Histoire improbables de JO d'hiver (5/5): Moi, Fabrice Becker, dernier champion olympique de ballet artistique

JEUX OLYMPIQUES En 1992, cette discipline oubliée était au programme des Jeux d’hiver. En démonstration…

Romain Scotto

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Capture d'écran de la vidéo de Frabrice Becker, champion olympique de ballet artistique lors des JO d'Albertville en 1992
Capture d'écran de la vidéo de Frabrice Becker, champion olympique de ballet artistique lors des JO d'Albertville en 1992 — capture d'écran/20minutes.fr

Pour bien farter les skis avant de prendre les pistes à Pyeongchang à partir du 10 février, 20 Minutes vous propose toute cette semaine de revenir sur des histoires insolites qui ont marqué les Jeux olympiques d’hiver. On termine notre série avec la réédition d'un article écrit en 2014 sur Fabrice Becker, champion olympique de ballet artistique en 1992...

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Il glisse lentement sur la piste, se propulse dans les airs et tournoie avec grâce sur un tango argentin. Dans l’absolu, Fabrice Becker aurait pu être danseur, patineur ou gymnaste. Mais c’est en ski artistique que ce Plagnard d’adoption s’est fait un nom, en février 1992. Cette année-là, il est devenu champion olympique d’une discipline en démonstration aux Jeux, tombée depuis dans l’oubli. Vingt-deux ans plus tard, l’ancien spécialiste du «ballet», selon la dénomination exacte de ce sport, revient avec plaisir sur son épopée aux Jeux.

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«Je me souviens du jour où Samaranch avait officialisé l’annonce des Jeux à Albertville. Je m’étais dit: j’y serais. C’était à la maison», confie ce touche à tout, aussi à l’aise en ski de bosses qu’en saut acrobatique.

«On était le mouton noir du ski»

Anticonformiste assumé, Fabrice Becker a finalement fait parler sa fibre artistique pour décrocher l’or olympique. «On était le mouton noir du ski. Des marginaux. Un ovni dans un univers sportif classique. A la fédé de ski, ça ne laissait pas indifférent. Les gens qui s’aventuraient là-dedans voulaient sortir du lot», confie ce Candeloro sur spatules, spécialiste du salto avec planter de bâtons.

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A sa manière, il incarne la contre-culture du ski alpin des années 80, au même titre que les free-styler du snowboard. Le ballet était d’ailleurs considéré comme une discipline acrobatique puisqu’il était attaché à un circuit Coupe du monde regroupant le ski de bosses et le saut. Fabrice Becker y a d’ailleurs gagné deux gros globes de cristal, avant de délaisser définitivement le ballet au milieu des années 1990. Le CIO n’ayant rien fait pour maintenir la discipline aux Jeux.

l’ancien skieur a coaché les juniors français

«Je crois qu’il ne voulait pas d’un patinage bis, avec sa subjectivité, ses travers», regrette Becker. Autre problème, l’absence totale de marques dans ce secteur. «On ne vendait pas des skis de ballet au grand public. Il n’y a pas de support économique.» Sans parler de la technicité de la discipline, particulièrement rebutante pour un néophytes. «Elle est très exigeante car elle cumule des aptitudes antagonistes. Il faut être acrobate, bon en ski, avoir un côté artistique.»

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Après sa carrière, l’ancien skieur a coaché les juniors français (en saut), avant de partir en tournée aux Etats-Unis pour des spectacles. C’est à ce moment là que le Cirque du soleil l’a contacté. A 43 ans, il travaille à Montréal en tant que directeur des contenus pour les nouvelles créations. Une façon comme une autre de faire fructifier son titre olympique.

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