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Ukraine-France: «Le petit couvercle de haine peut sauter assez vite»

Ukraine-France: «Le petit couvercle de haine peut sauter assez vite»

FOOTBALL – Face à l’Ukraine, les Bleus jouent sur plusieurs tableaux...
B.V. à Kiev

B.V. à Kiev

Au fond, serait-ce si grave que ça? Une fois la colère évacuée et les responsables lynchés, l’absence de l’équipe de France à la Coupe du monde 2014 ne causerait sans doute pas un tremblement de terre. L’émergence d’une nouvelle génération brillantissime et la proximité d’un Euro organisé à la maison dans un peu plus de deux ans devraient permettre au football français de se relever doucement, comme il l’avait fait après la débâcle de 1993. Au moins sportivement. Car si Didier Deschamps considère la victoire dans ces barrages face à l’Ukraine comme «vitale» aux intérêts du football français, c’est qu’il a saisi que les enjeux dépassaient ceux d’un mois de juin à Copa Cobana.

«On a tous besoin de cette qualification»

Détestée par son propre public depuis l’Afrique du Sud en 2010, l’équipe de France a une occasion unique de passer un coup d’éponge final sur quatre ans d’une sale histoire. De la main de Thierry Henry aux sorties télé de Patrice Evra, en passant par la grève du bus ou les insultes de l’Euro. «Je pense que le petit couvercle de haine peut sauter assez vite et je n’exclus pas qu’avec un bon parcours et une bonne attitude au Mondial, on ait effacé Knysna et qu’on ait de nouveaux une majorité de Français derrière l’équipe de France», enjoint Gaël Sliman, directeur adjoint de l’institut de sondage BVA.

L’un des Bleus les plus populaires, le milieu Blaise Matuidi, a bien résumé le problème: «On a tous besoin de cette qualification, il faut prôner l'union sacrée. J’espère qu’au match retour (mardi), tout le peuple français va nous aider à nous qualifier.» Le risque, c’est de tout reprendre dans la gueule si les vents sont contraires. Cette équipe de France à qui plus rien ne sera pardonné cherche de la stabilité, avec ses supporters comme avec elle-même. Replonger dans le chaos d’une élimination n’aiderait certainement pas. Alors oui, ce serait si grave que ça.