Fed Cup: Kristina Mladenovic et Caroline Garcia sont-elles vraiment les enfants terribles du tennis féminin ?

TENNIS Après la brouille avec la Fédération française de tennis aux Jeux de Rio, Kristina Mladenovic et Caroline Garcia sont de retour en bleu pour la finale de la Fed Cup, avec leurs caractères toujours aussi forts...

Bruno Poussard avec Alexia Ighirri

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Caroline Garcia et Kristina Mladenovic à Pékin.
Caroline Garcia et Kristina Mladenovic à Pékin. — Ng Han Guan/AP/SIPA

A voir Caroline Garcia et Kristina Mladenovic s’esclaffer avec les membres de l’équipe de France ou faire des dabs en guise présentation lors de la très officielle cérémonie de tirage au sort de la Fed Cup, on a bien du mal à croire que ces deux joueuses ont été au cœur d’une crise cet été.

Après leurs critiques sur « l’incompétence » de la Fédération française de tennis (FFT) —  pour ne pas les avoir prévenues qu’elles ne pouvaient pas jouer habillées de différentes couleurs — consécutives à leur élimination précoce aux Jeux Olympiques de Rio, Caroline Garcia et Kristina Mladenovic sont de retour en bleu pour la finale de la Fed Cup, qui se déroule ce samedi et dimanche à Strasbourg. Suspendues au retour du Brésil, elles ont ensuite bénéficié de la clémence de la FFT.

Et pourtant, cet épisode a laissé des traces. Indélébiles presque, aux yeux des médias et du grand public, tant on entend parler d’elles comme des « pestes », des « chipies ». Mais les deux joueuses le méritent-elles vraiment ?

Oui, elles ont fait une erreur
On avoue, comme beaucoup, on a eu du mal à comprendre les propos tenus à Rio. Mauvaise formulation, mauvais timing : pour beaucoup, les filles ont cherché à se cacher derrière une improbable excuse pour justifier leur élimination. « Je pense qu’il y a eu des éléments de langage déplaisants. Elles en sont conscientes. C’est le problème quand on est exposé. On met l’accent sur la critique. Elles n’auraient pas dû s’exprimer comme ça », reconnaît Denis Naegelen, ancien joueur qui connaît bien les deux filles pour les avoir accueillies aux Internationaux de Strasbourg, tournoi dont il est le directeur.


Oui, elles ont du caractère
Comme elles n’ont pas hésité à vilipender leurs dirigeants — sans regretter le fond de leur propos —, les deux joueuses de 23 ans ne sont pourtant pas du genre à cacher ce qu’elles pensent. C’est le propre de leur fort caractère, une similitude entre les deux Françaises. Et une franchise qui détonne dans le milieu.

Des coups de gueule il y en a eu, et bien avant le couac de Rio. Sur le peu de reconnaissance pour le tennis féminin, par exemple. Et jusqu’au clash, parfois. Avec Alizé Cornet ou Amélie Mauresmo, comme « Kiki » Mladenovic le raconte dans l’Equipe jeudi. « Aux vestiaires, je suis en colère mais ça ne change rien à mon état d’esprit. Je n’ai qu’une envie, c’est montrer que je suis là et que je vais assurer. J’ai peut-être cette assurance mais je l’assume », confie-t-elle.

Parce que, comme dans tous les sports, le caractère peut aussi être utile sur le terrain. Il leur en a fallu pour battre les Pays-Bas au bout du suspens et se qualifier en finale. Ambitieuses et compétitrices dans l’âme, Caroline Garcia et Kristina Mladenovic entendent désormais réaliser leur « rêve », et remporter la prestigieuse compétition.

Mais elles sont investies
Si jamais vous ne l’aviez pas encore compris, l’affaire est classée. C’est ce qui a été répété du côté des Bleues, du staff et de la fédération les jours qui ont précédé cette finale de Fed Cup. « Elles ne viendront pas avec un esprit de revanche, assurait Amélie Mauresmo au moment de la sélection. Je suis persuadée qu’elles n’auront pas l’esprit négatif, mais l’envie de montrer ce qu’elles valent. » La capitaine assure même qu'« en interne, dans le groupe, on n’a jamais rien ressenti ».

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Parce que le duo Garcia-Mladenovic, c’est aussi l’assurance d’un engagement sans faille pour la sélection nationale. C’est d'ailleurs pour cela que ce supporter, qui suit les équipes de France masculine et féminine dans la plupart de leurs compétitions, regrette le traitement réservé aux Françaises : « Contrairement à Benoît Paire, avec qui c’est compliqué depuis longtemps, les filles, elles, s’investissent pour le maillot bleu. Elles sont aussi très proches des supporters. » Et leur implication est d’autant plus appréciable que les deux joueuses représentent aujourd’hui les piliers des Bleues. Pour cette finale déjà, pour l’avenir sans doute encore.