Vendée Globe: Internet, drones, tablettes... En 2016, les skippers sont équipés jusqu'aux dents

VOILE Les skippers du Vendée Globe ont de plus en plus accès aux nouvelles technologies...

W.P.

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Eric Bellion, sur son Comme un seul homme
Eric Bellion, sur son Comme un seul homme — LOIC VENANCE / AFP

C’est sans doute déçu et triste que Tanguy De Lamotte se dirige vers les Sables d’Olonne pour abandonner officiellement le Vendée Globe 2016-2017. Malgré toutes les peines du monde, le skipper d’Initiatives cœur ne quitte pas la course les mains vides. Pour preuve, la semaine dernière il a partagé de belles images de son bateau. Rien de merveilleux, direz-vous, à cela près que celles-ci ont été prises par un drone.

Oui, oui, il y a des drones sur le Vendée Globe. Et plein d’autres outils technologiques de pointe qui incitent les coureurs à se muer en geeks d’un trimestre. Par exemple :

  • Des super connexions Internet
  • Des caméras qui filment en 4k
  • Des pilotes automatiques ultras précis
  • Des tensiomètres pour contrôler les foils
  • Un accès en temps réel à toutes sortes de données de course utiles aux skippers. On peut par exemple aujourd’hui savoir combien de tours de manivelle un navigateur a effectué pour couvrir une distance donnée (mais seulement sur les meilleurs bateaux).

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Les drones, avant tout pour prendre de belles photos

Elle est bien belle l’histoire du drone de Tanguy, mais ça sert à quoi d’avoir un avion miniature sur le VG ? Matthieu Hacquebart, directeur technique du skipper Eric Bellion (Comme un seul homme) nous raconte qu’il était prévu que son protégé en emporte également un dans son bateau « uniquement à des fins de communication, pour prendre des images du bateau ».

Cela dit, un drone peut également être utilisé à des fins de navigation, à condition de le maîtriser parfaitement (ce qui n’était pas le cas d’Eric Bellion, c’est d’ailleurs pour ça qu’il l’a laissé sur la terre ferme).

« On peut par exemple donner comme ordre au drone de se mettre à 60m du bateau sur une trajectoire qui correspondrait au cap que le skipper voudrait prendre et le suivre », explique Hacquebart, qui voit néanmoins une grosse faille dans ce système. « Un drone ne peut pas aller au-delà de 10 nœuds (18,52 km/h). Cela devient vite problématique. » Surtout pour des types comme Alex Thomson naviguant à plus de 20 nœuds…

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Des connexions Internet par satellite qui coûtent la peau des fesses…

Vous l’aurez remarqué, les skippers ont Internet. Et pas qu’un peu. Ils envoient des tonnes de vidéo, des mails et on en passe. Le tout, au beau milieu de nulle part. « Ils ont une connexion satellite. C’est ce que rêvent de faire Facebook et Google », nous explique le directeur technique d’Eric Bellion. Mais la qualité a un prix. La facture Internet du skipper s’élève à 15.000 euros pour ce Vendée Globe.

« On a pris un forfait à 12 gigas d’internet (c’est-à-dire pas beaucoup) payé à l’avance. »

D’autres skippers ont pris des forfaits personnalisés taillés pour leurs envies, encore plus puissants (et donc plus chers). C’est le cas de Tanguy De Lamotte, très porté sur la data et Internet, qui se serait ainsi vu proposer un forfait sur mesure par Geolink Satelites Services.

…mais qui permettent de rester en contact avec la terre ferme

Ancien journaliste, Fabrice Amedeo explique qu’il a « du mal à rompre complètement avec la terre ». Grâce à Internet, il peut checker les applications du Monde, du Figaro et de L’Équipe (et même pas 20 Minutes, snif) qui font partie de ses favoris, en pleine mer grâce à sa tablette.

« De temps en temps, je vais même sur le site de l’organisation de la course pour voir ce qu’ils disent de nous. »

Outre l’aspect ludique, il ne faut pas oublier l’aspect pratique du confort apporté par ces outils technologiques. « Si Eric [Bellion] a une blessure, il n’a qu’à prendre une photo et me l’envoyer pour que je la montre au médecin qui donne ensuite son diagnostic », illustre Matthieu Hacquebart, avant de conclure. « Par contre, on ne peut pas trop faire de consultation par Skype. Dans le meilleur des cas, la connexion est à 128k et on voit flou avec des jolis pixels. Il faudra encore attendre », regrette-t-il.

C’est déjà pas mal. A ce rythme, les skippers du Vendée Globe pourront mater des matchs de Ligue des champions en streaming en 2024.