Taxe à 75%: Pourquoi les clubs de Ligue 1 menacent de faire grève

R.S.

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Le Parisien Zlatan Ibrahimovic et le Monégasque Ricardo Carvalho, le 22 septembre 2013, au Parc des Princes.
Le Parisien Zlatan Ibrahimovic et le Monégasque Ricardo Carvalho, le 22 septembre 2013, au Parc des Princes. — LIONEL BONAVENTURE / AFP

Il pourrait ne pas y avoir de soirée foot les 25, 26 et 27 octobre. Contre la mise en place de la taxe à 75%, les clubs envisagent de boycotter la 11e journée de Ligue 1 et la 12e journée de Ligue 2. L'Union des clubs de football professionnel (UCFP) a annoncé la tenue d'une réunion le 24 octobre prochain pour plancher sur les moyens de contrer la mise en place de cette taxation. En attendant, le blocage semble inévitable…

Pourquoi les clubs menacent-ils de faire grève? Mis à part le PSG et Monaco, tous les clubs français sont plus ou moins contraints de se serrer la ceinture depuis quelques années. Selon la LFP, le coût d’une telle réforme avoisinerait les 44 millions d’euros par an à partir de 2014, une somme que les clubs pros ne sont pas prêts à débourser. Non pas par manque de solidarité, mais par manque de moyens, comme le clament les président bordelais ou stéphanois. Déjà privés du DIC, le droit à l’image collective, il y a trois ans, les clubs n’auraient pas les moyens de payer cette nouvelle taxe selon Bernard Caïazzo, interrogé par L’Equipe. «Les clubs qui sont dans le rouge seront très rouges et peuvent mourir. Et ceux qui comme nous à Saint-Etienne, sont à peu près à l’équilibre vont se trouver en difficulté et seront lâchés par les banques.» Un sort qui a déjà touché Sedan ou Le Mans ou Grenoble, trois clubs professionnels en crise qui n’ont pas même pas eu besoin de cette réforme pour mourir.

Qui est vraiment touché? A l’origine, cette loi «symbolique» visait à toucher les salariés, au nom du principe de solidarité. Mais comme le Conseil constitutionnel a retoqué la loi, ce sont désormais les employeurs qui sont censés payer. Donc les clubs, au prorata du nombre de joueurs millionnaires qu’ils comptent dans leur effectif. A ce petit jeu, le PSG est évidemment le premier concerné, mais il ne devrait pas avoir grand mal à s’acquitter d’un surplus de 20 millions d’euros de taxe par an. Derrière, arrivent Marseille, Lyon, Lille, Bordeaux ou Rennes qui pourraient débourser entre 8 et 2 millions d’euros de charges supplémentaires. Cinq clubs seulement passeraient au travers: Sochaux, l’ETG, Reims, Lorient et Nantes. Mais cela ne les désolidarise pas forcément d’un éventuel mouvement de grève. Enfin, le cas le plus aberrant reste Monaco, deuxième puissance financière du championnat, mais exonéré de taxe puisque son siège n’est pas installé sur le sol français. Un autre motif de mécontentement du côté des clubs pros.

Que propose le ministère? «Je serais navrée qu'on en arrive là», a déclaré Valérie Fourneyron, la ministre des Sports, jeudi à propos de la menace de grève. «A l'heure où tous les Français participent à l'effort de redressement de notre pays dans la lutte contre le chômage et pour la compétitivité des entreprises, ils ne comprendraient pas que l'ensemble du football professionnel, qui est vu comme un secteur plus privilégié, ne participe pas à cet effort collectif.» Il y a un mois, le gouvernement avait pourtant pris soin de préciser que la taxation serait plafonnée à 5% du chiffre d'affaires pour les clubs de football. Une mesure destinée à prendre en considération la fragilité de leur modèle économique.