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JO 2016: Romain Bardet vous explique pourquoi la course en ligne des Jeux va être magique
CYCLISME•Et si la première médaille nous venait du récent dauphin du Tour de France ?...B.V.
De l’un de nos envoyés spéciaux à Rio,
Bon sang, ça fait bien longtemps qu’une équipe de France de cyclisme n’a pas eu une aussi bonne gueule. Même avec le forfait de Thibaut Pinot et l’absence de Tony Gallopin, les quatre Bleus de la course en ligne des JO ont tous une chance pour jouer la médaille sur un parcours plutôt montagneux. Particulièrement Romain Bardet, récent deuxième du Tour de France, et Julian Alaphilippe, qui ont dans les jambes de quoi offrir ce qui pourrait être la première médaille de ces JO à la France (samedi vers 21h). Ou au pire, une course vraiment sympa. D’ailleurs, on laisse le grimpeur de l’AG2R vous expliquer pourquoi ça va être la course de l’année.
1. Parce que le parcours est excitant et très sélectif
Oubliez l’immonde course toute plate des JO de Londres, Rio est une affaire de grimpeur/puncheurs. Avec trois ascensions dans le circuit final de la côte de Canos Vista Chinesa (9km à 6,2 % de moyenne, avec un passage à 20 %), la sélection va se faire sérieusement. Et maman, ce panorama sur toute la baie de Rio…
« Bardet « C’est une côte très dure, dont la première partie est très difficile. Comme on dit dans le vélo, ça va être une envolée de moineaux au dernier tour si on arrive dessus avec beaucoup de vitesse ». »
2. Parce qu’il y a un plateau de dingue mais des petites équipes
Froome, Nibali, Valverde, Rodriguez, Dan Martin, Mollema, Uran, Van Avermaet, Gilbert, Poels… Les meilleurs grimpeurs et puncheurs sont (presque) tous là. Mais attention, seulement par équipes de 5 ou 4 coureurs, au lieu de 8 habituellement. Autant dire que ça promet une course beaucoup plus fofolle et difficilement contrôlables par les « grosses nations ».
« Bardet : « Avec des équipes de 4 ou 5 coureurs ça va être une course intéressante. La clé de la réussite de cette course, et pas seulement pour nous, va être cette capacité à se sacrifier et à faire abstraction des ambitions personnelles pour qu’il y en ait un seul qui monte sur le podium. » »
3. Parce que les Bleus peuvent viser (au moins) une médaille…
Entre Romain Bardet, Julian Alaphilippe, Alexis Vuillermoz et Warren Barguil, franchement, ça peut le faire. Le premier si la course se gagne entre purs grimpeurs, le deuxième si petit groupe arrive au sprint, le troisième si ça se joue entre puncheurs et le quatrième si la course ressemble à une vraie étape de montagne.
« Bardet : « Il n’y aura pas forcément de leader désigné. Ce serait une erreur car on a tous des qualités différentes : moi, mon rôle c’est d’être à la bagarre dans la dernière bosse avec les meilleurs et essayer de faire la sélection. Mais je n’ai pas la garantie de basculer à 1, 2 ou 3 en haut et de faire médaille. Alors derrière il y a Julian qui est très rapide, Alexis qui a beaucoup de punch, Warren qui est très endurant. On ne va pas partir avec un schéma trop clair et je nous fais confiance pour nous adapter en fonction de la course et des sensations physiques. » »
4. Et parce qu’ils veulent « dynamiter la course »
Si les Bleus (et particulièrement Bardet) veulent avoir une chance, il va falloir que ça bouge assez vite, assez tôt, de manière à éliminer les puncheurs. Autant dire que nos Bleus risquent de mettre du rythme.
« Bardet : « On fait partie de ces équipes où il y a interdiction de rater cette échappée. On est une équipe de quatre coureurs d’une valeur proche pour qui des chances de médailles sont possibles, contrairement à certaines équipes qui ont fait le choix d’amener des coéquipiers pour cadenasser la course. Nous on doit privilégier le mouvement. Des équipes comme nous, l’Italie ou la Colombie vont vouloir dynamiter d’assez loin, comme moi ils ont besoin que ça s’emballe assez tôt. Si on a une course d’attente je suis pas sûr de pouvoir sortir des mecs comme Gilbert, Van Avermaet, dans la dernière montée… » »
5. Parce que la dernière descente pourrait être « un carnage »
Les Mondiaux 2014, Froome et Bardet au dernier Tour de France, Mollema le week-end dernier à la Klasika San Sebastian… de plus en plus de courses se jouent désormais dans les descentes. Et celle de la Canos Vista Chinesa pourrait aussi faire la différence.
« « Elle est très très dangereuse. Là on n’a pas le droit à l’erreur sinon ça peut être un carnage, même au niveau des rails de sécurité. Ce sont des routes assez atypiques avec des bas-côtés pas du tout aménagés. Tout manque de lucidité se paiera. Le revêtement a été refait, donc on aura encore plus de vitesse, ce sera spectaculaire. » »


















