Equipe de France: Didier Deschamps renvoie la presse dans les cordes au sujet d'Evra

FOOTBALL Le sélectionneur de l'équipe de France a tenu un discours moralisateur à la presse au moment de donner sa liste pour les barrages de la Coupe du monde face à l'Ukraine...

Julien Laloye

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Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France, le 21 novembre 2012? dans son bureau parisien.
Didier Deschamps, le sélectionneur de l'équipe de France, le 21 novembre 2012? dans son bureau parisien. — A.GELEBART / 20Minutes

Nous contre le reste du monde. On a beau connaître Didier Deschamps, on ne l’avait pas vu venir. Venu délivrer sa liste de 24 joueurs pour les barrages face à l’Ukraine –la même que la dernière fois, plus Rio Mavuba, soit dit en passant- Didier Deschamps était surtout là pour culpabiliser l’assistance. Qu’est-il reproché à cette dernière au juste? Rien de moins que de saborder le moral des troupes avant la bataille décisive, pour résumer. 

«Libre à vous de déblatérer»

Au nom de l’intérêt supérieur de la nation –«On joue l’avenir du football français dans cette double confrontation» dans la bouche de Deschamps- Philippe Tournon, l’attaché de presse des Bleus, n’a pas attendu deux relances sur le cas Evra pour demander de changer de disque. «C’est bon le sujet est clos, on peut passer à autre chose?». Pas vraiment quand il s’agit d’un rescapé de Knysna, convoqué comme si de rien n’était dix jours après une interview sanglante sur le plateau de téléfoot qui a encore filé un sacré coup de boost à l’image des Bleus. «Libre à vous de rentrer dans des débats et de déblatérer. Evra était sélectionnable et j’ai pris la décision de le prendre dans ma liste. Vous pouvez écrire ce que vous voulez.»

Par exemple, que le latéral gauche de Manchester a été au moins recadré dans une discussion en tête à tête avec Le Graët et Deschamps himself ? «Cela ne vous regarde pas, ça le regarde lui, moi, et mon président.  Il peut y avoir des débats autour, mais en interne notre unique attention doit être focalisée sur l’objectif supérieur.» Comprendre la qualif’ contre l’Ukraine, une perspective qui n’a rien d’évidente pour ceux qui se rappellent de France-Irlande 2009 et des Bleus paralysés par l’enjeu au retour.

«Je compte sur votre soutien total»

Le  sélectionneur ne se fait pas de soucis, il saura tenir un «discours adapté à la situation». C’est à ce moment-là qu’est intervenue la dernière lame, en mode mi-ironique, mi-inquiétant. «Je compte sur votre soutien total. Que vous ne parliez pas de polémiques et que vous mettiez les joueurs dans les meilleures dispositions possibles avant l’Ukraine.» En politique, ça se situerait quelque part entre l’union nationale et la raison d’état. La plupart du temps, ça n’augure rien de bon.