantique, ce Fougerais [habitant de Fougères] d’origine est régulièrement témoin de « chambrages » entre pro-Rouge et Noir et pro-Canaris. Surtout le dimanche, quand son établissement sert de lieu de rassemblement aux joueurs de l’Amical Club Redonnais, l’une des deux équipes de foot de la commune bretillienne. Dans laquelle les cœurs battent davantage pour le SRFC, à l’image des statistiques propres à l’ACR. « L’effectif est partagé en trois : 50 % Stade Rennais, 25 % FC Nantes et 25 % gros clubs qui jouent les Coupes d’Europe », calcule ainsi le président Eddy Guyot.

Respect pour la stabilité nantaise actuelle, vraiment ?

Dans une ambiance bon enfant, les vannes fusent, la dernière en date ayant consisté, pour les Jaune et Vert, à se moquer de la défaite rennaise chez le 18e, Strasbourg, tandis qu’on était « fiers de n’avoir pris que 4-1 à Paris ». Conséquence logique : « Mes collègues fans de Rennes ne sont pas très offensifs en ce moment », se marre l’attaquant Jean-Louis Ruiz, certes né dans la capitale bretonne, mais tombé dans la marmite FCN dès les seventies. « Il y a même une once de respect par rapport à ce que construit Nantes, poursuit Ruiz. Je pense qu’ils nous envient cette stabilité. »

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Il en faudra quand même plus pour que le « Neymar rouge et noir » Flavien Richomme vire un jour sa cuti. « On essaye de ne pas trop parler, vu que c’est un peu la galère actuellement, mais faire profil bas, non, pas du tout ! Je défendrai tout le temps le Stade Rennais, même s’il perd. »