Top 14: Quelle est la responsabilité du duo Labit-Travers dans les mauvais résultats du Racing Métro?

Romain Baheux avec J. L.

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Laurent Travers et Laurent Labit lors d'une conférence de presse à Castres le 9 octobre 2012.
Laurent Travers et Laurent Labit lors d'une conférence de presse à Castres le 9 octobre 2012. — REMY GABALDA / AFP

Une volée en Coupe d’Europe contre les Harlequins samedi, une huitième place en Top 14, un jeu très poussif… Malgré un recrutement conséquent cet été, le Racing Métro 92 inquiète. Arrivé à l’intersaison, le tandem d’entraîneurs Laurent Labit-Laurent Travers est loin de ses objectifs pour l’instant. Les deux hommes sont-ils pour autant responsables? Des anciens du club francilien témoignent.

Thomas Lombard (ancien joueur du Racing Métro, consultant Canal+): «Il faut du temps pour générer de la cohésion dans le jeu mais le Racing n’en a pas et c’est bien son problème. Il va falloir être patient. Le staff aussi est dans l’adaptation. Jusqu’à présent, ils faisaient de l’optimisation avec de bons joueurs et des effectifs qui n’étaient pas pléthoriques. Ils étaient des préparateurs pour des machines mais aujourd’hui, ils ont déjà des machines extraordinaires. On peut leur laisser un peu de temps pour adapter leur discours, leurs réglages, leur système de jeu. Ils tâtonnent. Quand on est dans la même boîte depuis dix ans, c’est facile. Dans un nouvel environnement, on essaie et ils en sont là.»

Philippe Benetton (ancien entraîneur du Racing Métro): «Ce sont des garçons bosseurs qui vivent leur métier à fond. Il y a un groupe à reconstruire et un fonctionnement que les joueurs doivent assimiler, ce n’est pas le même que celui mis en place par Gonzalo [Quesada]. Leur philosophie de jeu, c’est de développer un rugby complet. Ils veulent mettre du volume de jeu mais ce n’est pas évident avec tout le monde. Un groupe ne se construit pas en quatre mois, il leur a fallu quatre ans pour devenir champions avec Castres. J’ai confiance en eux, je sais qu’ils vont y parvenir. Maintenant, la saison est mal partie, il faut savoir revoir les objectifs à la baisse et reconstruire pour plus tard. Ils savent pertinemment que ça va être difficile d’accrocher les six premières places en Top 14.»

Franck Mesnel (ancien joueur du Racing Métro): «Je préfère rester assez prudent, car je n’ai pas le nez dans les affaires du Racing, mais ce n’est pas parce que tu as les meilleurs joueurs que tu vas jouer comme Barcelone au football tout de suite. Labit et Travers, ce sont des mecs respectables, je suis sûr qu’ils ont envie de rentrer sur le terrain mettre des coups de tronche à l’adversaire à la place de leurs joueurs. J’ai peur qu’ils finissent comme Elie Baup, ce sont des fusibles faciles pour Lorenzetti, alors que les virer serait une injustice. C’est aux joueurs de se prendre en main. Il faut qu’il y en ait un qui invite les mecs au resto pour qu’ils se disent les choses en face. Un Hernandez, qu’est-ce qu’il attend? A mon époque, sur la fin, je ne sais pas si on était devenus des vieux cons mais personne ne pouvait nous coacher. Le Racing n’en est pas là, ce club vaut mieux que son niveau actuel.»