Demi-finale de Top 14: Le Racing Métro entre dans la cour des grands

RUGBY Le club est passé de 2 millions de budget en 2006 à 22 millions aujourd’hui…

Soufiane Naaimi

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Le président du Racing-Métro Jacky Lorenzetti se félicite dans un entretien à l'AFP de la "résurrection" de son équipe qui, après un hiver difficile, se retrouve en position de virtuel qualifié pour la phase finale du Top 14, "là où il devait être depuis le début".
Le président du Racing-Métro Jacky Lorenzetti se félicite dans un entretien à l'AFP de la "résurrection" de son équipe qui, après un hiver difficile, se retrouve en position de virtuel qualifié pour la phase finale du Top 14, "là où il devait être depuis le début". — Jean-Sebastien Evrard AFP

La demi-finale Toulon-Racing Métro 92, vendredi, a des allures de guerres des étoiles. Pour le club francilien, battre le champion d’Europe en titre serait un exploit. «On est conscient d’affronter en demi-finale l’équipe universelle, l’équipe du monde, avec sa galaxie de très grands joueurs. On joue le Top 14, eux jouent la Coupe de l’univers. Le terme outsider nous convient», ironise Jacky Lorenzetti, le président du RM. Une manière d’enlever la pression qui pèse sur ses joueurs.

Pourtant, dans la tête de l’ancien propriétaire de la société immobilière Foncia, l’objectif du club, c’est le titre. «Jacky avait déjà tout prévu lorsqu’il est arrivé à la tête du club. Il a appliqué ce qu’il savait du monde des affaires tout en l’adaptant au monde du rugby», analyse Eric Blanc, ancien manager du Racing.

«Un des meilleurs centres de formation d’Europe»

C’est justement ce point qui caractérise la présidence de Jacky Lorenzetti, un homme issu du monde des affaires et qui s’est parfaitement fondu dans le monde de l’ovalie pour faire du Racing un club ambitieux de Top 14. «Il a une vision du rugby très nouvelle, c’est un homme qui a réussi dans l’immobilier avant de se lancer dans le rugby», constate Eric Blanc, ancien joueur ciel et blanc.

Sa volonté n’est pas de renflouer sans cesse les caisses du club. Très vite après son arrivée en 2006, l’entité s’est dotée d’un centre de formation de qualité. «Le Racing possède l’un des centres les plus perfectionnés et modernes de Top 14, voire d’Europe», affirme Thomas Lombard. Pour Jacky Lorenzetti, il fallait commencer par ça avant de prétendre à un statut plus élevé: «On a construit des bases solides. Mon ambition c’est de s’inscrire dans le long terme avant de gagner des titres.»

«Un certain renouvellement est en train de s’opérer»

Toujours dans sa volonté d’expansion, le Racing Metro 92 va se doter d’un stade flambant neuf d’ici fin 2016. 32.000 places près du quartier de la Défense, à Paris, entièrement gérées par le club. «Le nouveau stade nous permettra d’être viables économiquement. Disons que nous arrivons à une certaine maturité économique», explique le président du RM. Evidemment en bon entrepreneur qu’il est, Jacky Lorenzetti a pensé à tout. Le stade servira également d’enceinte polyvalente capable d’accueillir spectacles et concerts pour optimiser toujours plus les rentrées d’argent.

Pourtant, pas question d’affirmer que le club des Hauts-de-Seine est en train de changer: «On a gardé les mêmes couleurs, les mêmes maillots par rapport aux années 1990, même si un certain renouvellement est en train de s’opérer. Quand j’ai pris le Racing on avait deux millions de budget, aujourd’hui on a 22 millions», lance l’ancien propriétaire de Foncia. Il semblerait que le «Petit Poucet» soit devenu grand et que «la Coupe de l’univers» n’est peut-être pas si loin.