JO 2016: Comment Tony Yoka est passé de gamin à golgoth

JEUX OLYMPIQUES C’est qu’il a pris du muscle notre beau bébé…

Journaliste afp

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Il a changé, Tony Yoka.
Il a changé, Tony Yoka. — SIPA/AFP

De notre envoyé spécial à Rio,

« Lui, il ne faut pas l’emmerder. » On tourne la tête. « Lui », c’est Tony Yoka, en tee-shirt-short-claquettes au complexe olympique de boxe, quelques minutes après la médaille d’argent de son pote Sofiane Oumahi. Sous le tissu, les muscles roulent et ses épaules imposantes donnent au champion du monde des poids lourds, qui dispute sa demi-finale vendredi (20h), l’allure d’un taureau. 2 m, 104 kg, la vedette des Bleus est un golgoth, l’un de ceux qu’on laisse passer sans moufter dans la queue au supermarché. Bien plus imposant que le mec battu en huitième de finale à Londres dans cette catégorie. Hein ? On me dit qu’il s’agissait de… Tony Yoka.

Moins tanké en 2012 le Tony
Moins tanké en 2012 le Tony - Ivan Sekretarev/AP/SIPA

« C’était un gamin à l’époque. Il était franchement très loin de sa musculature actuelle », explique le kiné de l’équipe de France de boxe Laurenzo Martinez. « Il devait gagner en densité, poursuit son préparateur physique Mehdi Nichane. Dans la catégorie des super-lourds, tu ne pèses pas grand-chose contre des mecs de 120 kg si tu en fais 94. Le défi était de lui faire gagner de la densité sans qu’il ne perde cette vitesse qui fait sa boxe. »

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Première mission : bosser sur le haut du corps, trop fin pour les standards du milieu, du Français. Derrière les formules évasives du staff des Bleus, on comprend que le Yoka de 2012 n’était pas le plus gros bosseur du monde. « En 2014, il a commencé à savoir pourquoi il venait aux entraînements. Là, il se donne les moyens de ses ambitions, il a gagné en sérieux sur tous les aspects, souligne Mehdi Nichane. Avant, il n’était pas capable de faire six tractions. Maintenant, il vous cale des séries de quinze. »

A Cuba, principal lieu de stage des Bleus lors de la préparation olympique, le jeune homme est particulièrement suivi par Luis Mariano Gonzalez Cosme. L’entraîneur, originaire de l’île castriste, a d’abord privilégié la formation de boxeur de Yoka mais songe maintenant à le rendre plus puissant. « Ça a été un travail quotidien, il s’est beaucoup impliqué, explique-t-il. Il est bien mais je pense qu’il n’a pas encore atteint ses limites dans le secteur. »

« Je vois les progrès, souligne l’intéressé. Je suis dans une catégorie où chaque coup peut faire vraiment mal et j’ai réussi à gagner quelques combats par KO. » Une fierté de golgoth.