Vendée Globe: Icebergs, sécurité et géolocalisation... Comment les satellites ont pris une importance dingue dans la course

VOILE Plus de 80 d'entre eux sont affectés au Vendée Globe...

Romain Baheux

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Les satellites ont une grande importance dans ce Vendée Globe.
Les satellites ont une grande importance dans ce Vendée Globe. — AFP/ESA/B.Binet

Devinette : je stationne dans les airs, suis capable de me déplacer très rapidement et influe énormément sur le Vendée Globe. Un nuage ? Raté. Une colonie de mouettes. Non plus. On vous le donne : il s’appelle Sentinel 1, est un brave satellite européen en orbite autour de notre Terre et comme plus de 80 de ses comparses, il est affecté à la plus célèbre course en solitaire du monde.

Voici Sentinel 1.
Voici Sentinel 1. - ESA

Leur mission : alimenter les organisateurs et les équipes des participants de deux grands types de données :

  • la géolocalisation des skippers et leur classement
  • l’emplacement des icebergs dans les mers du Sud, où se trouve actuellement la tête de la course

A Brest, les opérateurs de CLS - le partenaire du Vendée en charge de l’imagerie satellite - tentent d’anticiper la dérive des glaces pour éviter qu’un des concurrents ne joue un remake du Titanic dans le sud de l’Océan Indien. « Nos satellites arrivent à détecter des icebergs de 100 m de long, de nuit et à travers les nuages, explique Vincent Kerbaol, responsable radar et drone. Les plus petits, on n’arrive pas à les capter mais on calcule ensuite la dérive probable des petits morceaux comme en ce moment où beaucoup de concurrents sont en plein dans cette zone. »

Alors, ils sont où les icebergs ?
Alors, ils sont où les icebergs ? - CLS

Et voilà comment le PC course met au point sa Zone d’Exclusion Antarctique, où les skippers ne peuvent pénétrer. « On s’est mis une marge d’erreur pour éviter les collisions avec les growlers (des petits icebergs), raconte Jacques Caraës, directeur de course. S’ils y entrent, ils s’exposent à une pénalité. »

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Et si on se fait pincer, qu’on n’aille pas dire que c’est faux car l’organisation est capable de vous suivre à la trace. Evidemment, les balances sont encore les satellites et la balise GPS présente dans chacun des navires. « Lors du Premier Vendée Globe (en 1989), on avait une marge d’erreur de 100 à 500 m pour localiser un bateau, résume Sophie Besnard, chef de projet Vendée Globe chez CLS. Maintenant, on est à 50 m près. »

Rassurez-vous, les satellites ne servent pas qu’à fliquer les skippers mais aussi à les secourir en cas de besoin. Ainsi, nos marins sont équipés de trois balises à activer en cas d’urgence :

  • une dans la cabine, dont les piles ont l’autonomie nécessaire pour tenir un tour du monde
  • une à garder dans la poche du ciré au cas où l’on tombe dans l’eau, capable de tenir trois ou quatre jours
  • une dans un dispositif pouvant sortir de la coque si le bateau se retourne car les ondes ne passent pas à travers le carbone

« Là, on aurait une précision d’environ 100 m, ce qui serait largement suffisant pour qu’un avion d’assistance repère le navire. » Et on dirait merci le satellite là.