JO 2016: «Je ne sais pas gérer mes émotions», avoue Brahim Asloum, le commentateur le plus dingue des Jeux

BOXE Le champion olympique de Sydney commentera la finale de Tony Yoka dimanche...

Romain Baheux

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Brahim Asloum se déchaîne pendant la finale d'Estelle Mossely le 19 août 2016.
Brahim Asloum se déchaîne pendant la finale d'Estelle Mossely le 19 août 2016. — Capture d'écran/France TVTV

De notre envoyé spécial à Rio,

Avant les JO de Rio, l’histoire de Brahim Asloum aux Jeux se résumait au boxer blond peroxydé en larmes après son titre olympique à Sydney. Maintenant, ce sera aussi ce consultant de France Télévisions complètement déchaîné. L’homme qui hurle un « JOYEUX ANNIVERSAAAAAAAAAAAAIRE » pour fêter le titre d’Estelle Mossely, 24 ans ce jour-là, raconte, posé contre un mur de la salle de boxe brésilienne, la folie qu’il met dans ses commentaires. Et attention vos oreilles en cas de victoire de Tony Yoka en finale dimanche (20h15).

Vous venez réconforter les Français qui perdent et embrasser les gagnants. Franchement, c’est vous le grand frère de l’équipe ?

Je ne sais pas. Je remplis mon rôle de champion, de vice-président de la fédération française de boxe et d’être humain. Ces boxeurs, je les aime pour de vrai, profondément. Que ce soit après une victoire ou une défaite, c’est important de venir les voir. Quand vous êtes champion, tout le monde vient. Quand vous perdez, tout s’écroule. J’ai vécu ça, j’ai envie de minimiser leur déception et de leur dire ce que je pense.

En tant que consultant, comment travaillez-vous ? Avec des fiches…

(Il coupe). Je n’en ai pas.

Pourquoi ?

Je n’en ai pas besoin. Si j’ai des fiches, c’est que je ne connais pas mon sport. Je vois ce que les gens ne peuvent pas voir, et j’essaie de l’expliquer. Voilà mon rôle.

Bon, comment préparez-vous les combats ?

Sincèrement, je ne me prépare pas. Certes, j’ai du stress parce que j’ai la pression d’être avec eux sur le ring et aussi parce que j’aime mon sport, que je veux intéresser le plus grand nombre de personnes. Je dis ce que je pense, je ne gère pas mes émotions. C’est peut-être ce qu’on apprécie ? Je suis comme ça, c’est ce qui a fait ma force après avoir été champion olympique. Je reste naturel.

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Vous vous revoyez dans cette équipe de France ?

Oui un peu, surtout à travers les performances car je sais ce qu’ils vont vivre après une médaille, d’autant plus quand c’est une en or.

En gros, c’est le Brahim Asloum des JO de Sidney que l’on entend à l’antenne ?

J’ai toujours cette même passion pour l’être humain, peut-être encore plus qu’avant. Avec mon expérience de vie, j’ai appris à mieux le connaître. Et là cette équipe, elle est remarquable dans son tempérament, dans son attitude sur et en dehors du ring. Mes émotions sont guidées par leurs matchs.

Comme quand vous hurlez pour fêter le titre d’Estelle Mossely ?

C’était du spontané. Même si j’avais voulu le faire exprès, je n’aurais pas pu le faire de cette manière. Je n’ai pas fait attention à qui pouvait être ou non devant la télévision, j’ai juste laissé parler mon ressenti. Elle me donne de l’émotion, elle était sur le ring et je voulais qu’elle m’entende.

Vous serez dans quel état si Tony Yoka devient champion olympique ?

Je vous le jure, je ne sais pas. Est-ce que je vais gérer ? Est-ce que je vais lâcher ? Ça va dépendre du combat. S’il ne prend pas de mauvais coups, peut-être que l’euphorie va monter, monter, monter…