France-Ukraine: «J'ai de la rage en moi», assure Olivier Giroud

Romain Baheux, à Clairefontaine
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L'attaquant de l'équipe de France Olivier Giroud, le 16 novembre 2013, à Kiev, contre l'Ukraine.
L'attaquant de l'équipe de France Olivier Giroud, le 16 novembre 2013, à Kiev, contre l'Ukraine. — F.FIFE/AFP

Il est sans doute l’un des plus frustrés. Bousculé par les défenseurs ukrainiens vendredi lors du match aller des barrages, Olivier Giroud a eu peu de bons ballons à exploiter et s’est senti isolé à la pointe de l’attaque française. En balance avec Karim Benzema pour débuter mardi soir lors du match retour, l’attaquant d’Arsenal a l’intention d’aller bousculer les Ukrainiens pour arracher la qualification à la Coupe du monde.

Dans quel état d’esprit êtes-vous avant ce match?

On est prêts à mourir sur le terrain pour arriver à se qualifier. C’est un bien grand mot mais on veut montrer au peuple français et à nous-mêmes que nous sommes très fiers. On a envie de le faire, pour rendre fiers les gens qui nous aiment et qui nous supportent.

Avez-vous été surpris par l’engagement des Ukrainiens?

On le savait, on a été prévenus. Je pensais qu’on était bien rentrés dans le match mais au fil du match, ils ont continué et on s’est énervés.

Deux défenseurs ukrainiens seront suspendus mardi dont Kucher, qui vous a marqué vendredi soir. A quoi vous attendez-vous?

Ils vont remplacer un soldat par un autre soldat, ça sera kif-kif. Ils vont faire pareil, nous rentrer dedans. Maintenant, ce numéro 5 m’a pas mal agacé... Il va falloir faire plus que ce qu’on a fait là-bas. J’ai beaucoup de rage en moi pour leur rentrer dedans. Il faut jouer mais il faut rajouter de l’envie, de la détermination pour arriver à nos fins. Je n’imagine toujours pas la France ne pas participer à la Coupe du monde.

Didier Deschamps a-t-il eu raison de réclamer l’union sacrée avant ce match au lieu de vous bousculer davantage?

L’union fait la force. Il a eu raison de le dire, c’est ensemble qu’on va y arriver. La balle est dans notre camp. On a envie de se retrouver tous ensemble, on a une chance énorme de faire quelque chose d’extraordinaire mardi soir. J’en ai presque marre de parler, j’ai envie que le match débute dans une heure.

Comment avez-vous pris les critiques sur votre prestation vendredi?

Je n’ai pas lu les critiques, je ne peux pas répondre à votre question.

Avez-vous une préférence entre Samir Nasri et Mathieu Valbuena pour jouer derrière vous?

J’ai envie de gagner le match, j’ai envie de marquer, de bien faire et d’aider la France à aller à la Coupe du monde. Pas question de dire que j’ai envie de jouer avec untel ou untel. Chacun a ses qualités, après ce n’est pas moi qui fait les choix. Si j’ai la chance de jouer, je m’adapterai à celui qui jouera en soutien derrière moi.

Avez-vous été frustré de recevoir aussi peu de soutien quand vous aviez la balle?

Ça fait partie des choses qui m’ont agacées, oui.

Avez-vous parlé entre vous des enjeux de ce match?

Des personnes importantes, qui croient en l’équipe de France, ont pris la parole pour nous rebooster.

De qui s’agit-il?

Le coach et Noël Le Graët (le président de la Fédération). Ils ont eu des discours complémentaires qui nous ont touchés. Après, on se parle entre nous aussi. Ce n’est jamais toute l’équipe en même temps, c’est en petit groupe. Maintenant, il faut arrêter de parler. On est grands, il est temps d’agir.

Comment se gérer entre la volonté de mettre plus d’engagement et celle de garder ses nerfs?

Il faut trouver le juste milieu pour conserver sa lucidité. Ca ne sera pas facile car il y aura beaucoup de tension, beaucoup de stress.  C’est dur de se contenir face à eux. Ils mettent beaucoup d’agressivité et  un brin de méchanceté. J’espère qu’on pourra jouer notre jeu, répondre avec notre impact physique et ne pas se priver si on peut jouer avec du vice.