JO 2018: Qui est Kim Yo-jong, petite sœur de Kim Jong-un et femme la plus puissante de Corée du Nord?

PORTRAIT La petite sœur du dirigeant nord-coréen a connu une ascension politique fulgurante…

L.C. avec AFP

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Kim Yo Jong, petite sœur de Kim Jong Un, à Pyeongchang  le 9 février 2017 pour les JO d'hiver.
Kim Yo Jong, petite sœur de Kim Jong Un, à Pyeongchang le 9 février 2017 pour les JO d'hiver. — Ahn Young-joon/AP/SIPA
  • Kim Yo-jong est arrivée ce vendredi à Pyeongchang pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver.
  • Sa venue est historique : c’est la première fois qu’un membre de la dynastie nord-coréenne foule le sol sud-coréen depuis la fin du conflit.
  • La petite sœur de Kim Jong-un est très puissante au sein du parti unique du pays.

Une femme au visage juvénile, arborant un sourire discret, est le clou de l’ouverture des jeux olympiques d’hiver à Pyeongchang ce vendredi. Fraîchement débarquée d’un jet privé blanc, Kim Yo-jong est la petite sœur du dirigeant nord-coréen et la femme la plus puissante du pays. Sa visite est historique : c’est la première fois qu’un membre de la dynastie régnante nord-coréenne foule le sol du voisin et rival sud-coréen depuis la fin de la guerre de Corée.

Elle a étudié en Suisse

Comme ses grands frères, la princesse a été envoyée en Suisse, à Berne, faire sa scolarité (sous pseudonyme, comme ses frères : elle y était connue sous le nom de Pak Mi Hyang). Elle aurait suivi des cours de danse classique.

Elle serait revenue dans son pays en 2000 ou 2001 et on ignore où elle a fait ses études supérieures.

Kim Yo Jong entourée de gardes du corps, le 9 février 2018 à Pyeongchang.
Kim Yo Jong entourée de gardes du corps, le 9 février 2018 à Pyeongchang. - Lee Jin-man/AP/SIPA

Elle a 29 ou 31 ans

Kim Yo-jong est la benjamine de Kim Jong Il et la seule fille qu’il a eue avec son épouse, l’ancienne danseuse Ko Yong Hui. Selon les autorités américaines, la princesse est née à Pyongyang le 26 septembre 1989. Mais les renseignements sud-coréens estiment son année de naissance à 1987. Son âge est donc compris entre 29 et 31 ans, tandis que son frère cadet, Kim Jong-un a 34 ans.

Comme pour la plupart des personnalités politiques du régime, on sait peu de chose de la vie privée de Kim Yo-jong. Selon des journaux sud-coréens et japonais, elle serait mariée à un officiel du régime avec qui elle aurait eu un fils.

Elle a une carrière politique précoce

Elle aurait montré un intérêt pour la politique dès l’adolescence. Son ascension a été rapide : elle est entrée à l’Assemblée populaire suprême, le « Parlement » du Nord, à 27 ans seulement. Une exception dans une société patriarcale où les femmes sont extrêmement rares dans la hiérarchie politique.

Kim Yo-jong a fait sa première apparition officielle dans les médias nord-coréens en 2009, en accompagnant son père, Kim Jong Il, en visite dans une université agronomique. Elle a été une figure récurrente de l’entourage de ce dernier jusqu’à sa mort en décembre 2011. Sur les photos des obsèques, elle était en bonne place, au côté de son frère.

Elle est la femme forte du régime nord-coréen

Lorsque son frère Kim Jong-un a pris les rênes du pays, la carrière publique de Kim Yo-jong a décollé : en 2014, elle est a été nommée « directrice adjointe de département » au sein du comité central du département de la propagande du parti unique. En octobre 2017, elle a fait une entrée remarquée au puissant politburo (dont elle serait la plus jeune membre), devenant ainsi la plus influente figure féminine d’un régime où le pouvoir est une affaire de famille depuis plus de 70 ans.

Sa présence en Corée du Sud pour les JO de Pyeongchang reflète son influence au sommet du régime nord-coréen. Sur le papier, le chef de la délégation nord-coréenne aux JO de Pyeongchang qui s’ouvrent ce vendredi est Kim Yong-nam, qui est officiellement le chef de l’Etat mais dont le rôle est largement honorifique. « Dans les faits, la véritable cheffe de file est Kim Yo-jong », estime l’analyste Cheong Seong-chang, de l’Institut Sejong.

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Sa présence aux JO est un casse-tête en matière de protocole

Le vice-président américain Mike Pence est lui aussi à Pyeongchang pour l’ouverture des Jeux. Gérer la présence simultanée du numéro 2 des Etats-Unis et de Kim Yo-jong est un « casse-tête » pour les Sud-coréens. Ils seront assis à quelques mètres de distance pendant la cérémonie, alors que le Trésor américain a inscrit Kim Yo-jong sur une liste noire de personnes interdites de voyager, pour sa complicité dans des « violations des droits de l’homme ». Mercredi, Mike Pence a fait une déclaration glaciale à l’égard de Pyongyang, affirmant que la Corée du Nord « est le régime le plus tyrannique et oppressif de la planète ».

Elle est proche de son frère Kim Jong Un

Certains experts s’attendent à ce qu’elle remette un message de son frère au président sud-coréen Moon Jae-in, avec lequel la délégation nord-coréenne déjeunera samedi. « Elle est une des rares personnes à pouvoir parler librement de tout avec le leader Kim », croit savoir Yang Moo-jin, professeur à l’Université des études sur la Corée du Nord à Séoul.

Kim Yo Jong derrière son frère Kim Jong lors d'une visite d'un site militaire en Corée du Nord, sur une photo datée de 2015 fournie par le gouvernement nord-coréen.
Kim Yo Jong derrière son frère Kim Jong lors d'une visite d'un site militaire en Corée du Nord, sur une photo datée de 2015 fournie par le gouvernement nord-coréen. - AP/SIPA

« Elle a probablement une influence bien plus importante que les autres responsables nord-coréens pour ce qui concerne la prise de décision et la coordination politique avec le leader », ajoute-t-il, en précisant qu’elle parle couramment français et anglais.

Son frère est en train de la former aux plus hautes fonctions, selon les analystes, et elle fait ses grands débuts diplomatiques aux jeux Olympiques d’hiver.