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«C’est bizarre mais par rapport à avant, je respire», raconte Kévin Anin, aujourd'hui paraplégique

«C’est bizarre mais par rapport à avant, je respire», raconte Kévin Anin, aujourd'hui paraplégique

FOOTBALLL'ancien joueur, victime d'un grave accident de la route en 2013, est aujourd'hui plus apaisé que lorsqu'il était professionnel...
Nicolas Camus

N.C.

C’est le genre de propos qui font réfléchir. Paraplégique depuis un accident de voiture en juin 2013, Kévin Anin a donné une très belle interview à L’Equipe (édition abonnés) mercredi. Sa nouvelle vie, ses angoisses passées, ses jeunes années de footballeur, l’ancien joueur du Havre, de Sochaux et de Nice raconte comment il voit désormais les choses du point de vue de quelqu’un qui ne peut plus marcher. Et alors qu’il n’était jamais très loin de la dépression lorsqu’il pouvait gambader sur un terrain, il semble aujourd’hui, paradoxalement, beaucoup plus serein.

« Il me manque juste un petit truc, mais, de toute façon, cela a toujours été le cas. C’est le propre de l’homme, il en veut toujours plus. J’ai tout ce qu’il faut, je ne marche pas, c’est tout, dit-il avec recul. C’est bizarre mais par rapport à avant, je respire. Si j’avais aujourd’hui mes jambes, si je jouais encore au foot, peut-être serais-je devenu fou ! »

« Quand je repense aux périodes où j’étais moins bien, je me dis que c’étaient des broutilles »

Dans la même veine, il assure n’en vouloir à personne. Même pas au chauffeur de la voiture dans laquelle il se trouvait, avec deux autres amis et son cousin. « Je me dis que c’est comme ça, c’est le destin. On ne peut pas revenir en arrière. Tous les jours, on passe à côté de trucs comme ça et on ne le sait pas, estime-t-il. C’est une leçon de vie qui rappelle qu’on n’est rien, que cela n’arrive pas qu’aux autres. »

Il se rend toutefois compte, aujourd’hui, qu’il n’a pas assez profité lorsqu’il était un joueur professionnel. Talentueux, Kévin Anin n’a jamais réussi à s’exprimer complètement. « Mon potentiel, en toute humilité, était énorme et je m’en rends compte maintenant. J’aimerais bien me frotter de nouveau au football professionnel. Et quand je repense aux périodes où j’étais moins bien, je me dis que, en fait, c’étaient des broutilles. Les croisés, par exemple, je pensais que c’était la blessure la plus grave pour un footballeur. » Pas exactement.