Badminton: «On m'a déjà dit de crier moins fort», avoue la «guerrière» Audrey Fontaine
INTERVIEW•La Rennaise entre en piste ce mardi aux Internationaux de France…Propos recueillis par Jeremy Goujon
L'essentiel
- Ancienne sociétaire du club de Guichen/Bourg-des-Comptes (Ille-et-Vilaine), Audrey Fontaine est l’une des meilleures badistes tricolores.
- Elle fera équipe cette semaine avec Ronan Labar pour le double mixte des Internationaux de France, l’un des «Grand Chelem» de sa discipline.
Médaillée de bronze en double mixte lors des championnats d’Europe de badminton 2017, la Rennaise Audrey Fontaine (25 ans), associée à Ronan Labar, s’attaque cette semaine aux Internationaux de France. L’un des douze plus grands tournois au monde (les « BWF Super Series »), et, de ce fait, l’équivalent « badiste » de Roland-Garros.
Existe-t-il dans votre discipline un joueur ou une joueuse dominant(e) comme Rafael Nadal porte d’Auteuil ?
Pas spécialement, étant donné que le palmarès varie vraiment chaque année. Chez les filles, Carolina Marín est actuellement au-dessus, elle a quasiment tout remporté. Dans le Top 10 mondial, cependant, n’importe qui peut gagner. Après, il y en a un qu’on appelle un peu « le chouchou de Coubertin » [du nom du stade, à Paris, où se déroule l’Open français], à savoir Chou Tien-chen [le Taïwanais, vainqueur en simple en 2014].
Pour quelle raison ?
Il n’était pas du tout attendu lorsqu’il a gagné il y a trois ans. C’est ce qu’il l’a rendu populaire auprès du public, et depuis, je crois qu’il a atteint à chaque fois le dernier carré [finaliste en 2015, quart de finaliste en 2016]. C’est « son » tournoi !
Vous qui vous êtes spécialisée dans les doubles (dames et mixte), vous rapprochez-vous de Caroline Garcia et Kristina Mladenovic, lauréates sur la terre battue en 2016 et réputées pour leur fort caractère ?
Oui, j’en ai un bon également (sourire). C’est ce qui fait, peut-être, qu’on arrive à mieux réussir. Sur le terrain, je suis prête à crier après chaque point, à montrer au niveau de l’attitude que je ne lâche rien. Je revendique ainsi un esprit guerrier. Ça ne m’a jamais causé de soucis, mais c’est vrai qu’on m’a déjà dit de crier moins fort…
Victorieuse de plusieurs Grand Chelem en duo à un âge « avancé », la Suissesse Martina Hingis (37 ans) est-elle une source d’inspiration pour vous ?
C’est une légende, mais je vais répondre franchement : pas du tout ! Certes, on regarde beaucoup Roland-Garros avec mon copain, plus souvent les tournois de simple d’ailleurs… même si on suit les doubles à partir du dernier carré.
aIl y a Roger Federer et son revers à une main tout aussi mythique. Vous, votre coup favori, c’est plutôt le retour de service sur la bande du filet, c’est ça ?
(Rires) Je ne sais pas où vous avez trouvé ça… Sur le site « Badmania », non ? (Nous confirmons, vidéo « réalisée sans trucage » à l’appui) Donc oui, je me sens bien dans tout ce qui concerne le petit jeu au filet - atypique du double mixte - autrement dit essayer d’être la plus précise possible, être créative, faire des enchaînements… En plus d’y avoir toujours obtenu de bons résultats, c’est l’une des raisons qui m’ont poussée à privilégier cette catégorie [Audrey Fontaine a arrêté le double dames à la suite des Mondiaux de Glasgow, fin août].
Après votre podium européen au Danemark avec Ronan Labar, quel est l’objectif de la semaine parisienne ?
Déjà, on va essayer de retrouver le niveau de jeu qu’on avait là-bas, et on verra ensuite ce qui se passera. Le premier tour ici est assez difficile, on joue des Danois [ce mardi], même si lui [Anders Skaarup Rasmussen], normalement, est plus un joueur de double hommes, et elle [Line Højmark Kjærsfeldt], plus une joueuse de simple. Je la connais bien, puisqu’on se rencontrait souvent chez les jeunes. C’est une joueuse vachement polyvalente (sic), ce qui peut nous poser des problèmes.


















