JO 2024: Comment les sportifs comptent se placer dans le comité d’organisation des Jeux

JEUX OLYMPIQUES En première ligne pour défendre la candidature parisienne, les athlètes français comptent bien rester au cœur des réflexions quant à l’organisation des Jeux olympiques…

Nicolas Camus

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Richard Dacoury et Pascal Gentil, au premier plan, lors de la réunion des athlètes à l'Insep pour parler des JO 2024, le 8 novembre 2017.
Richard Dacoury et Pascal Gentil, au premier plan, lors de la réunion des athlètes à l'Insep pour parler des JO 2024, le 8 novembre 2017. — N.C.
  • Les athlètes français ont joué un rôle important dans la victoire de Paris 2024.
  • La réflexion porte désormais sur la nature de leur investissement dans les six années à venir.
  • Certains se verraient bien intégrer le futur Cojo, le comité d’organisation des Jeux olympiques.

La fine fleur du sport français, avec de la médaille olympique au mètre carré. Mercredi après-midi, près de 60 athlètes se sont réunis à l’Insep, sous la direction de Tony Estanguet et Jean-Philippe Gatien, pour échanger sur les JO 2024.

Pascal Gentil, Marie-José Pérec, Brice Guyart, Alain Bernard, Frédérique Jossinet, Virginie Dedieu et plein d’autres étaient là pour le premier rendez-vous de l’après Lima. Le lieu et la nature de l’événement sont tout sauf un hasard. « La priorité est de conserver l’ADN sport pour l’organisation des Jeux, assure Estanguet. C’est ce qui nous a fait gagner. »

«Je veux apporter mes compétences, mes expériences, mes idées» 

Voilà donc les athlètes, largement mis en avant pendant la phase de candidature, confirmés dans leur statut de piliers. Si le thème du jour était de réfléchir sur l’organisation d’opérations de terrain pour mobiliser la population, certains voient déjà plus loin. Ils se verraient bien intégrer le comité des athlètes, et pour une partie d'entre eux, l’objectif est de décrocher une place de salarié dans le futur comité d’organisation des Jeux olympiques (le Cojo), qui sera créé en début d’année 2018.

« On est pas mal à vouloir entrer officiellement dans l’aventure, et on sait qu’il n’y aura pas beaucoup de places », reconnaît Laurent Chambertin. L’ex-volleyeur ne cache pas ses ambitions. « Je veux en faire partie, apporter mes compétences, mes expériences, mes idées », expose-t-il. A quel poste, par exemple ? « Mon métier, aujourd’hui, c’est accompagné les managers en donnant des cours de coaching. Donc pourquoi pas entrer dans l’équipe RH, pour animer l’équipe dédiée à l’organisation et surtout l’imprégner de l’ADN du sport de haut niveau. »

Alain Bernard est candidat, lui aussi. « Je ne vois pas qui n’aimerait pas faire partie de cette équipe qui va construire un événement accueillant le monde », dit le double champion olympique de natation, avant de pousser plus loin sur la nature de l’investissement des sportifs. « On ne pourra pas avoir des Jeux réussis avec 100 % de bénévoles. A un moment, il faut être reconnu pour son travail, avoir de vraies missions avec de vrais objectifs, des échéances et des budgets à tenir. »

Ça tombe bien, Tony Estanguet est disposé à leur donner des responsabilités, « dans la communication, l’organisation des épreuves, les relations avec les athlètes étrangers ou les partenaires économiques », énumère-t-il. L’heure n’est pas encore au dépôt des CV et des lettres de motivation sur le bureau du patron. Le cadre formel du Cojo n’est pas fixé, et ce dernier, constitué dans un premier temps d’une trentaine de membres, ne verra son effectif réellement gonfler qu’à l’horizon 2019-2020.

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Difficile de se projeter, donc, et puis « on n’est pas là pour défendre sa place », rappelle Bernard. Ça n’empêche pas de mettre une petite pièce dans la machine quand même. « Depuis ma retraite sportive, j’ai pris le temps de graviter autour de la natation, en intervenant sur la construction d’infrastructures, puis en me rapprochant de la FFN. Je pense être légitime. Et puis on a une piscine à construire », glisse l’ex-nageur, sourire en coin. On ne perd jamais vraiment l’esprit compétition.