Mondial 2014: Ribéry, Varane, Cabaye, Debuchy... Quatre Bleus racontés par leurs anciens professeurs

FOOTBALL Quatre profs racontent leurs cours faciles ou plus compliqués avec ces joueurs...

François Launay
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L'équipe de France lors du match France-Ukraine.
L'équipe de France lors du match France-Ukraine. — J.GUY/SIPA

Avant de s’envoler pour le Brésil lundi, quatre joueurs de l’Equipe de France vont faire le plein de souvenirs. En retrouvant Lille pour le dernier match de préparation du Mondial dimanche face à la Jamaïque, Franck Ribéry, Raphaël Varane, Mathieu Debuchy et Yohan Cabaye vont aussi faire un retour vers le passé. Une époque où ces stars n’étaient que des écoliers ou des collégiens comme les autres comme le rappellent leurs anciens professeurs.

Farid Ahmed, professeur de maths de Raphaël Varane au collège Saint-Exupéry d’Hellemmes (2005-2006): «J’ai eu Raphaël en classe de sixième. C’était un élève très posé et très bien éduqué. Il était excellent en termes de discipline mais aussi au niveau des résultats où il avait entre 17 et 18 de moyenne. Il faisait partie de la tête de classe. C’est un élève qui m’a laissé une très bonne image. Il n’a pas changé malgré son évolution. Sa sœur était au collège jusqu’à l’année dernière. A chaque fois que je lui disais de passer le bonjour à son frère, elle me retransmettait ses amitiés à chaque fois. Il m’a aussi donné un maillot du Real. Depuis quelques années, je dis à mes élèves et notamment ceux des classes difficiles que je l’ai eu en classe et qu’on peut donc réussir en venant d’un petit collège de quartier. Ça leur laisse beaucoup d’espoir»

Bertrand Leroy, professeur de technologie de Mathieu Debuchy au collège Théodore Monod de Lesquin (1997-1998):  «Je garde un excellent souvenir de Mathieu Debuchy que j’ai eu en classe de cinquième. Je me souviens d’un petit blond toujours souriant. Il était extrêmement gentil, agréable et bon élève. Ce n’était pas un meneur, il suivait les cours sagement sans être bruyant ni bavard. Il était aussi très respectueux et ne refusait pas la discussion. Je me souviens qu’il était très motivé pour le foot. Quand en fin d’année, il était venu me voir pour dire qu’il quittait le collège pour rejoindre le centre de formation du Losc, je lui avais dit de faire très attention car les carrières dans le foot étaient très aléatoires. Je vois qu’il a suivi mon conseil (rires). Je ne l’ai pas revu depuis mais c’est une fierté de l’avoir eu en cours. Je me souviens d’ailleurs d’un prof de sport du collège, aujourd’hui à la retraite, qui n’arrêtait pas de dire fièrement: «On a eu Mathieu Debuchy en cours!».

Marika Brunet, professeur d’anglais de Franck Ribéry au collège Carnot de Lille (1996-1997): «J’ai eu Franck Ribéry en classe de sixième et je me souviens d’un élève très renfermé. Quand mes collègues me demandent comment il était en classe, je leur réponds toujours que c’était un ours: la tête baissée, les mains dans les poches et assis sur une table tout seul au fond de la classe. Il n’avait pas envie d’être là et d’ailleurs il le disait ouvertement. Il n’était pas perturbateur du tout mais il ne fallait pas l’ennuyer. Il avait une réputation de petite frappe et personne ne s’y frottait. En terme de résultats, c’était une catastrophe. Quand je réussissais à lui faire répéter un mot dans le cours, c’était un exploit. D’ailleurs, quand j’entends dire qu’il parle désormais allemand couramment, ça me surprend beaucoup (rires). Il avait un grand manque d’envie et me rendait souvent copie blanche lors des DS (devoir surveillé). Je suis un peu surprise par son évolution car il était tellement en marge de la classe que je n’aurais jamais cru qu’il puisse s’intégrer dans un groupe».

Laurence Caenen, institutrice de Yohan Cabaye au cours Notre Dame Immaculée de Tourcoing (1995-1996): «J’ai eu Yohan Cabaye en classe de CM1. C’était un élève travailleur et consciencieux issu d’une famille très agréable et respectueuse du corps enseignant ce qui est de moins en moins le cas aujourd’hui. Il avait de très bons résultats. Mais une chose est sûre, s’il en est arrivé là aujourd’hui, ce n’est sans doute pas grâce à mes cours de sport (rires). Je l’ai revu il y a deux ans et il n’a pas changé. On avait vraiment discuté et, vu que je ne m’intéresse pas au foot, j’ai vraiment parlé avec Yohan Cabaye, l’ancien élève. Quand je dis à mes élèves que je l’ai eu en cours, ils veulent tous savoir où il était assis. Et quand je leur montre la chaise, l’élève assis à sa place ne se sent plus (rires)».