VIDEO. Coupe du monde 2018: La Syrie arrache les barrages à la 92e, le pays uni le temps d'une soirée

FOOTBALL Les Syriens, dont le pays est miné par la guerre depuis 6 ans, peuvent rêver à se rendre en Russie l'été prochain...

N.C. avec AFP

— 

La Syrie s'est qualifiée pour les barrages d'accès à la Coupe du monde 2018, en arrachant le match nul contre l'Iran (2-2), le 5 septembre 2017.
La Syrie s'est qualifiée pour les barrages d'accès à la Coupe du monde 2018, en arrachant le match nul contre l'Iran (2-2), le 5 septembre 2017. — Vahid Salemi/AP/SIPA

Un but qui a tout changé en Syrie, au moins le temps d'une soirée. En guerre depuis six ans, rebelles syriens et partisans du régime ont tous hurlé de joie mardi soir quand Omar Al Soma a égalisé à la 92e minute du match contre l'Iran, permettant à la Syrie de rêver à une participation à la Coupe du monde 2018. Le 2-2 arraché à Téhéran permet en effet aux Syriens de disputer les barrages face à l'Australie, le mois prochain. Un événement qui a déclenché des célébrations rares dans un pays meurtri depuis plus de six ans par une guerre ayant fait plus de 330.000 morts.

Une onde de joie s'est soudain propagée du centre de Damas tenu par le régime du président Bachar al-Assad au bastion rebelle voisin de la Ghouta orientale, en passant par la ville de Binnish située dans la province d'Idleb (nord-ouest), dominée par les jihadistes de Tahrir al-Cham. «Je ne peux pas décrire mon bonheur (...) J'espère que la Syrie va retrouver la paix!, s'exclame Lara Hanna, Syrienne de 35 ans, qui a suivi le match dans un café de la capitale, Damas, avec son mari et sa fille. Aujourd'hui, j'ai célébré à la fois la victoire de la Syrie et l'anniversaire de ma fille.»

>> A lire aussi: VIDEO. Au coeur d'«Une famille syrienne» coincée sous le feu de la guerre

Plus à l'est, dans le bastion rebelle de la Ghouta, un groupe de supporters s'est rassemblé dans une ferme pour regarder le match. «Bien sûr que nous voulions la victoire de l'équipe nationale» même si le pays est divisé entre «opposition et régime», confie Abou Badr, 30 ans.

«L'équipe représente toute la Syrie et nous espérons qu'elle va remporter les matchs de barrage et se qualifier pour le Mondial», ajoute-t-il. «Une qualification représenterait un immense bonheur pour toute la Syrie», poursuit-il.

Le chemin est encore long. Car l'équipe syrienne devra d'abord l'emporter contre l'Australie en octobre en match de barrages, avant un dernier barrage en novembre contre une équipe de la zone Concacaf. Mais pour les partisans du régime Assad comme pour ses opposants les plus féroces, le but de l'égalisation marqué sur le fil sonne comme une promesse de prendre part à la Coupe du monde.

Saeed Ereji, un soldat de l'armée syrienne âgé de 34 ans, vêtu d'un pantalon militaire et du maillot de l'équipe nationale, peine à contenir sa joie. «Nous sommes heureux de la performance de notre équipe en Iran, même si les Iraniens sont nos alliés. C'est le foot et nos joueurs ont donné le meilleur d'eux-mêmes», lance-t-il. L'Iran appuie les forces du régime contre les rebelles.

Tut tut les footeux.
Tut tut les footeux. - LOUAI BESHARA / AFP

Dans la ville de Binnish, contrôlée par des mouvements opposés au régime Assad, Omar Hajj Hamdan, 21 ans, a regardé le match avec ses amis chez un glacier. «Nous sommes très heureux, ce match nul a un goût de victoire, dit-il. Il n'y a pas de liens entre la politique et le sport. C'est faux de dire qu'on ne peut pas soutenir notre équipe nationale parce qu'elle représente le régime.»

«L'équipe nationale joue pour la Syrie, elle n'appartient pas à Bachar», ajoute-t-il en référence au président syrien. Dans le stade Al-Jalaa, à Damas, plus de 3.000 personnes se sont rassemblées mardi soir pour célébrer le résultat, beaucoup arborant les couleurs rouge et blanche de l'équipe nationale et criant «Syrie, Syrie».