Liste des Bleus au Brésil: Didier Deschamps, une question de logique

FOOTBALL Le sélectionneur de l'équipe de France a dévoilé une liste sans surprise pour la Coupe du monde...

Bertrand Volpilhac

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Didier Deschamps le 13 mai 2014 à Paris.
Didier Deschamps le 13 mai 2014 à Paris. — FRANCK FIFE / AFP

Généralement, à la veille d’une grande compétition, les débats sur la liste des joueurs sélectionnés animent la vaste majorité des pauses-café. Mais cette année, peu de chances que les macchiatos deux sucres soient particulièrement accompagnés de discussions foot. La «faute» au sélectionneur Didier Deschamps et à sa liste terriblement logique, sans la moindre surprise de dernière minute façon Ribéry en 2006 (voir plus bas). Lui qui se définit volontiers comme «pragmatique» a résolu de la manière la plus simple l’équation qui lui était offerte en faisant l’addition de toutes les leçons tirées de son passé de joueur et de son mandat à la tête des Bleus.

>> Les 30 de Deschamps en images, c’est par ici

D’abord en décidant de ne sélectionner que 23 joueurs et d’en mettre sept autres sur une liste de réservistes (au lieu de 30 sans distinction). Histoire d’éviter les adieux déchirants dont il avait été témoin en 1998. «J’ai toujours été convaincu au fond de moi que la logique humaine est de faire les 23, justifie-t-il. Ce n’est peut-être pas la meilleure des solutions, mais c’est la moins mauvaise, ça permet d’avoir 23 joueurs concernés.»

Abidal et Nasri en victimes, Griezmann et Digne en gagnants

Ensuite en évinçant définitivement les «victimes» des matchs de barrages face à l’Ukraine, en novembre dernier. Exit Eric Abidal, «dont la forme n’est pas à la hauteur de celle du début de saison», et surtout Samir Nasri, «dont les performances en équipe de France ne valent pas celles avec son club de Manchester City». Et ne lui permettraient au mieux qu’un statut de doublure, que Deschamps ne préfère pas lui donner pour préserver la qualité de vie dans l’effectif: «Il l’a dit lui-même, il n’est pas content quand il est remplaçant. Ça se sent et ça se ressent dans le groupe.»

Et c’est aussi dans cette optique que le sélectionneur a choisi, au-delà de ses indiscutables cadres, la base des joueurs qui lui a permis de se qualifier pour le Brésil. Si les Clément Grenier, Moussa Sissoko, Mickäel Landreau, Rio Mavuba ou Loïc Rémy ne sont pas incontestables sur la forme du moment, ils ont donné durant la phase éliminatoire suffisamment de garanties (plus comportementales que sportives) pour faire partie des élus. Tout comme Eliaquim Mangala, Lucas Digne et Antoine Griezmann, convaincants lors du match amical des Bleus face aux Pays-Bas en mars (2-0) et derniers conviés à la fête. Et toujours dans la plus grande des logiques.