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Vendée Globe: La course racontée depuis l'arrière

Vendée Globe: Champagne, musique et entraide... On vous raconte la course vue de l'arrière

VOILELe Vendée Globe, ce n'est pas seulement Alex Thomson et Armel Le Cléac'h...
W.P.

W.P.

Ils filent à toute allure dans les mers du Sud. Alex Thomson et Armel Le Cléac’h se tirent la bourre à l’avant du Vendée Globe pendant que les autres observent. Loin, très loin derrière, à 4.000 milles (6.430 km), c’est une toute autre course qui se joue dans ce que l’on pourrait qualifier de gruppetto. Du profil des skippers aux enjeux de la course en passant par l’ambiance à bord, on vous raconte l’Everest des mers à l’envers… Ou du moins de l’arrière.

Des bizuts et un vieil homme

Commençons par le profil-type du skipper à l’arrière. Il est souvent jeune et/ou inexpérimenté et s’est lancé dans l’aventure Vendée Globe avec un petit budget. C’est le cas d’Alan Roura (23 ans, bizut + petit budget), Sebastien Destremau (bizut + petit budget) et Eric Bellion (bizut).

Heureusement pour les néophytes, un vieil homme possédant à son actif une participation au Vendée Globe, Rich Wilson, s’est infiltré dans le groupe. Asthmatique et plus tout jeune, (66 ans), l’Américain n’a plus les moyens de jouer des coudes avec les gros bras et se contente donc de tracer sa route en donnant des conseils aux jeunes loups. Sympa, le bonhomme.

« Pas venus pour faire de la croisière mais… »

Sans moyens techniques ni vécu en solitaire, il est forcément compliqué de jouer la gagne. L’objectif à l’arrière est donc forcément différent.

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Par exemple, Eric Bellion a pour seul but de « faire le tour du monde », admet son directeur technique Mathieu Hacquebart. « Après, il n’est pas non plus venu pour faire de la croisière, mais il essaye de rester au contact avec les autres pour chercher une certaine émulation. La limite, c’est qu’il n’y va pas pour se faire mal. S’il y a trop de danger, il ne va pas prendre de risque pour gagner des milles », ajoute-t-il. Dix-huitième de la course, Romain Attanasio est dans la même optique d’après sa compagne Sam Davies, 4e du Vendée Globe 2008-09.

« « Il cherche à vivre son rêve. Il apprécie la navigation et essaye de profiter de la course au maximum. » »

Le champagne pour O’Coineen, la sono à fond pour Amedeo et James Bond pour Roura

Qui dit objectifs différents dit ambiance différente. Si les skippers de l’arrière vont évidemment au charbon en cas de coup de vent ou de conditions de course difficile, ils s’adonnent plus facilement à certaines excentricités. Voyez plutôt commentl’Irlandais O’Coineen a fêté le passage de l’Equateur.

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Du côté de Fabrice Amedeo, on sait aussi faire la fête à bord pour garder le moral. Il n’est donc pas rare de le voir mettre la sono à fond au milieu de nulle part. « Fabrice a l’air plutôt détendu, il a l’air vraiment de profiter d’être là. Après ça dépend des mecs », souligne Mathieu Hacquebart.

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Plus calmes, Alan Roura et Eric Bellion sont plus du genre à regarder des films pour se détendre. Le Suisse a d’ailleurs récemment avoué se shooter aux films James Bond. Bonne ambiance.

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Un peloton solidaire pour lutter contre la solitude

Finalement, le plus grand paradoxe du Vendée Globe vu de derrière se situe dans la manière de naviguer. Là où tous essayent de se semer les uns les autres en tête de la course, à l’arrière on se serre les coudes pour ne pas se sentir trop seul à l’heure d’attaquer les mers du Sud, où, comme le précise Sam Davies « il n’y a personne aux alentours à part les skippers ».

On ne se lâche pas dans le Gruppetto
On ne se lâche pas dans le Gruppetto - Vendée Globe

« « Dans le cas de Romain, cette ambiance se matérialise par des échanges par mail avec Rich (Wilson) et Eric (Bellion). Ils se parlent souvent. C’est rassurant pour eux. » »

Même son de cloche chez Mathieu Hacquebart. « Ça communique régulièrement à l’arrière. Conrad O’Coineen a par exemple appelé Kojiro Shiraishi pour dire qu’il était content de naviguer à côté de lui. Evidemment, ils pourraient parler avec leur équipe à terre, mais ce n’est pas pareil. Pour eux c’est mieux de parler avec des mecs qui vivent la même chose qu’eux. ils sont un peu les seuls à pouvoir se comprendre », explique-t-il.

En résumé, le Vendée Globe à l’arrière, c’est un tour du monde pas trop rapide pendant lequel on profite un peu du paysage, regarde beaucoup de films et discute tranquillement avec ses potes. Une course sans escale et en solitaire, mais pas trop.