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Tournoi des VI Nations: Pour Christophe Lamaison, «l’échéance principale est la Coupe du monde, pas ce Tournoi»

Tournoi des VI Nations: Pour Christophe Lamaison, «l’échéance principale est la Coupe du monde, pas ce Tournoi»

RUGBYL’ancien demi d’ouverture évoque les Bleus et le rugby tricolore avant France-Ecosse…
Propos recueillis par Romain Baheux

Propos recueillis par Romain Baheux

Il a été l’ouvreur emblématique du XV de France. Recordman de points inscrits sous le maillot tricolore, Christophe Lamaison a vécu le tournant du professionnalisme dans son sport. Avant le déplacement des Bleus en Ecosse samedi, «Titou» évoque l’équipe de France, le rugby tricolore et la formation.

Comment analysez-vous le Tournoi des Bleus pour l’instant?

On commençait à imaginer la France capable de réaliser le Grand Chelem mais la défaite au pays de Galles est passée par là. On a voulu donner un statut à cette équipe qu’elle était incapable d’assumer. Maintenant, il va falloir relever la tête en Ecosse et tenter de finir sur un match référence contre l’Irlande.

Et viser la victoire?

Sans le Grand Chelem, ce Tournoi doit servir à préparer la Coupe du monde. Un an et demi avant cette compétition, c’est l’échéance la plus importante devant ce Tournoi. Pour les joueurs, le principal est d’être présent dans le groupe pour continuer à augmenter son nombre de sélections et son expérience avant la Coupe du monde.

Contre l’Ecosse, les Bleus n’auront pas de buteur chargé de l’exercice d’ordinaire en club. Est-ce un problème?

C’est plus compliqué quand on n’est pas le buteur de référence dans son club. On a besoin de confiance pour enchaîner les performances et être capable de s’adapter en cas d’échec. Un buteur doit pratiquer en compétition, et pas juste à l’entraînement, avec la pression et le contexte d’un match.

En tant qu’ancien ouvreur, comment jugez-vous l’absence d’un titulaire incontournable à ce poste chez les Bleus?

Dans le cas de l’équipe de France, il faut éviter de se focaliser sur un poste. On pourrait aussi parler des piliers droits mais on aura toujours le même problème tant qu’on préfèrera faire jouer un étranger plutôt qu’un Français à ces postes dans les clubs. La question qu’il faut se poser, c’est comment faire pour avoir dans dix ans un ouvreur avec 80 sélections en équipe de France.

Avec des quotas plus stricts?

Il faut voir plus loin que ça. La Pro D2 doit être valorisée et il faut remettre en avant la formation dans les clubs. Pourquoi on trouve des solutions à l’étranger mais pas chez nous? Maintenant, présenter une recrue sud-africaine aux sponsors, ça permet toujours d’avoir quelques milliers d’euros supplémentaires. Certains clubs mènent déjà une politique de formation intéressante, je pense que c’est une question de mentalité.