Mondial 2014: Pour Ousmane Dabo, «l’Italie a le meilleur milieu de terrain du monde»
INTERVIEW•La Squadra Azzurra sera l’un des outsiders au Brésil…Propos recueillis par Romain Baheux
Le vice-champion d’Europe entre en scène. Placé dans un groupe relevé avec l’Uruguay, l’Angleterre et le Costa Rica, l’Italie lance son Mondial dans la nuit de samedi à dimanche contre les équipiers de Wayne Rooney (0h). Pour avoir passé la majorité de sa carrière de l’autre côté des Alpes, l’ancien international français Ousmane Dabo voit la Squadra Azzurra aller très loin dans la compétition.
L’Italie affiche un visage plus offensif que le veut la tradition. Comment l’expliquer?
Ils jouent de la manière dont leur sélectionneur Cesare Prandelli a toujours fait évoluer ses équipes, notamment lors de son passage à la Fiorentina. Ils ont des joueurs très techniques au milieu de terrain comme Pirlo, Thiago Motta, Marchisio, Verratti… Pour moi, l’Italie a le meilleur milieu de terrain du monde. Ils veulent avoir la maîtrise du ballon mais ils ne font pas de la possession à outrance comme l’Espagne, ils cherchent vite la passe qui fera avancer l’équipe.
Quel est le rapport des Italiens avec leur sélection?
Là-bas, les gens sont plus attachés à leur club qu’à l’équipe nationale. En Italie, si l’Inter Milan affronte le Real Madrid, tu peux être sûr que beaucoup vont soutenir le Real. Il y a plus de solidarité en France. Bon, ils savent quand même fêter les victoires de la sélection comme en 2006 quand ils ont été champions du monde contre la France. Ça m’avait valu de me faire bien chambrer.
L’opinion publique voit-elle l’Italie aller loin?
Bizarrement, non. Les gens sont pessimistes, ils pensent que l’équipe dépend trop de Mario Balotelli et de ses humeurs. Je suis bien plus optimiste, je les vois aller loin. Il y a ce très bon milieu de terrain mais aussi un joueur comme Gianluigi Buffon dans le but.
Vous avez évolué contre Mario Balotelli, comment pourriez-vous le décrire?
C’était déjà un surdoué. Il a des qualités que l’on ne peut pas remettre en cause mais il lui manque de la constance. Quand on le voit jouer, on a toujours l’impression qu’il peut faire plus. Je pense qu’il a encore une énorme marge de progression.
Le championnat italien a perdu de son niveau, comment l’expliquer?
Ils ont raté le tournant de la modernisation des stades et se sont fait doubler par l’Espagne et l’Angleterre. Quand j’y jouais, les meilleurs joueurs du monde évoluaient là-bas mais ça a bien changé.


















