Affaire Pistorius: Un procès en questions

JUSTICE L'athlète sud-africain est accusé du meurtre de son amie Reeva Steenkamp...

B.V., J.L et AFP

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Oscar Pistorius, le 19 août 2013 à Pretoria.
Oscar Pistorius, le 19 août 2013 à Pretoria. — TWHENE PHILL/CHINE NOUVEL/SIPA

C’est LE fait divers qui a enflammé l’année 2013. Une icône mondiale de l’athlétisme amputée des deux jambes qui abat sa petite amie, mannequin de son état, dans l’obscurité d’une banlieue cossue de Johannesbourg. Pas de témoins, et deux versions contradictoires. Celle d’Oscar Pistorius, qui prétend avoir confondu sa petite amie avec un voleur. Celle de la police, qui pense à un meurtre prémédité. Le procès de la star sud-africaine, à partir de lundi à Pretoria dans un engouement médiatique inédit, promet une bataille d’experts dantesque

Quelles sont les clés du procès?

L’enjeu du procès est de savoir quelle version de l’histoire est la plus convaincante. Pistorius affirme avoir paniqué et fait feu sans sommation à travers la porte des toilettes de la chambre, croyant à l’intrusion d’un cambrioleur après avoir entendu du bruit. L’accusation, elle, soutient la thèse du meurtre prémédité, peut-être consécutif à une dispute entre Pistorius et son amie. Le procureur s'appuiera sur des rapports scientifiques pour tenter d'invalider la thèse de la défense, notamment la position précise d'où les tirs sont partis, les impacts groupés ou non, le nombre de tirs, etc… «Les conclusions balistiques vont démontrer qu'Oscar était très près de la porte et il sera difficile d'expliquer pourquoi, il n'avait aucun raison de s'approcher comme ça du danger», affirme par exemple David Klatzow, expert scientifique pour la police, avant d’ajouter: «Nous allons assister à un combat entre experts dans ce procès».



Comment Pistorius a organisé sa défense?

«Blade Runner» a dépensé une fortune pour s'entourer justement d'experts. En plus du célébrissime avocat Barry Roux, star du burreau sud-africain, quatre spécialistes constituent l'équipe de choc recrutée par l'accusé en Afrique du Sud: deux pour la balistique, un pour faire parler les traces et empreintes retrouvées sur le lieu du crime, et un pathologiste pour analyser le rapport d'autopsie de la victime. Il a même commandé une reconstitution vidéo virtuelle du drame dans l'espoir de convaincre le juge. De plus, à deux jours de l’ouverture du procès, une vidéo d’une caméra de surveillance a été diffusée sur Sky News. Elle montre Pistorius et Steenkamp flirtant et s’embrassant dans une galerie marchande quelques jours seulement avant le drame et va donc à l’encontre de la thèse d’une dispute.


Comment suivre le procès?

Au nombre des médias désireux de filmer le procès, une chaîne spéciale 24 heures sur 24 sur le procès doit diffuser à partir de dimanche sur le bouquet payant DS-TV, essentiellement reçu en Afrique du Sud par 4,5 millions de téléspectateurs. Trois caméras pourront finalement être placées dans la salle d'audience mais à des endroits «non intrusifs» et avec la possibilité pour le juge, Mme Thokozile Masipa, de les débrancher. Les téléspectateurs pourront ainsi suivre en direct l'exposé du parquet et de la défense au début du procès, les plaidoiries finales, le témoignage des experts appelés à la barre par le parquet, mais pas les témoins cités par la défense ni la déposition de l'accusé lui-même. De France, vous aurez la possibilité de suivre le procès sur Twitter, en suivant par exemple Barry Bateman, reporter chez Eyewitness News et auteur du livre : «Derrière la porte, L’histoire d’Oscar et Reeva».