Dakar 2015: Le nouveau défi de Cyril Despres, en mode auto

PREMIERE Quintuple vainqueur du Dakar en moto, le Français Cyril Despres se lance pour la première fois dans l'aventure en auto cette année...

Nicolas Camus

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Le Français Cyril Despres à bord de sa Peugeot, avant le départ du Dakar, le 2 janvier 2015.
Le Français Cyril Despres à bord de sa Peugeot, avant le départ du Dakar, le 2 janvier 2015. — FRANCK FIFE / AFP

De notre envoyé spécial à Buenos Aires (Argentine)

Il appelle ça sa «troisième naissance». Après sa venue au monde, il y a 40 ans, et sa découverte du Dakar en moto, qui l’a fait roi de la catégorie avec cinq victoires (2005, 2007, 2010, 2012, 2013), Cyril Despres débarque cette année en Argentine dans une nouvelle peau: celle d’un pilote auto. Comme Stéphane Peterhansel avant lui, notamment, le Français a décidé de faire le grand saut pour savoir quelles sensations cela procure d’avaler des dunes avec deux roues de plus à son véhicule.

S’il espère sûrement connaître la même réussite que son nouveau coéquipier chez Peugeot (cinq victoires en auto après ses six succès en moto), Despres n’en est pas encore là. «Le seul match que je vais livrer, c’est contre moi-même, annonce-t-il avant le grand départ, ce dimanche. Mon objectif est d’apprendre, de découvrir. Est-ce qu’un piège en moto en est aussi un en voiture, est-ce qu’on passe les dunes de la même façon? Je démarre vraiment de zéro.»

Un copilote qui, lui, a beaucoup d'expérience

Pour l’aider dans sa tâche, le novice pourra toutefois compter sur un copilote d’expérience. Gilles Picard, 55 ans, a écumé le sable africain puis sud-américain aux côtés d’Ari Vatanen, Hubert Auriol, Jean-Pierre Fontenay et Luc Alphand. De quoi apprendre à son nouveau protégé les bons réflexes quand on est assis dans un baquet. «Il a encore des habitudes de motard, notamment dans les parties cassantes. A moto, souvent, on roule moins vite qu’en voiture. Il y a des endroits lors des tests où il était trop lent. Il ne se rendait pas compte du potentiel de franchissement de la voiture», explique-t-il.

Pour se préparer, les deux hommes ont beaucoup roulé ensemble, au Maroc, même s’ils auraient aimé arriver à Buenos Aires avec un peu plus de vécu commun. «De toute façon, on ne fait jamais assez de kilomètres avec quelqu’un avant une course comme celle-là, relativise Picard. Mais Cyril a tout de même une bonne vision du terrain, ça facilite les choses. Il est très appliqué, il pose beaucoup de questions. On se sent prêts.»

Le pilote, lui, semble apprécier le fait d’être débarrassé, au moins pour cette fois, de la pression du statut de favori. «Depuis 10 ans, j’arrivais ici pour partir à la guerre. Là, c’est ma toute première compétition en auto. Je n’ai qu’à découvrir, ça fait du bien aussi. Je pense que de tous les concurrents, celui qui a le plus envie d’être dans la première spéciale, c’est moi, et de loin!» Comme un gamin qui découvre, à nouveau, le Dakar.