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Sotchi 2014: Comment Alexis Pinturault s'est repris en main avant le Géant

Sotchi 2014: Comment Alexis Pinturault s'est repris en main avant le Géant

JEUX OLYMPIQUES – Le Français a tenté de tirer les leçons de son échec en super-combiné...
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial à Sotchi,

Il avait laissé les journalistes un brin agacé des comparaisons avec Martin Fourcade après un jour sans en super-combiné, ponctué d’une sortie de route en slalom. Quarante-huit heures plus tard, Alexis Pinturault avait tout oublié. La frustration, la colère, la déception. Toujours meilleure chance de médaille tricolore en alpin, le skieur de Courchevel a travaillé sur lui-même pour retrouver le podium en Géant, son autre discipline forte, mercredi, sur la piste de Rosa Khutor.

Penser moins, jouer plus

«Qu’est-ce qui n’a pas marché avec le recul en combiné? Je n’ai pas assez joué». «Pintu» n’y va pas par quatre chemins pour expliquer sa défaillance. Trop conservateur, pas assez agressif sur les skis, le jeune homme a été un peu rattrapé par l’évènement. On ne l’y reprendra plus. «Je dois prendre plus de risques. L’autre jour, j’ai été moins francs sur mes appuis, je n’ai pas tenté certaines lignes alors qu’elles auraient pu marcher. A moi de corriger ça.» David Chastan, l’entraîneur du groupe technique, est convaincu que le leader des Bleus a retenu la leçon. «En descente, Alexis n’a pas été génial, mais ça restait correct. En slalom, Il était crispé sur dix portes, après il a fait son ski avant d’enfourcher. Il fait une petite erreur sur sa mise en action, il sait maintenant qu’il doit skier plus relâché». C’est à ce prix qu’il pourra rivaliser avec Ligety et Hirscher, les deux autres favoris.

Partager la fraîcheur mentale des derniers arrivés

Si l’enjeu a semblé paralyser l’alpin depuis le début des Jeux, il y a un groupe qui a échappé au marasme ambiant. Les Géantistes s’entraînaient tranquillement dans le Jura quand l’équipe de France collectionnait les gadins en vitesse. C’est avec eux que Pinturault s’est remis dans le bain progressivement. «C’est là que le collectif a son importance, même si on reste dans un objectif individuel, plaide Chastan. Il y a des gars qui arrivent de l’extérieur, ils ont fait de bons entrainements, et ils sont là dans la même optique. Sortir une grosse course en Géant.» Aussi bien Fanara que Missilier peuvent en effet viser le podium, ce qui a le mérite de décharger un peu la pression des épaules de Pinturault. «On a plusieurs pilotes et plusieurs chances. Il n’y a pas qu’Alexis» résume le coach des Bleus.

Ne pas lire ce qu’on dit sur lui

Patrice Morisod, en charge des descendeurs, a fait une confession surprenante au moment d’expliquer l’échec du groupe vitesse à Sotchi. «Les gars sont trop sensibles à ce qui se dit sur eux dans les papiers et sur les réseaux sociaux.» Twitter responsable des mauvaises performances du ski français, l’argument prête à sourire. Mais Alexis Pinturault, attendu comme le sauveur de la maison bleue, l’a pris au sérieux. Après son raté en combiné, il est parti à Sotchi-ville se ressourcer avec sa mère et sa petite amie. «Moi je ne lis rien. Mon téléphone est éteint, j’utilise juste l’ordinateur pour envoyer des mails à mes proches. Les Français sont chauvins, ils montent leurs champions très haut, mais les descendent aussi vite. C’est tout une culture qu’il faudrait changer, mais chez nous c’est comme ça.» PInturault sait ce qu’il lui reste pour être du bon côté de la pente.