Racing: Jacky Lorenzetti remet ses joueurs à leur place et dénonce une «démobilisation générale»

RUGBY Le président du Racing en veut à ses joueurs...

N.C. avec AFP

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Jacky Lorenzetti, le président du Racing Métro, le 16 août 2014.
Jacky Lorenzetti, le président du Racing Métro, le 16 août 2014. — RODRIGUEZ PASCAL/SIPA

La défaite, dimanche, contre le Stade Français (19-28), a été celle de trop. Le président du Racing-Métro Jacky Lorenzetti s'est demandé mardi s'il avait «bien fait de donner tout le confort matériel, financier et affectif» à ses joueurs, dont il dénonce la «démobilisation générale».

Est-ce la plus grosse crise depuis que vous êtes président du Racing?

Je récuse le mot crise. Disons que c'est vraiment la défaite la plus douloureuse qu'on ait eue à subir. On s'imaginait qu'on pouvait asseoir une hégémonie entre guillemets parisienne, on a été prétentieux et le rugby nous a rappelés à l'humilité. On a perdu, on est maintenant dans la position du chassé après avoir été chasseur. On va essayer de s'en sortir.

Cette défaite est-elle d'autant plus douloureuse qu'elle a été concédée face au Stade Français?

Bien sûr. Et il y a déjà la façon dont on a perdu à l'aller [19-23 le 11 octobre]: c'était une victoire qu'on ne nous avait pas donnée. Mais là il n'y a aucune circonstance atténuante : on a été mauvais, on n'a pas fait notre boulot, moi y compris. Je me mets dans les responsables comme les coaches, les médecins et les joueurs. Mais la vérité est toujours sur le terrain. Les circonstances sont très, très aggravantes.

En quoi êtes-vous responsable?

Le rugby est un sport de combat. Ai-je bien fait de donner tout le confort matériel, financier et affectif aux joueurs? Ici on les entoure, on les cajole, on les assiste, on les borde... La vie est très facile. Est-ce que le rugby ne doit pas nous rappeler, dans certaines circonstances ou actions, au minimalisme? Je me rappelle de ma première déception à Limoges (défaite en finale d'accession de Pro D2, en 2008). En face, Mont-de-Marsan nous avait mis le glas avant le match dans le vestiaire, était sorti s'entraîner en treillis militaire... C'est du combat! Peut-il se marier avec une certaine part d'aisance? Je n'ai pas tranché.

Cela vous amène-t-il à envisager des changements en vue de la saison prochaine?

Non parce que j'ai toujours confiance. J'adore nos joueurs, ce sont de grands sportifs. Là, il s'est passé quelque chose, une démobilisation générale. A nous de retrouver les mots. On ne va pas faire la révolution, pas tout démolir. Pour le moment, la bonne solution est de toujours leur donner le maximum de confort pour qu'ils puissent s'exprimer. Mais à eux de prendre conscience de la situation.

Même en cas de non-qualification en phase finale et pour la prochaine Coupe d'Europe?

Pour le moment, je refuse d'envisager une telle éventualité, qui serait une première. Peut-être qu'inconsciemment on souffre toujours de cette élimination à la dernière seconde (contre les Saracens le 5 avril), mais maintenant il faut qu'ils (les joueurs) referment la plaie. Les grandes équipes n'ont pas seulement des muscles mais aussi de la cervelle : il faut aussi qu'on progresse à ce niveau-là.

Le Racing n'est donc pas encore une grande équipe?

On continue de grandir. J'en parlais avec les coaches tout à l'heure: dimanche sur la feuille de match, il y avait 12 joueurs (du Racing) qui prétendent à être champions monde (dans cinq mois). Or avec un tel comportement, on se demande comment ils vont l'être...