Wiltord règle ses comptes avec Aulas

FOOTBALL L'attaquant qui vient de quitter Lyon pour Rennes revient sur son départ agité et charge le président de l'OL...

S.A (d'après L'équipe)

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Les problèmes s'accumulent pour l'attaquant international Sylvain Wiltord, engagé dans une procédure disciplinaire avec son club, l'Olympique lyonnais (L1), et traîné devant les tribunaux par une ancienne collaboratrice qui lui réclame des indemnités de licenciement.
Les problèmes s'accumulent pour l'attaquant international Sylvain Wiltord, engagé dans une procédure disciplinaire avec son club, l'Olympique lyonnais (L1), et traîné devant les tribunaux par une ancienne collaboratrice qui lui réclame des indemnités de licenciement. — Franck Fife AFP/Archives

Sylvain Wiltord balance tout. Dans un entretien accordé au journal «L'Equipe», le nouvel attaquant rennais raconte sa vérité sur les conditions pénibles de son départ de l'Olympique lyonnais, consacrant l'essentiel de ses critiques au président Jean-Michel Aulas. Morceaux choisis.

Son départ de Lyon
Ce que reproche le champion d'Europe 2000 à son désormais ancien club, c'est son absence de clarté et de sincérité. «Lyon a beaucoup parlé, trop parlé, m'a manqué de respect. Tout aurait pu être si simple. Il suffisait de me prendre en tête à tête et de me dire: "Sylvain, on va recruter des joueurs, il vaut mieux qu tu partes". Ils m'ont pris pour un gamin et ont très mal agi en faisant de vieilles manipulations qui m'ont fait rire mais m'ont aussi touché».

En résumé, Wiltord dénonce aussi la gestion à la petite semaine de son transfert: «Lyon a préféré faire les chose à l'envers et a composé avec les événements. A un moment, on a voulu que je reste car il n'y avait pas assez d'attaquants».

Un costard pour l'hiver à Aulas
Last but not least, le passage de l'entretien concernant le président de l'OL Jean-Michel Aulas : «Il est allé trop loin. Aulas, de temps en temps, il devrait avoir un peu d'humilité. il n'est pas obliger de tout le temps parler quand il voit un micro. Il aurait mieux fait de me parler à moi pour régler les problèmes. Il a été ridicule et aurait du se taire».

Son nouveau défi
Wiltord l'assure, il n'est pas question d’argent. «Si je ne pensais qu'à l'argent, j'aurais sauté sur la première offre et je serais allé tranquillement me dorer la pilule au Qatar». Déclarant avoir «accepté une baisse de salaire» pour retrouver la Bretagne qui l'avait formé et vu débuter. Et de remercier «le PSG, l'OM ou Lens de (l')avoir contacté. Ça fait plaisir à 33 ans de se savoir désiré. Ça m'a surtout donné envie de partir de Lyon».

La soirée du 16 avril
Ah, cette fameuse «party» dont il a été l'organisateur et qui a impliqué huit joueurs de l'OL jusqu'au bout de la nuit... Wiltord assume: «Je plaide coupable. Mais ils savaient très bien que je n'étais pas seul, qu'on était une équipe. Ils ont voulu que je sois le bouc émissaire». Pas Calimero non plus, il avoue: «franchement, un an plus tôt à Paris, dans les mêmes circonstances (Lyon déjà champion), on mangeait des Mc Do à 5 heures du matin avec le coach et ça ne nous avait pas empêché de gagner au Parc».

Selon lui, il doit alors son maintien dans le groupe à la solidarité de ses coéquipiers. «Les joueurs sont montés au créneau pour que je ne sois pas licencié. Et je n'ai pris, grâce à eux, que deux jours de mise à pied, avec une amende collective».

La visite des policiers à l'entraînement pour ses histoires de permis de conduire
Là encore, Wiltord ne se démonte pas et accuse. «Encore une fois, je suis responsable. C'est à moi d'aller chercher mes lettres recommandées; de me présenter aux convocations de la justice. Mais l'affaire aurait pu être réglée discrètement, puisque Lyon tient à son image. Il y a des coïncidences bizarres».

Sa maladie diplomatique
Pas de langue de bois non plus sur sa prétendue otite, pour ne pas aller au tournoi de la Secte Moon en Corée, il y a trois semaines. «Je n'avais pas d'otite. Mais j'avais mal au ventre à force d'être sur les nerfs. Vraiment, ça me tirait».

Son problème avec Fred
Wiltord serait sorti, ou aurait essayé de sortir avec la femme de l'attaquant brésilien. Wiltord nie en bloc et critique à nouveau le club. «Ça me fait chier cette affaire. Je me marrais tous les jours avec Fred. Il n'y a aucun problème. Fred, je peux le regarder dans les yeux, comme tous les joueurs de Lyon. Fred a voulu partir, il a foutu le bordel par rapport à ses problèmes financiers. Lyon n'a fait aucun démenti. Là encore, cette rumeur arrangeait bien Lyon, qui a été content de faire de Wiltord le vilain petit canard».

Bonus spéciaux
Pour finir, un aphorisme qui fait tellement plaisir à entendre: «En Ligue 1, il y a 300 footballeurs, et il y en a 250 qui boivent des coups après les matchs». Et une bonne blague: «Je ne bois pas d'alcool». Continue Sylvain, t'es le meilleur...

La réponse d'Aulas
Le président de l'OL explique avoir «signé avec Wiltord une clause pénale de confidentialité. Il s'est exprimé. Cela relève de sa propre responsabilité». Révélant au passage que l'attaquant international leur avait dit «qu'il n'irait jamais à Rennes et que son choix était de s'engager au PSG», il livre sa propre version du transfert. «L'affaire a traîné car il a changé d'avis, car il a souhaité obtenir des choses qui ne sont pas de notre ressort ni de notre éthique». On se demande bien ce qui n'est pas de l'éthique d'Aulas. Et le nouveau chef du G14 de conclure: «Il n'y a plus rien à dire, car les deux parties se sont interdits de tout commentaire».