Entraîneur de foot féminin cherche club de L1 pour nouveau défi

MERCATO Patrice Lair, qui possède le plus grand palmarès du foot féminin français, cherche un défi chez les garçons…

Julien Laloye

— 

Patrice Lair, l'entraîneur de l'OL.
Patrice Lair, l'entraîneur de l'OL. — C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Trois championnats d’affilée, sûrement quatre. Ajoutez-y deux victoires en Ligue des champions en 2012 et 2013. Sur le marché des entraîneurs qui cherchent un club en Ligue 1 l’an prochain, il n’y a pas de meilleur CV. Petit souci, le CV concerné, c’est celui de Patrice Lair, entraîneur de l’OL… féminin. Le meilleur ami de Bruno Bini a pourtant l’honnêteté de penser qu’il pourrait rendre quelques services chez les hommes, lui qui a été adjoint pendant deux ans à Reims au début des années 2000. «Si on me propose un challenge intéressant dans le football masculin, pourquoi pas. L’OL m’a permis de me faire un nom et me permettra peut-être de trouver un nouveau club et un nouveau challenge.» En football, et ce n’est pas une exception française, la navette se fait rarement dans ce sens-là.

«Garçons, filles, ce sont les mêmes entraînements»

Rarement dans l’autre aussi, d’ailleurs, même si Philippe Bergeroo a pris les rênes de l’équipe de France féminine. L’ancien coach du PSG ne voit pas le problème. «C’est le même football. Garçons, filles, ce sont les mêmes entraînements. On travaille autant sur les principes de jeu, les animations offensives et défensives.» Comme dans le hand et le basket, où des entraîneurs de renom ont déjà alterné entre les filles et les garçons sans que ça ne choque personne. «On dit que c’est une tare de venir du basket féminin, mais jamais un président de m’a refusé un poste parce que j’étais parti chez les filles», avance Laurent Buffard, revenu entraîné Cholet après dix ans de succès dans le coaching féminin avec Valenciennes ou Ekaterinbourg.

«Ce n’est pas la même dimension physique, bien sûr, ni les mêmes sensibilités, mais c’est le même jeu et un entraîneur est capable de s’adapter partout», poursuit Buffard, qui a pu observer de près l’OL féminin quand il entraînait à Lyon. «Le club a été mis en lumière grâce à Patrice. Evidemment, il y a plus de concurrence dans le foot masculin et il ne suffit pas de trois ou quatre bons éléments pour dominer le championnat, mais il est plus que capable de faire du bon boulot avec les garçons». Un premier tour rapide chez les présidents de L1 laisse penser que la porte est ouverte. «Ca ne me dérangerait pas du tout, assure Jean-Raymond Legrand, le président de Valenciennes. Il n’y pas de différence entre les hommes et les femmes à ce niveau-là. Ca ne me rebuterait pas».

«Plus de concurrence dans le foot masculin»

Même opinion chez Louis Nicollin, qui est allé chercher Patrice Lair en 2005 pour le mettre à la tête de sa section féminine. «Pourquoi ce ne serait pas possible? Le type n’est pas une crêpe. Ses filles jouent même mieux que les garçons, la plupart du temps. S’il se met sur le marché, il aura des propositions. Mais pas de moi. Je l’ai eu, et je ne le reprendrai pas». Allusion plus ou moins voilée au caractère difficile du bonhomme, finalement plus susceptible de le griller en Ligue 1 que son manque d’expérience chez les garçons. «Je pars en bons termes de Lyon, se défend Lair. Je me suis rabiboché avec tout le monde […] Et Rémi Garde comprendra peut-être que je ne suis pas aussi con que ça!»